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Youcat, ou Le Petit Benoît illustré

NEPOMUS

Exit l’Évangile, et vive Youcat ! Oui, c’est le petit Youth catechism qui sera donné aux jeunes des prochaines JMJ à Madrid, à leur arrivée, vers le 11 août prochain. Dans leur sac à dos, ils trouveront l’abrégé retravaillé en questions et réponses du Catéchisme de l’Eglise catholique de 1992 . Que voulez-vous, la Bible est vieillotte, elle est compliquée, il faut toujours l’expliquer, débusquer les fausses interprétations pour donner des réponses un peu claires. Or, de nos jours, c’est un droit d’avoir une réponse aux questions que l’on se pose, et si la religion ne les donne pas, qui les donnera ? Qui consolera les jeunes de leur désarroi ? Et puis, la Bible, je vais vous dire, elle inquiète. Elle met en scène des gens si douteux qu’on passe un temps fou à expliquer aux jeunes qui ils doivent suivre. A part Jésus et Marie, il n’y a pas grand monde de recommandable… Même Pierre ! C’est tellement plus facile d’en parler avec les grands auteurs plutôt qu’avec l’Évangile. Au moins, on ne passe pas une heure à expliquer le reniement. C’est pour cela que, dans le Youcat, on a mis le Catéchisme au centre, sur deux larges et belles colonnes, avec nos commentaires, et l’Écriture, en bordure, sur les côtés des pages, avec des citations extrêmement brèves et un peu choisies, afin de ne pas alourdir la compréhension. On a fait bonne mesure tout de même : 210 mentions. Suffisant, non ? Et on a égayé la chose avec des citations du pape, Benoît, bien sûr, à tout seigneur tout honneur, il a 63 citations. Ainsi, chaque jeune aura vraiment lu du Benoît dans le texte, et illustré avec des photos. On a mis aussi des citations des papes d’avant, mais, c’est amusant, leur chiffre est juste inversé : 36. Certains voulaient aussi que l’on mentionne les conciles. On n’a pas discuté : 9 citations. Ce qu’il faut, croyez-moi, pour des jeunes, c’est des repères. Du coup, on a préféré rédiger les questions en termes simples. Par exemple « Pourquoi devons-nous accepter la souffrance dans notre vie ? » (§102) ou « Que doit-on faire quand on a reconnu Dieu ? » (§34), ou « Combien d’enfants doit avoir un couple chrétien ? » (§419), ou « Est-ce grave si… » (§347), ou « Quels sont les cinq commandements de l’Eglise ? » (§345). (Allez, pour cette question, je vous donne les réponses car on vient de les mettre au point : aller à la messe, se confesser une fois l’an, recevoir l’eucharistie à Pâques, pas de viande le vendredi saint et le mercredi des cendres, subvenir aux besoins matériels de l’Eglise ! C’est pas mal, non ? Comme quoi nous n’avons rien à envier aux« cinq piliers », tout de même !) Même chose pour l’Église. On a voulu être clair. On a écrit noir sur blanc que les apôtres ont reçu « les pleins pouvoirs : ils dirigent, enseignent et célèbrent » (§92), que l’Église a naturellement une structure hiérarchique puisque le Christ en est le chef (§140). Et que le pape est le « chef » des évêques (§141.) Et surtout, pas de concessions à la mode. Les brebis et les boucs, ce n’est pas pareil. Les femmes, à leur place. On a été sans équivoque : « Considérer (les hommes et les femmes) comme semblables en tout, sans reconnaître leur spécificité à chacun ne correspond pas au plan de Dieu sur la Création » (§401). En fait, ce qui plaît vraiment aux jeunes c’est la performance, l’exploit. Le côté « grand homme ». Il est bon de susciter leur sens de l’effort. Ainsi, on explique très simplement les raisons de l’athéisme : « Beaucoup ne veulent pas reconnaître Dieu parce que cela les obligerait à changer de vie. Celui qui dit qu’il est absurde de se poser la question de Dieu se simplifie la vie un peu trop vite » (§5). Oui, très juste… il ne faut pas se simplifier la vie. Il faut que ça fasse mal de chercher Dieu ! (Et encore plus de le trouver !) Sinon, à quoi bon ? Parler d’exigences, d’obligations (§346) réveille les ardeurs et rappelle à l’ordre. Ah ! bien sûr, tout le monde n’y arrive pas, seuls les meilleurs… Dans son appel, au dos de la couverture, le pape le dit bien « Vous devez être encore plus enracinés dans votre foi que la génération de vos parents. ». Et c’est vrai, le monde refuse Dieu… Dans la crise actuelle, on ne peut compter que sur des purs, des vrais, des gens totalement acquis à la cause de Dieu. De Dieu, pas du monde. Des gens qui acceptent de dire que « Dieu est plus important que la famille » (§374), de prendre leur croix et de chercher leur salut. D’ailleurs, Jésus est bien mort pour le péché du monde, par obéissance à son Père (§98). Vous dites qu’il est mort par souci de la justice, de la fraternité ? Fariboles ! Croyez-moi, le péché, la rédemption, il n’y a que cela de vrai, de solide. Et au moins, ça vous tient au corps, ça ne vous lâche pas en route ! Mais en fait, le vrai problème, je vous le confie, de vous à moi. Le vrai problème : c’est Dieu. S’il est trop bon, à quoi on sert ? Et s’il est trop caché, trop différent, qu’est-ce qu’on mettra dans le Youcat ? Alors, on a fait un très gros effort du côté de Dieu. Pour connaître sa volonté. La sienne, bien sûr, pas la nôtre. Pour savoir ce qu’il ferait dans telle ou telle circonstance, pour échafauder « des plans », « des desseins » afin que les jeunes s’y retrouvent. Et on a trouvé. Il suffit de dire « Dieu veut (par exemple les paragraphes 31, 66, 80, 98, 290, 368) ou « Dieu dirige » (§49), ou « Dieu a besoin » (§486). Une fois que vous avez compris ça, vous n’avez plus aucun problème. Vous dites « Dieu veut ! » Et vous pouvez enfin mener la boutique ! Alors, dépêchez-vous, lisez Youcat. Y a des trucs utiles ! Nepomus Cardinal Schönblick Préfet de la Congrégation SPQR (Sauvons-les Par les Questions/Réponses)

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