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Pardonner nous fait du bien

José Antonio PAGOLA

Dimanche 13 septembre 2020 – 24e dimanche du temps – Mt 18,21-35 

Les grandes écoles de psychothérapie ont à peine étudié le pouvoir guérisseur du pardon. Jusqu’à tout récemment, les psychologues ne lui donnaient pas de rôle dans le développement d’une personnalité saine. Le pardon était considéré à tort comme une attitude purement religieuse.

D’autre part, le message du christianisme a souvent été réduit à exhorter les gens à pardonner généreusement, en basant ce comportement sur le pardon que Dieu nous accorde, mais sans enseigner davantage quels sont les chemins à suivre pour pardonner avec son cœur. Il n’est donc pas étrange qu’il y ait des gens qui ignorent presque tout du processus du pardon.

Cependant, le pardon est nécessaire pour vivre ensemble sainement : dans la famille, où les frictions de la vie quotidienne peuvent générer de fréquentes tensions et conflits ; dans l’amitié et l’amour, où il faut savoir agir face à d’éventuelles humiliations, déceptions et infidélités ; dans de multiples situations de vie, où nous devons réagir face aux agressions, injustices et abus. Ceux qui ne savent pas pardonner peuvent rester blessés à jamais.

Quelque chose doit être clarifiée dès le début. Beaucoup se croient incapables de pardonner parce qu’ils confondent colère et vengeance. La colère est une saine réaction d’irritation face à l’offense, l’agression ou l’injustice subie : l’individu se rebelle presque instinctivement pour défendre sa vie et sa dignité. Au contraire, la haine, le ressentiment et la vengeance vont au-delà de cette première réaction ; la personne vindicative cherche à blesser, humilier et même détruire celui qui lui a fait du mal.

Pardonner ne signifie pas nécessairement réprimer la colère. Au contraire, réprimer ces premiers sentiments peut être nuisible si la personne accumule en elle une colère qui, par la suite, se retournera vers d’autres personnes innocentes ou vers elle-même. Il est plus sain de reconnaître et d’accepter la colère, peut-être en partageant sa colère et son indignation avec quelqu’un.

Il sera alors plus facile de se calmer et de prendre la décision de ne pas continuer à nourrir des ressentiments ou des fantasmes de vengeance, afin de ne plus nous faire de mal. La foi en un Dieu qui pardonne est donc pour le croyant un stimulant et une force inestimable. Ceux qui vivent de l’amour inconditionnel de Dieu trouvent plus facile de pardonner.

José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna

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