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La Trinité, les hommes et la Loi

Mireille COLLET
Jean Bourdichon [Public domain], via Wikimedia Commons

Dimanche 11 juin 2017 –La Sainte Trinité Ex 34, 4b-6.8-9; 2 Co 13, 11-13 ; Jn 3, 16-18

Moïse reçoit la Loi, la retranscrit et le peuple qui la reçoit depuis lors l’interprète. Les baptisé-e-s aujourd’hui comme hier reçoivent l’Esprit, cet Esprit qui planait qui les eaux au temps de la Genèse.
Dans le récit de ce jour, Dieu, ici le Père, est beau joueur : il donne une deuxième chance à Moïse bien que, découvrant le veau d’or au retour de la réception des tablettes sur le Mont Sinaï, il les ait cassées en un geste de colère. Tablettes dont on ne connaît pas le contenu hormis le fait qu’il faut respecter le shabbat. Une sorte d’« essaye encore » des jeux d’enfants. Moise, donc, part au petit matin ; tous les paysans vous le diront, la belle ouvrage se fait au matin. Et avec le peuple qui lui a été confié, impatient, versatile, il a du boulot ! Cette fois, il a dû préparer lui-même les tablettes de pierre.
La Loi lui sera dictée et non plus inscrite à l’avance… Précédemment, Dieu avait fourni la Loi « en kit », une sorte de règle du jeu toute ficelée. Mais cela n’a pas fonctionné avec ceux qui lui ont été confiés. Comme s’il fallait manifester une vraie volonté, faire une partie du travail pour que Dieu « daigne marcher au milieu de nous ». Ne dit-on pas qu’une des caractéristiques de l’adulte est d’avoir intégré les lois et règlements, les avoir fait siens après discernement ?
Ce travail, à accomplir semble difficile. Il nous en faut, du discernement, voire une sérieuse culture historique et biblique pour comprendre aujourd’hui les commandements que Dieu dicta à Moïse !

Paul, qui a compris l’amour de Dieu, et dont l’être profond a rencontré le Christ Ressuscité, nous donne des clés de discernement : la joie, l’amour, la paix. Le jugement que Dieu porte sur chacun se fait à l’aune de ces critères. Si nous ayons la foi, foi en Dieu Père, foi en Jésus-Christ, foi en l’Esprit que nous invoquons et recevons, l’intériorisation de ces critères nous rend adulte… dans la foi.

Alors la tâche s’éclaircit un peu, semble plus accessible, bien que rien ne soit gagné. Écouter avec bienveillance l’interlocuteur, veiller au bien commun au-delà de notre confort, savoir reconnaître ce qui se fait de bien et en féliciter les auteurs, est un travail de longue haleine. Et d’ailleurs n’oublions pas qu’en physique, le travail, c’est une force (de l’Esprit ?) multipliée par un déplacement (personnel ?).
Nous ne sommes pas meilleurs que les Hébreux, à adorer nos veaux d’or, à vouloir des leaders charismatiques qui nous dispensent de réfléchir par nous-mêmes, à nous situer par rapport à la Loi. L’amour inconditionnel que le Christ nous a révélé, la force que l’Esprit nous envoie, nous permettent d’être des femmes et des hommes debout pour reprendre chaque matin notre collaboration au travail de la création. Pour accepter l’héritage. Parce que Dieu marche « au milieu de nous » et du monde, parce que Jésus est venu, parce que l’Esprit nous en donne les moyens.
Bon dimanche de la Trinité.
 

Mireille Collet

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