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Un homme avait deux fils...

Ariane

« Un homme avait deux fils », le plus jeune prend ses biens et part, l’aîné reste.

La vie de l’expatrié a mal tourné, dégringolée à moins que rien le souvenir d’abondance chez le père a animé le désir du retour, l’échec se paiera en place d’étranger.

Or, débordant de joie de retrouver son fils, le père l’accueille comme un roi.

L’aîné sursaute : son frère prend une valeur inversement proportionnelle à sa réalité désastreuse, valeur excédant largement celle de son vécu de fils sage.

 

Tout ici est question de points de vues.

Le fils parti s’était cru étranger du père pour toujours ; le père avait cru son fils mort pour toujours ; le fils de toujours s’était cru en bon ajustement avec son père. Le fils revenant découvre le don d’amour du père, le fils resté découvre l’unité de ce don d’amour, le père se révèle tel qu’il est. Non tel que ses fils le voyaient et depuis leur image avaient mené leur vie. Le père les avait laissés vivre selon leur désir. La renaissance du fils ‘mort’ a provoqué une renaissance du père, homme des possessions terrestres il est devenu homme de communion par son aimant d’unité.

Histoire à trois en trois mouvements en un.

Mouvement de joie, de don entier, de libération aussi. Libération pour le plus jeune qui avait pris l’initiative d’un ailleurs, mais isolé et incapable de se prendre en main était tombé dans un filet de vide. Libération de l’aîné aussi, resté infantile et malheureux dans sa vie de réponse à tous les commandements sans initiative, pas même en amitié, privée du bon pour lui pourtant à portée de sa main. Soulagés de leur déséquilibre respectif, les deux excès opposés sont aussi frères l’un de l’autre que Marthe et Marie sont sœurs, avec toute la subtilité de Luc à composer des évangiles trop dualistes en apparence pour l’être !

La longue description de la chute du jeune fils rapportée à la courte évocation de la stagnation de l’aîné incite une lecture binaire mauvais fils-bon fils, mais pour mieux nous enseigner son dépassement ! En effet, partant du séparatisme et de l’attachement au quantitatif des deux fils, l’échec magistral du jeune, éprouvé et assumé, s’avère déclencher le mouvement ternaire royalement offert par le père en joie de sa brebis retrouvée et de son don véritable.

Luc nous offre finalement la découverte de cette dynamique renouvelée bien meilleure, ajustée d’amour, libératrice, née du cœur de l’être dans son élan de vie vraie !

Ariane

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