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La question de la communion pour les personnes divorcées-remariées encore en débat en 2019.

Nathalie
Affiche

 

En plein cœur de la tempête causée par les innombrables abus de toutes sortes, pédocriminalité, agressions sexuelles sur mineurs, gestes inappropriés sur jeunes hommes, livres, films et émissions, révélations quotidiennes qui sans doute ne sont pas prêtes de se tarir, on aurait pu penser que la question sur laquelle les synodes de la famille se sont le plus écharpés, la question de la communion pour les divorcés-remariés était presque passée à la trappe et ne suscitait plus guère matière à débattre, puisque la lecture, validée par le pape François, que les évêques argentins faisaient de l’exhortation Amoris laetitia (dont on va fêter, le 8 avril prochain, les 3 ans) proposait des chemins de discernement possibles, à mettre en œuvre dans les communautés pour « accompagner, discerner et intégrer » la fragilité et, en particulier, ces couples chrétiens suffisamment pratiquants pour souffrir de la discipline et exprimer une demande sacramentelle.
He bien non ! Heureusement !

Un colloque organisé à Paris le 18 mai prochain par le Centre Saint Jean, va, nous l’espérons, clarifier la   situation en invitant à débattre des personnalités qui connaissent bien ce sujet comme Mgr Jean-Paul Vesco que la CCBF connaît bien, et des mouvements qui accompagnent la pastorale des personnes « séparées,   divorcées, et divorcées-remariées » depuis longtemps.
 
 

Avant même la tenue des deux synodes, Jean-Paul Vesco avait alerté sur cette situation d’exclusion grave. En février 2015 il publiait Tout amour véritable est indissoluble  et au synode d’octobre, il a été pratiquement le seul à « défendre la cause des divorcés engagés dans une nouvelle union ». Après la sortie de l’exhortation, il a salué ce magnifique texte et en a montré la portée en soulignant que le pape François avait fait « œuvre de tradition », ce que certains commençaient déjà à contester. Sans doute pensait-il que la réception de ce texte, toujours longue puisqu’il s’agit bien d’un changement de paradigme, allait se faire doucement en s’inculturant dans les diverses diocèses de France et de Navarre, aussi s’était-il concentré sur des questions d’une autre nature que sont les relations islamo-chrétiennes, puisqu’il est évêque d’Oran.
Si donc Jean-Paul Vesco vient parler encore sur cette question, c’est sans doute pour y mettre un point final, une ultime parole… en espérant qu’on ait effectivement passé le point de non-retour.

À ces côtés, des spécialistes en leur matière :

  • Hélène Bricout, théologienne, mariée, mère de famille, enseignante chercheuse en sacramentaire, dont la thèse porte sur le mariage, collaboratrice dans le Guide de lecture d’Amoris laetitia édité par la CEF (Conférence des évêques de France)  dès 2016, intervenante régulière dans la formation des accompagnateurs de cette pastorale ;
  • le père Cédric Burgun, célèbre canoniste, enseignant à la catho , qui a également beaucoup écrit sur le mariage ;
  • et Isabelle de Gaulmyn , rédactrice en chef au journal La Croix.

Le débat sera animé, sous forme d’une table ronde, par François-Xavier Maigre, rédacteur en chef du journal Le Pèlerin.
Cette première partie sera suivie des prises de paroles de cinq mouvements qui accompagnent particulièrement les couples engagés dans une nouvelle union. Le sous-titre du colloque étant « rupture ou tradition », ce qui peut se traduire par « communion possible ou pas », indique clairement qu’il n’y a pas de réponse unanime sur ce sujet.
Ce qui est logique sinon, pourquoi faire un colloque !

Plusieurs mouvements proposent des modalités diverses de retours aux sacrements, déjà expérimentées dans quelques paroisses, comme Les cheminements Bartimée dans plusieurs paroisses de Lyon. Mais nous savons qu’il existe d’autres expériences qui ne sont pas connues au-delà des limites du diocèse, comme si les bonnes initiatives risquaient de donner de mauvaises idées aux autres ! Cela est clairement une expression du manque de transparence, pouvant aller jusqu’à l’omerta, dont on se plaint cruellement en Église.
Alors je pense que vous serez nombreux le samedi 18 mai pour voir le dernier acte de cette longue histoire.

Nathalie

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