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Votre nouveau site

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Anne SOUPA

Voilà, tout chaud, tout frais, votre nouveau site entre en service ce 1er septembre. Sa raison d’être ? Aider davantage les baptisé-e-s à prendre leur responsabilité dans la construction de l’Église de demain. La Conférence entend ainsi marquer clairement son orientation de service.

Votre nouveau site comporte toujours des rubriques d’actualité (Rubrique « La Une » - où vous lisez cet article), qui se veulent un lieu de libre expression. De plus, il offrira dès les prochains jours une revue de presse originale, une « revue d’opinions », en rassemblant des contributions parues sur la Toile, signées d’intellectuels ou de personnes engagées dans des actions concrètes.

Mais votre nouveau site place aussi en son centre les projets et les actions de formation de la Conférence (Rubrique « Activités »): il expose les projets déjà opérationnels, teste les futurs projets, écoute les souhaits qui s’expriment.

Comment célébrer dans le désert spirituel qui menace les régions rurales et les banlieues des grandes villes ? Comment construire une célébration de la Parole, ou prier les Offices des Heures ? Comment apprendre aux laïcs à prendre la parole au sujet de la foi, dans une homélie ou dans toute autre circonstance publique ? Comment faire mémoire de vies toutes données à Dieu ? Comment donner corps aux trois ministères qui sont le socle de la Conférence : bienveillance, écoute, espérance ? N’hésitez pas à faire part de votre témoignage, comme le bandeau supérieur du site (au dessus de cet article : « Un ministère de la Conférence ») vous y invite !

Parallèlement au lancement de projets qui répondent à ces questions, votre nouveau site met en ligne des dossiers de formation et fait le point sur des sujets de fond. Petit à petit il vous offrira une bibliothèque de qualité.

Enfin, votre nouveau site accorde une large part à l’expression de la foi. Il s’ancre fermement dans les évangiles, les donne à lire et à méditer et les commente.

Toutes ces actions, propositions, mises en débat, concourent toutes, d’une manière ou d’une autre, à mettre l’Église « en tenue de sortie », comme le demande le pape François. Elles en sont le premier temps, celui de l’initiative, selon la définition même qu’en donne le pape : « L’Église en sortie est la communauté des disciples missionnaires qui prennent l’initiative, qui s’impliquent, qui accompagnent, qui fructifient et qui fêtent » (La Joie de l’Évangile, §24).

Heureux serons-nous si nous parvenons ensemble, à la Conférence, à mettre en application chaque verbe de ce programme !

Pour dernière info, votre nouveau site gère la parution du Journal du Synode lancé en mars 2014. Il fait aussi l’objet d’une Lettre d’information trimestrielle, à laquelle le site permet de s’abonner.

Merci à vous d’enrichir ce site par vos commentaires, suggestions diverses ; merci à ceux qui le souhaitent de nous envoyer sans hésiter le témoignage de leur expérience.

Anne Soupa

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L’Église acceptera-t-elle enfin écouter ses canaris et ses pinsons ?

Durant longtemps, des canaris et des pinsons ont travaillé dans les mines de charbon. Ces oiseaux étaient utilisés pour donner l'alarme quand les émanations de monoxyde de carbone inodores et sans saveur ayant une densité proche de celle de l’air se faisaient menaçantes.

Ces canaris ou ces pinsons l’institution catholique - et beaucoup de ceux qui causent haut et fort aujourd’hui pour dire leur leur effarement- n’a pas voulu les entendre quand ils battaient des ailes ou se hérissaient, avertissaient des dangers d’un système qui lie pouvoir et ordination, pouvoir, masculin et ordination , décide de ce qui est bien ou mal , déclare bien ce qui est mal .
Voudra-telle les entendre quand ils évoquent les nécessaires changements de la doctrine, la relecture des enseignements ou simplement l’ouverture d’un débat contradictoire sur les questions qu’ils portent depuis trop longtemps déjà. Et qui sans cesse sont renvoyées à plus haut à plus loin , à jamais ?

Ils sont en tout cas , contre toute raison , toujours là , accablés et pourtant mobilisés, indécrottablement liés à un message qu’ils veulent faire connaître à celles et ceux qui partagent les mêmes peines, joies, espoirs, et qui comme eux pensent que la vérité n'est pas à nous, à eux … mais qu’elle est entre nous , qu’il nous faut échanger, débattre pour vivre mieux ensemble. Ils s’obstinent à croire que Dieu ne dit pas que l’homme n'existe que par Lui et pour Lui mais qu’il existe infiniment plus encore à travers Lui, par Lui, à cause de Lui. Ils ont l’audace de dire à une institution qui ne renonce pas à vouloir contrôler les âmes et les corps, confond la fin des normes et un rapport différent aux normes, fait du respect de la loi naturelle un dogme , qu’un autre discours est possible , que le respect de la dignité plus que recours à un ordre préétabli auquel se soumettre peut fonder une éthique de la sexualité.
Ils s’obstinent à croire que Dieu ne dit pas que l’homme n'existe que par Lui et pour Lui mais qu’il existe infiniment plus encore à travers Lui, par Lui, à cause de Lui.

Mais l ’institution catholique qui depuis longtemps veut ses laïcs dociles, obéissants, dépendants, soumis, subordonnés, ignorants et amnésiques veut-elle vraiment les entendre ?
Obéir à l’Église, c’est obéir à Dieu. Plaire à Dieu, l’aimer, c’est plaire à l’Église, aimer l’Église. Les laïcs semblent appelés à se soumettre au bas et haut clergé de la même manière que les organes d’un corps répondent et obéissent aux ordres du cerveau.
Seuls ceux ci ont pouvoir d’autorité de lier et délier. Le bon laïc, le fidèle tel que l’institution le conçoit doit faire confiance à ces quelques uns désignés par leur ordination pour conduire, diriger.
Il doit les aimer d’un amour patient qui n’exige pas, n’interpelle pas, ne questionne pas, ne remets pas en cause, ne conteste pas. Il doit leur pardonner puisque Jésus a pardonnés . Mais, si le trouble lui vient, il n’est pas laissé seul : enrôlé par l’institution, le Saint-Esprit l’aide à continuer à vivre cette obéissance à l’autorité instituée comme Jésus s’est soumis à son Père.
S’il est obéissant, s’il ne cède pas au relativisme des sciences humaines, des modes de pensée , des courants idéologiques , ne se laisse pas emporter à tout vent de la doctrine, aux suggestions de la démocratie , se garde de retenir comme ultime mesure son propre ego et ses désirs , le laïc qui doit se faire pardonner de n’être pas un clerc célibataire ou un religieux chaste, réalisera son humanité, bénéficiera du salut dont l’Église garde les portes.
L’institution a mobilisé les Écritures, la tradition, le droit, le spirituel pour faire des laïcs des « malgré nous » d’un système mortifère et qui conduit aujourd’hui à tous les effondrements : dissimulation, mensonge, abus, volonté d’emprise, crimes sexuels, double vie et double discours.
Elle continue à s’assembler sans les laïcs, en dehors des laïcs, loin des laïcs, choisissant qui elle veut bien convoquer, recevoir, entendre, à qui elle veut donner brevet de catholicité . Elle ne veut pas d’un « ordre » qui lui contesterait ses prérogatives, ne veut pas d’un tiers ordre réunissant les laïcs, d’une chambre des laïcs qui aux côtés de celle des évêques (hommes et femmes) et de celle des prêtres (hommes et femmes) délibérerait, toute décision étant soumise à la majorité obtenue dans chacune des trois chambres. Elle entend visiblement pouvoir continuer à décider sans les laïcs. Elle veut pouvoir organiser sa « reproduction » en dehors des principes d’égalité et de parité qu’elle défend en paroles, loin de toute transparence et de tout procédé qui emprunterait aux formes d’une vie démocratiques et impliquerait les laïcs.
Elle continue malgré les éloignements qui se poursuivent , en dépit de sa réalité Dr JEKYLL et Mr HYDE révélé au grand jour, à vouloir dire le vrai, le bien, le juste , le « moral » ; à qualifier de « prophétiques » des enseignements rejetés, ignorés, à déclarer contre nature le plaisir regardé comme un bien, à dénoncer les revendications liées aux couples de même sexe d’adoption, d’assistance médicale à la procréation , celles des féministes, en terme de genre, et des homosexuelles en matière de mariage et de filiation. Elle juge dangereuse et suicidaire pour l’humanité l’extension des principes démocratiques de liberté et d’égalité aux questions sexuelles. Contraception, pacs, mariage pour tous.. : l’impensable d’hier devenu pensable dans nos sociétés démocratiques, lui est insupportable . Pour elle cet impensable devenu réalité demeure contraire à l’ordre préétabli qu’elle ne renonce pas à vouloir contrôler. Elle poursuit ainsi une mobilisation doctrinale et militante qui réunit un catholicisme qui se croit , se veut assiégé, persécuté , ne parlent pas de l’Évangile mais de l’Église , comme Zemmour parle de la France mais jamais de la république. Cette mobilisation là lui vaut de n’être pas désirée à la table des débats sur le bien commun.
L’institution a écrit et écrit un «  roman » de l’Église qui efface les audaces exprimées, les expressions autres … fait disparaître les lanceurs d’alerte, les théologiens non conformistes , les laïcs qui s’interrogent et questionnent. Ils n’ont pas de place dans son ciel. Ils sont condamnés au silence ,à une disparition forcé, à l’oubli. Ils ne sont pas nommés, jamais cités. L’institution se refuse, il est vrai, à penser historiquement sa doctrine, son enseignement, sa théologie. Elle confond tradition et histoire, ne semble pas vouloir reconnaître qu’il peut y avoir de l’invention dans la tradition. Elle ne cède rien et s’abrite derrière la miséricorde pour éviter de devoir aller à la racine des choses. L’institution use et abuse des ressources de la casuistique pour balayer la grande question de la conscience au profit de la soumission au magistère. Elle infaillibilise son enseignement pour faire taire ou rentrer dans les rangs les récalcitrants et les indignés fussent-ils parfois des évêques.
Elle devient peu à peu une sous-culture, une secte. Elle est aujourd’hui regardée comme peu fréquentable.
Mais tout ceci, des canaris et des pinsons l’avaient craint, redouté, vu venir. L’institution catholique regrette-telle de ne pas les voir entendu , de leur avoir claqué la porte au nez, de les avoir étiqueté comme des gens de peu de foi, des destructeurs d’Église ? Saura-t-elle les « réhabiliter », leur donner une place dans la mémoire de l’Église ? Continuera-t-elle à les ignorer ? Attendra-t-elle pour bouger que ses contradictions, ses incohérences, ses ambiguïtés doctrinales soient irrémédiablement jugés insupportables ? Préfère-t-elle attendre en faisant le dos rond une restauration qui fera bientôt de François « le Gorbatchev » de l’Église ?
Les pourfendeurs de la décadence et de la perversion morale de l’Europe, ceux qui envers et contre tout soutiennent que les enseignements et la doctrine de l’Église sont les enseignements et la doctrine du Christ, auront-ils bientôt les coudées franches pour déclarer schismatiques les canaris et les pinsons, non plus sur leurs réseaux, mais publiquement ? L’institution choisira-t-elle demain de ne vouloir regarder es séismes qui l’ébranlent que comme une épreuve voulue par Dieu dont la sortie est le retour à la vérité, la mobilisation doctrinale et militante contre le relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif et qui ne retient comme ultime mesure que son propre ego et ses désirs , la défense et illustration du patrimoine et d’une identité ? Choisira-t-elle de lâcher du lest et faire quelques concessions de façade au travers de nominations symboliques, de création de commissions, ou de manœuvres dilatoires visant à empêcher les laïcs d’exercer leur droit d’action ? Ses ressources canoniques, la « couleur » de ses interventions avant les « révélations » du rapport Sauvé, incline à le penser. Mais il y a eu le rapport, l’indignation, la protestation des fidèles et enfin l’expression publique de doléances allant à la racine des choses… celles là même que faisaient entendre les canaris et les pinsons.

Patrice Dunois-Canette

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