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Le travail de la Parole dans la pratique de l’homélie

André Fossion

« L’homélie doit mettre la Parole de Dieu proclamée en étroite relation avec la célébration sacramentelle et avec la vie de la communauté, en sorte que la Parole de Dieu soit réellement soutien et vie de l’Église. »[1]

Prononcer une homélie est une tâche complexe. De quelles compétences un prédicateur doit-il se doter pour traiter de manière ajustée des textes scripturaires dans le cadre de l’homélie ? Je distinguerai ici trois compétences, étroitement liées, que le prédicateur est appelé à mettre en œuvre dans la composition et l’exécution d’une homélie.

La première compétence est celle de pouvoir analyser et interpréter un texte quel qu’il soit. C’est une compétence culturelle qui s’exerce indépendamment de l’appartenance à la foi chrétienne. Les Écritures, de ce point de vue, sont un ensemble de textes susceptibles d’être analysés par différentes méthodes, comme tout autre texte.

La deuxième compétence est théologique. Elle suppose un engagement dans la foi chrétienne. Elle met en œuvre une lecture croyante. L’Écriture est considérée, ici, comme un texte inspiré. Elle est une Écriture Sainte qui dit quelque chose de Dieu. Elle est Parole de Dieu, destinée donc à sanctifier, à faire vivre dans l’Esprit de Dieu. Cette compétence théologique est aussi spirituelle puisque l’homélie, commentant les Écritures, s’efforce de faire en sorte que ces Écritures soient puissance de vie pour ceux et celles qui l’entendent. Cette compétence peut être dite « théologico-spirituelle » puisqu’elle désigne la capacité d’interpréter le texte biblique de manière inspirante pour un public donné, pour son édification dans la foi.

La troisième compétence est une compétence discursive. Elle désigne la capacité du prédicateur de travailler son propre langage et de construire un discours audible, cohérent à destination d’un public déterminé, d’une manière conforme aux lois et aux objectifs du genre homilétique. C’est la parole du prédicateur, lisant et commentant les Écritures, qui est ici mise en travail à des fins d’édification spirituelle de l’assemblée liturgique. On pourrait dire en ce sens que la compétence est « discursivo-spirituelle ».

 

André Fossion s.j.

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[1] Benoit XVI, Exhortation post-synodale Sacramentum Caritatis, n°46

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