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Vendredi saint

Michèle JEUNET

Quel sens à la mort du Christ ?

Y a-t-il une nécessité de souffrance pour le salut, une exigence de sacrifice pour que la réconciliation soit possible ?
Si oui, cela  induit  une image de Dieu qui ne consent au pardon qu’au prix de la souffrance !

Une tout autre perspective est possible à trouver du côté de la vulnérabilité de l’amour.
Un amour qui prend le risque du rejet et va jusqu’au bout du don par le pardon sur la croix.

La vie humaine du Christ de la naissance à la résurrection  nous sauve parce qu’elle introduit  au cœur même de notre humanité les arrhes d’une vie nouvelle.
Une vie nouvelle pour aujourd’hui et pour toujours.
Elle nous sauve  en indiquant le chemin des préférences de Dieu. Ces préférences nous sont confiées pour les construire dans l’histoire de ce monde.
Et ce qui a valeur pour toujours c’est l’œuvre de l’amour qui seule peut inscrire quelque chose de définitif dans l’histoire.

Ce salut nous est déjà donné.
Donné sans condition et sans mérite.
Il n’exige même pas de reconnaissance !
De vrais et bons parents ne donnent pas la vie pour en attendre une reconnaissance.
Ils prennent le risque de donner gratuitement sans exigence de retour. S’il vient, ce sera dû à une libre décision.

De même, nous ne devons rien à Dieu.
Mais de ce fait nous pouvons répondre à Dieu par amour et non par obligation d’aimer.
Dieu est infiniment plus qu’un bon parent !

Ce qui exprime le plus magnifiquement le sens de la mort du Christ est en dans l’Evangile de Jean :
« Ayant aimé  les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à l’extrême » (13/1).
Cela dit le « jusqu’au bout » d’un projet d’humanisation qui ne recule pas devant la mort.
Ce salut est un projet à nous offert. Il déjà réalisé par le Christ qui nous en offre les arrhes.
Il nous est confié comme tâche à réaliser dans l’histoire dans l’espérance d’une victoire définitive.

Michèle J

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