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Sommes-nous croyants ?

José Antonio PAGOLA
Mains en prière
Mains en prière © Pixnio - Domaine public


Dimanche 6 octobre 2019 – 27e dimanche du temps – ; Lc 17, 5-10

Jésus leur avait assené à plusieurs reprises : « Combien votre foi est petite ! » Les disciples ne protestent pas. Ils savent qu’il a raison. Cela fait un bon moment qu’ils sont auprès de lui. Ils le voient totalement consacré au Projet de Dieu : il ne pense qu’à faire le bien ; il ne vit que pour rendre la vie de chacun plus digne et plus humaine. Pourront-ils le suivre jusqu’à la fin ?

D’après Luc, à un certain moment, les disciples demandent à Jésus : « Augmente en nous la foi. » Ils sentent que leur foi est petite et faible. Ils ont besoin d’avoir davantage confiance en Dieu et de croire davantage en Jésus. Ils ne le comprennent pas trop bien, mais ils ne le mettent pas en question. Ils font justement ce qui est le plus important : demander son aide afin qu’il fasse grandir leur foi.

Nous parlons de croyants et de non-croyants, comme si c’était deux groupes bien définis : les uns ont la foi, les autres non. En fait, ce n’est pas comme ça. Presque toujours, dans le cœur humain, on trouve à la fois un croyant et un non-croyant. C’est pourquoi, nous aussi qui nous appelons « chrétiens », nous devons nous demander : sommes-nous vraiment croyants ? Qui est Dieu pour nous ? Est-ce que nous l’aimons ? Est-ce vraiment lui qui dirige notre vie ?

La foi peut s’affaiblir en nous sans que jamais un doute ne nous ait assaillis. Si nous n’en prenons pas soin, elle peut se diluer peu à peu dans notre intérieur pour se réduire simplement à une coutume que nous n’osons pas abandonner au cas où. Distraits par mille choses, nous ne parvenons plus à communiquer avec Dieu. Nous vivons pratiquement sans lui. Que pouvons-nous faire ?

En fait, on n’a pas besoin de grandes choses. Il est inutile de prendre des résolutions extraordinaires, car nous ne les tiendrons certainement pas. La première chose à faire est de prier comme cet étranger qui s’est un jour approché de Jésus et lui a dit : « Je crois, Seigneur, mais viens au secours de mon incrédulité. » Il est bon de redire ces paroles avec un cœur simple. Dieu nous comprend. Il réveillera notre foi.

Il ne faut pas parler à Dieu comme s’il était en dehors de nous. Il est au-dedans de nous. Il est préférable de fermer les yeux et de rester en silence pour sentir et accueillir sa Présence. Il ne faut pas non plus nous occuper à penser à lui, comme s’il était seulement dans notre tête. Il est au plus profond de notre être. Nous devons le chercher dans notre cœur.

L’important est d’insister jusqu’à ce que nous ayons une première expérience, même si elle est pauvre, même si elle ne dure que quelques instants. Si un jour nous percevons que nous ne sommes pas seuls dans la vie, si nous réalisons que nous sommes aimés de Dieu sans le mériter, tout changera. Peu importe que nous ayons vécu sans avoir notre pensée occupée par lui. Croire en Dieu, c’est avant tout faire confiance à l’amour qu’il a pour nous.


José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna

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