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Tentation ou victoire ?

Michèle JEUNET

21 fév 2010 : 1er dimanche de Carême

Méditation sur l'Évangile selon  Luc au chapitre 4 versets 1 à 16

 

Tentation ou victoire ?

Quelle liberté Jésus manifeste-t-il pour ainsi refuser l’aliénation que le diable lui propose !  Car il s’agit bien d’une prison qui est proposé à Jésus dans ce texte dit des » tentations ». Plutôt que ce titre ne faudrait-il pas parler des victoires du Christ ? Victoires remportées tout au long de sa vie, même si elles sont ici rassemblées en un moment unique. Et quelle la source de cette liberté ? Etre sûr d’être « bien-aimé de Dieu ».  De ce fait il n’a rien à prouver, rien à conquérir, car tout est déjà donné, offert. Il ne peut pas avoir cette quête anxieuse, ce besoin de reconnaissance, cette avidité pour ce qu’on n’a pas, qui, pour nous, peut tellement nous rendre prisonnier des choses et des autres. Alors, pour nous, après la lecture d’un récit aussi riche  de salut, il s’agit de croire que cela ne concerne pas seulement  Jésus mais qu’il est venu pour nous partager sa liberté, pour nous ouvrir le passage, pour fendre les eaux et nous ouvrir le chemin à sa suite. Pour cela, boire à la même source : entendre cette parole aussi pour chacun de nous : nous sommes aussi les bien aimé-es de Dieu…

 

Quelle liberté !

«Il est écrit : ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre» (verset 4)

Jésus s’efface devant une parole qui n’est pas la sienne, mais qui vient de la Bible, de ses Ecritures, et qui ouvre à une objectivité qui ne dépend que de Dieu. En même temps, c’est éminemment sa parole, la sienne, lui dont nous osons dire qu’il est parole du Père.

Donner cette parole, c’est sa mission et c’est équivalent de se donner. Jésus a renoncé à faire de ces pierres du pain pour lui-même mais, un jour de sa vie publique, il fera de quelques pains une multitude de pains. Cette objectivité des Ecritures  est aussi pour nous la source de notre liberté, cela ne dépend pas de nous, de nos bonnes ou mauvaises dispositions : la Parole nous fait vivre. Ce qui est de nous, c’est d’y consentir, de nous laisser vivre par elle. Nous recevoir de Dieu, cela seul prouve notre vie.

 

Quelle liberté !

A ce diable dont la stratégie est le donnant-donnant : « Je te donnerai tout ce pouvoir…si tu te prosternes devant moi » (verset 6 et 7),  Jésus répond  par « le déjà donné », de celui qui sait d’expérience que Dieu a déjà tout donné. Puissance qu’il nous donne aussi pour  rendre ce monde plus beau, pour en prendre soin. Il ne s’agit pas de  rejeter  la puissance, mais d’en faire usage comme force neuve pour transformer ce monde, puissance de guérison et de résurrection.

Quelle liberté !

Le piège ici est le refus de la liberté elle-même : se jeter du haut du temple et rester sain et sauf, parce que « porté par des anges » (verset 11),   c’est s’imposer par l’évidence et non par le lent cheminement de la foi. Mais on n’impose pas la foi. Elle est lent travail d’éveil du cœur. Appel pour nous à vivre ce même respect, qui peut nous aider à être libre par rapport à la réussite ou aux échecs. Confiance, attente, patience. Entrer dans une relation qui libère et qui n’aliène pas l’autre et moi-même, vivre ma vie en allant de l’avant, sûr d’une parole qui m’autorise à vivre ma vie, à l’inventer en pleine responsabilité.

Michèle J.

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