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Pâques. Vivants, toujours ivres de cet amour-là

Paule ZELLITCH
Pâques
Pâques © geralt @ Pixabay - Domaine public

 

Chers ami-e-s, actualité oblige, nous voici discernant entre l’accessoire et le nécessaire. Pour un nombre significatif de familles et de personnes seules, de malades et de prisonniers, ce temps est un véritable calvaire ; qui peut vivre comme si de rien n’était ? L’inquiétude, l’angoisse sont là, actives à envahir notre rapport aux autres, à nous-mêmes, et à bousculer nos représentations de la vie sociale, de la vie ecclésiale, présentes mais aussi à venir.

Nous, chrétiens, partageons le sort commun : en ce sens que nous mettons nos pas dans les pas du Seigneur ; par Lui, nous savons que notre foi et l’amour du frère ne nous épargneront rien ; ils nous délesteront, juste un peu, de nos pesanteurs ; quel cœur ameubli a besoin de bouclier ?

Alors, en ces jours de Pâques, nous allons vivre, là où nous sommes et comme nous sommes, l’abondance du dernier repas, la douleur de la mort, la disparition comme un temps suspendu et la joie de la résurrection. Parce qu’à trop pousser le virtuel et ses dérives narcissiques on ne révèle que le vide et non pas l’absence et le désir, nous célébrerons dans nos maisons avec cette simplicité qui seule laisse affleurer la tendresse. Nos liturgies domestiques, simples et priantes, pétries d’Écriture, de voix hésitantes et de rires d’enfants, sont dans leur puissance de renouvellement le trésor de la tradition que nous construisons, jour après jour, quand nous cessons radotages et postures mimétiques. Nous trouverons comment y associer voisins et amis.

Voici ce que François déclarait en ce dimanche des Rameaux : « Parce que la vie est un don qui se reçoit en se donnant. Et parce que la joie la plus grande est de dire oui à l’amour, sans si et sans mais. Comme Jésus pour nous. » Or, partout et de mille manières, l’amour se célèbre. Ce temps de Pâques est, cette année, plus singulier encore. Si des formes de cléricalisme exacerbé se manifestent, des voies de renouveau affleurent. La sobriété, la quiétude les traversent. Le Seigneur s’y tient, au milieu. Sur ces sentiers vides de douaniers inutiles, il ne cesse de s’offrir et de nous attendre. Une liberté toute fraiche est là, livrée au cœur de la Parole partagée. Soyons toujours ivres de cet amour-là. Sans volonté d’emprise, sensibles, incarnés, signes de vie ici et maintenant, allons, vivants !
 

Pour la Conférence des baptisé-e-s, Paule Zellitch, présidente

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