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Pentecôte

Danielle NIZIEUX MAUGER
Par Père Igor (Travail personnel) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Dimanche 9 avril 2017 – Pentecôte – Ac 2, 1-11 ; Jn 7, 37-39

L’extrait des Actes des apôtres raconte l’évènement que Jésus avait annoncé dans l’Évangile du même auteur, Luc : « Je vais envoyer sur vous – les disciples – ce que mon Père a promis ; demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez, d’en haut, revêtus de puissance. » (Lc 24, 49)

En ce jour de Pentecôte, j’ai une confidence à vous faire : plus que pour tout autre évènement fondateur raconté dans les Évangiles, j’aurais aimé être, comme on dit, une petite souris se baladant sous la table, ce jour où sont réunis les apôtres, Marie, et des proches de Jésus.

Ces gens avaient peur ; ils avaient fui Jérusalem après la crucifixion. Au matin de Pâques, les disciples furent circonspects au récit de Marie de Magdala (Mc 16, 11). Même chose pour les pèlerins d’Emmaüs. Tout était incertain. Jusqu’à ce jour de shavouot, jour de pèlerinage au Temple de Jérusalem, pour fêter le don de la Torah à Moïse, où les disciples, juifs, se retrouvent, eux aussi, à Jérusalem.

Alors, nous dit Marc, « il apparut aux onze alors qu’ils étaient à table et leur dit : allez par le monde entier, proclamez l’Évangile à toutes les créatures » (Mc 16, 15). Ceux qui auront cru parleront des langues nouvelles. Et puis il apparut encore et ils étaient « effrayés et remplis de crainte » (Lc 24, 37). Enfin il s’éleva dans le ciel (Lc 24, 51).

La tradition dit que dans la ville, la révolte grondait. Les occupants romains étaient détestés ; et ce Jésus dont on avait attendu qu’il libère la ville, avait tristement échoué… Même si d’aucuns laissaient entendre qu’il était ressuscité, cela ne changeait rien à l’oppression. On n’aimait pas ces gens-là.

Pourtant les voici réunis, enfermés, dans le même lieu où Jésus avait pris le pain, pris le vin, et avait demandé qu’ils refassent cela en mémoire de lui. Ils parlent, ils se redisent l’Histoire, chacun réveillant les souvenirs des autres. Marie qui, à Cana, lui avait donné le courage de lancer sa trajectoire divine, est présente et je ne doute pas qu’elle rassure, qu’elle encourage, qu’elle insiste pour que les trois années passées par son fils  à tenter de convertir le monde portent leur fruit : l’innocent sacrifié a vaincu la mort. Il faut l’annoncer, il faut répandre la bonne nouvelle.

Tout à coup, un violent coup de vent, des langues de feu ? ah ! si j’étais petite souris…

En tout cas, ils ouvrent les portes, et ils sortent. La foule est  partout. Ils parlent les langues de tous. Certes une façon de dire qu’ils sont compris par tous dans ce qu’ils annoncent : le don du salut offert à tous, d’où qu’ils soient. Pierre, le premier des apôtres, fera ensuite le premier discours où il expliquera le message du Seigneur, en le rattachant aux prophéties juives. Jésus est bien le Messie attendu. Ce jour-là, Pierre baptisa 3000 nouveaux disciples.

L’Évangile de Jean nous raconte une scène tout à fait comparable. C’est Jésus lui-même qui, soufflant sur ses disciples, leur donne l’Esprit.

Dans les 2 cas, Jésus envoie ses disciples vers le monde, il leur donne mission de retourner le monde. Car à quoi servirait l’Incarnation de Dieu, créateur de tout l’univers, s’il s’agissait de garder pour soi, entre soi, la Vérité, la nouvelle Vie que Jésus par sa mort a offertes « à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre » ? (Ac 1, 8)

Alors, que dit la petite souris ? qu’a-t-elle vu et entendu ?

Avec ses yeux et ses oreilles, beaucoup de discussions : les téméraires, il faut y aller ! ; les inquiets, est-on capables de convaincre ? ; les peureux, pourvu qu’on ne nous prenne pas nous aussi et nous conduise à la Croix !

Avec son cœur, une certitude : un retournement s’est produit ; les voici tout heureux, ragaillardis et déterminés.

Avec son âme : une plénitude d’amour, un débordement de confiance, la paix et la joie.

Mais je ne suis pas une petite souris : je suis un être libre, debout, retournée par le message de Jésus, réconciliée avec moi-même par le salut apporté par le Christ. Et je marche vers le monde.


Danielle Nizieux Mauger

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