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Pentecôte et pandémie : lettre à l'évêque de Grenoble

Philippe JORRAND
Clocher Saint Laurent - Grenoble
Clocher Saint Laurent - Grenoble


Dans la tourmente tout à la fois sanitaire, économique et sociale que traverse l’humanité, 127 chrétiens du diocèse de Grenoble, clercs et laïcs, ont appelé leur évêque à proclamer une parole et susciter des actes de plus haute tenue que la demande de réouverture des églises au culte. Dans l’attente de Pentecôte, ils demandent que s’ouvrent grandes les portes vers une sortie lucide et active de l’Église dans le monde.

 

Père Guy de Kerimel
Évêque de Grenoble-Vienne
Maison diocésaine
12, place de Lavalette
38000 Grenoble

 

Grenoble, le 11 mai 2020

Pentecôte 2020 :     Portes grandes ouvertes !
                               Que notre Église sorte à la rencontre du monde tourmenté.


Père Évêque,
 

Jamais dans l’histoire de l’humanité un tel tsunami n’a submergé aussi soudainement la planète et soumis peuples et pays à une tourmente tout à la fois sanitaire, économique, commerciale, sociale, sociétale, relationnelle, diplomatique et politique. Dans l’« Après », un espace inconnu nous attend. Comment allons-nous faire pour habiter ce monde bouleversé qui nous est commun ?

Nous avons quitté le monde d’hier, demain ne sera pas le monde que nous avons connu. C’est en des termes nouveaux que cette traversée pose à notre Église la grande question : comment être témoins de Jésus Christ dans un monde sidéré par la pandémie et parcouru de tensions pour longtemps par un effondrement économique ?

Si nous, Église, clercs et laïcs, ne saisissons pas l’urgence de ce temps pour revoir notre rapport personnel à la création, notre manière de penser et nos priorités, revoir nos pratiques, nos missions et notre présence au monde, nous ne ferons alors que sceller l’insignifiance de la Parole pour nos contemporains.

Des évêques de France ont vu dans l’épreuve du confinement un empêchement pour la liturgie paroissiale, l’occasion d’un jeûne eucharistique, une opportunité pour des liturgies domestiques. Nous croyons que l’Esprit Saint, dans la violence de l’événement pour l’humanité, nous lance pour l’« Après » un appel bien plus grand, un appel qui suscite la foi comme expérience qui fait vivre et agir.

« Si l’Église fait l’eucharistie, c’est l’eucharistie qui fait l’Église » : le temps que nous traversons fait sonner l’adage patristique comme un envoi. Ouvrons grandes les portes de l’Église pour sortir avec elle jusqu’aux périphéries. Auprès de l’humanité écrasée, dans ce monde troublé, l’eucharistie nous fera Église, clercs et laïcs, par notre présence, nos solidarités, nos actes et nos modes de vie réinventés. Le pape François proclame que ce bouleversement exige que nous allions et soyons auprès des plus pauvres et des plus isolés.

Pour la fête de Pentecôte 2020, nous, baptisés, laïcs et clercs du diocèse de Grenoble-Vienne :

• Attendons que notre évêque et les évêques de France partagent leur lecture de ce temps avec tous et qu’ils proclament une parole à la hauteur de la tourmente.

• Appelons nos évêques à susciter une déclaration interreligieuse, plutôt que demander à rouvrir les églises au culte quand les musulmans restent privés de célébrer l’Aïd. 

• Souhaitons voir nos évêques associer les laïcs pour chercher ensemble par quels actes et témoignages l’Église suscitera la saveur de l’Évangile au cœur du drame de ce temps.

Plus que jamais, l’Évangile nous fait entendre le cri qui monte dans le monde. Il est l’heure de traverser ensemble cette tourmente en prenant soin de ne laisser personne en route.


Philippe Jorrand

Responsable du groupe CCBF en Isère, à l’initiative de cette lettre

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Les actualités
Olivier MARTIN

"Père" évêque (sic). Père ? Le "cléricalisme" toujours. Est-ce qu'on peu arrêter de se ridiculiser ?

Philippe JORRAND

Oui, j'ai écrit "père", après avoir beaucoup, beaucoup hésité, croyez-le ! Raison de mon hésitation : d'un côté, comme vous dites, passer pour une victime du cléricalisme, mais aussi "N'appelez personne Père", de l'autre côté la ferme intention que cette lettre soit prise au sérieux par son destinataire épiscopal, l'expérience de courriers précédents (pas de mon fait) avec des appellations plus normales m'ayant montré que cette infime partie introductive d'un courrier peut provoquer chez ce lecteur une allergie à tout le reste du texte. Et même, déjà, "Père", ... j'ai des doutes. Monseigneur ça passe beaucoup mieux, mais ça je ne pouvais pas.
Philippe Jorrand

MARTIN

On dit "monsieur le cardinal". Pourquoi ne pas dire "monsieur l'évêque" comme on dit "monsieur l'abbé". Il suffit de prendre le pli.

chrétien libre

Cher Philippe Jorrand

Lorsque nous avons reçu l'archevêque de Paris
dans notre paroisse révolutionnaire,
je lui ai dit "frère évêque"
et quand je cite le pape, je dis "frère pape"
Arrêtons de les cautionner et de les embaumer dans leur titre d'ancien régime
comme" monseigneur" si contraires à l'évangile
Pierre

chrétien libre

oui Olivier
arrêtons de nous ridiculiser
et surtout de nous laisser infantiliser par le pouvoir sacerdotal
Pierre
pcastaner80@gmail.com

Rey Bernard

Je suis en accord avec le sens général qui est donné à votre lettre.
Toutefois, je ne comprends pas que vous associez l'Islam aux modifications souhaitées !
L'islam n'à rien de commun avec les autres religions dites Monothéistes.
Si notre Saint-Père le Pape Francois est dans son rôle de réunir tous les représentants
religieux de la notre monde, c'est pour rechercher la Paix.
Sa préoccupation comme notre préoccupation à tous, est de signifier aux dirigeants de
l'Islam que les églises Chrétiennes prêchent la Paix et l'Amour entre les hommes comme Jésus nous l'a enseigner. Trop nombreuses sont nos églises détruites dans le monde, sans que nos Évêques réagissent. L'islam enseigne à ses croyants que tout ceux qui ne sont pas musulman sont des mécréants. Notre France dénommée " Fille aînée de l'Eglise", se laisse envahir par la religion politico-musulmane avec des mosqués financées par les pays
étrangers et gérées par des Imams s'exprimant en arabe.
J'entends que le Pape Francois souhaite que le diaconat soit ouvert aux femmes, pourquoi pas la prétrise aux femmes et aux hommes mariés.

Michel Collard

Bonjour Monsieur Jorrand,
Je comprends bien votre souci "diplomatique" pour avoir des chances d'être lu.
Mais enfin, il faudra quand même bien que "ça" change un jour.
Les évêques eux-mêmes se font fort de dire que l'Eglise (peuple de Dieu) est un peuple de sœurs et de frères.
Alors, serait-ce si insupportable pour eux d'être nommés du si beau nom de "frère"?
De toute façon, même avec une "accroche" qui cherche à les choquer le moins possible, ils ont vite fait de mettre le contenu à la corbeille (= ce qui ne leur plaît pas).
Allez : courage!
Il faut encore y croire.
Michel Collard

chrétien libre

Michel

oui assez de monseigneur
frère et stop !
Pierre
pcastaner80@gmail.com

claudine et ber...

Merci c'est un texte excellent .......
Il faut inventer une parité
Des homélies en deux temps ( peut-être l'un par mail ) et l'homélie façonnée par ce que disent les baptisés .
Dans une société interactive on ne peut continuer ainsi !
Pourquoi rendre inaudible l'offertoire qui est un des moments forts de la participation des baptisés : "fruits du travail des hommes "......?
Il y a du travail surtout avec la jeune génération de prêtres .....

Evelyne TULLY

Désolée que les commentaires se limitent essentiellement à l'usage du mot "père"!
J'aimerais y ajouter "Merci" aux 127 personnes à l'origine du texte. J'y adhère !
Oui, saisissons l'opportunité d'une époque nouvelle pour le Peuple de Dieu, peuple de frères et soeurs.
J'ai proposé à ma paroisse le petit questionnaire ci-dessous.
Se pourrait-il que la CCBF le propose (quitte à le modifier) à tous ses adhérents et fasse une analyse sociologique et spirituelle des réponses ? Christoph Théobald serait peut-être intéressé d'y participer, ou quel'un.e d'autre que je ne connais pas et que le CCBF pourrait proposer

1* En tant que chrétien(ne), qu’est-ce qui vous a manqué pendant le confinement ? Par quoi l’avez-vous remplacé ? Donnez des exemples.
2* Qu’avez-vous apprécié, découvert ou approfondi au niveau de votre foi, de votre vie de prière et du service des frères pendant ce confinement ? Donnez des exemples.  
3* Quels changements aimeriez-vous apporter à votre vie de baptisé(e), de chrétien(ne), de membre actif de l’Église? Développez.
Plus nous serons nombreux à répondre, plus toute la paroisse pourra découvrir comment le Seigneur nous a accompagnés lors du confinement et comment Il nous appelle à la sortie

Si vous ne faites rien de ma proposition, ce n'est pas grave; C'est vous qui voyez !
Bonne continuation
Evelyne

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