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Non à la guerre entre nous !

José Antonio PAGOLA
Violence
Violence © Pxhere.com - CC0 Domaine public


Dimanche 16 février 2020 – 6e dimanche du temps ordinaire –Mt 5, 17-37

Les Juifs parlaient fièrement de la loi de Moïse. Selon la tradition, Dieu lui-même l’avait donnée à son peuple. C’était le meilleur des cadeaux venant de lui. Dans cette Loi est exprimée la volonté du seul vrai Dieu. Ils peuvent y trouver tout ce dont ils ont besoin pour être fidèles à Dieu.

Pour Jésus aussi, la Loi est importante, mais elle n’occupe plus une place centrale. Il vit et communique une autre expérience : le Royaume de Dieu arrive ; le Père cherche à se frayer un chemin parmi nous pour rendre le monde plus humain. Il ne suffit donc pas d’observer la loi de Moïse. Il est nécessaire aussi de s’ouvrir au Père et de collaborer avec lui pour rendre la vie plus juste et fraternelle.

C’est pourquoi, selon Jésus, il ne suffit pas d’accomplir la Loi, qui ordonne « tu ne tueras point ». Il faut aussi enlever de notre vie l’agressivité, le mépris des autres, les insultes ou la vengeance. Certes, celui qui ne tue pas accomplit la Loi, mais s’il ne se libère pas de la violence, le Dieu qui veut construire avec nous une vie plus humaine, ne règne pas encore dans son cœur.

Selon certains observateurs, un langage est en train de se répandre dans la société d’aujourd’hui, reflétant une augmentation de l’agressivité. Les insultes offensantes proférées uniquement pour humilier, mépriser ou blesser, sont de plus en plus fréquentes. Des paroles nées du rejet, du ressentiment, de la haine ou de la vengeance.

D’autre part, les conversations sont souvent truffées de mots injustes qui expriment des condamnations et sèment la suspicion. Des mots dits sans amour et sans respect qui empoisonnent la coexistence et font du mal. Des mots qui naissent presque toujours de l’irritation, de la mesquinerie ou de la bassesse.

Ce n’est pas un fait qui se produit seulement au niveau social. C’est aussi un grave problème au sein de l’Église. Le Pape François souffre de voir les divisions, les conflits et les confrontations des « chrétiens en guerre contre d’autres chrétiens ». C’est un état de choses tellement contraire à l’Évangile qu’il a ressenti le besoin de nous adresser un appel urgent : « Non à la guerre entre nous ».

Voici ce que dit le Pape : « Cela me fait mal de voir comment dans certaines communautés chrétiennes, et même parmi les personnes consacrées, nous consentons à diverses formes de haine, de calomnie, de diffamation, de vengeance, de jalousie, de désir d’imposer nos propres idées à n’importe quel prix, et même de persécutions qui semblent être une implacable chasse aux sorcières. Qui pourrons-nous évangéliser avec ce genre de comportements ?» Le Pape veut travailler pour une Église dans laquelle « tous pourront admirer comment vous prenez soin les uns des autres, comment vous vous encouragez mutuellement et comment vous vous accompagnez les uns les autres ».


José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna

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