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Prière insistante, Prière pour l'humanité

Solange MÉRY

Dimanche 24 juillet 2016 – 17e dimanche du temps – Gn 18, 20-32 ; Col 2, 12-14 ;Luc 10, 38-42

Les textes de ce dimanche nous parlent d'une prière insistante, une supplication acharnée.

Dans le passage de la Genèse, Dieu vient de promettre à Abraham un fils et une grande descendance, ce qui devrait le réjouir et le combler. Mais sa joie semble voilée par ce dont Dieu lui fait part ensuite : son projet de détruire Sodome et Gomorrhe car, dit-il, il a entendu une « grande clameur » qui montait de ces villes.
Les avis diffèrent sur ce qui s'est passé dans ces villes. Pour en rester au texte, il nous parle d'une « grande clameur » qui monte vers Dieu (d'autres traductions disent « plainte », ou « accusations graves »), une souffrance a priori causée par la « lourde faute » des habitants.
Et Abraham a une discussion avec Dieu pleine d'audace : « Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le coupable ? » et « loin de toi d'agir ainsi ». On imagine son cœur touché dans ce désir, qui habite le cœur de tout-un-chacun, que personne ne soit perdu.
Et Dieu répond à chacune des démarches d'Abraham, il est en conversation avec lui. Nous voyons bien là un Dieu qui est dans la relation. Il implique Abraham dans son projet et Abraham s'implique.

Dans la prière que Jésus conseille aux apôtres nous retrouvons cette volonté de Dieu d'impliquer l'être humain : « Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes nous pardonnons aussi à ceux qui ont des torts envers nous » ; non seulement nous appelons la miséricorde de Dieu sur nous (tous), mais nous devenons participants de cette miséricorde dans notre attitude envers nos frères.
Et Jésus nous demande aussi dans l'évangile d'aujourd’hui cet entêtement qui a animé Abraham dans sa discussion avec Dieu : « Demandez, cherchez, frappez (aux portes). » Il appelle à abandonner tout fatalisme démissionnaire et nous demande d'avancer toujours plus loin.

La mise en regard de ces deux textes nous interroge sur la dimension de notre prière.
Que mettons-nous derrière le « nous » du Notre Père ? Le couple ? La cellule familiale ? La communauté du dimanche ?
Quand nous demandons «  Que ton règne vienne », nous le demandons pour toute la terre. Et en ces temps de mondialisation de la communication, nous avons de quoi élargir notre prière, l'étendre à cette humanité toujours en expansion ; prier pour ceux qui souffrent aujourd'hui, et aussi pour ceux dont la « faute » aujourd'hui engendre des souffrances.
Et comme Dieu nous implique dans son projet, il n'y a pas que notre prière et notre recherche de Dieu qui doivent s'élargir, mais aussi notre pardon à ceux qui, directement ou indirectement, « ont des torts envers nous ».
Vaste tâche, déjà amorcée par Isaïe (54,2) : « Élargis l'espace de ta tente. »

S'agissant du pardon, s'il en est une qui en a fait largement l'expérience, c'est Marie-Madeleine, dont la fête était il y a deux jours. Tout chrétien peut se reconnaitre dans cette femme qui s'est laissé regarder dans ses fragilités par Jésus, qui a accepté d'être transformée par lui, relevée. Son amour pour Jésus a été assez fort pour qu'elle parvienne à le suivre jusqu'à l'horreur de la croix, alors même que presque tous les apôtres s'étaient dispersés. Et c'est à elle en premier que le Christ s'est montré ressuscité, c'est la première qu'il envoie annoncer : « Va dire... », une sorte de première apôtre.
Méditer sur l'exemple de cette femme passionnée et déterminée ne peut que nous être bénéfique.

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