Vous êtes ici

La paix de Dieu

José Antonio PAGOLA
Colombe de la paix. Catacombes Domitille. © Dnalor_01 Wikimedia commons

Dimanche 7 juillet 2019. 14e dimanche du temps Ordinaire année C​ Lc 10, 1-12.17-20,

Peu de mots ont été aussi manipulés que le mot «paix». Nous parlons tous de «paix», mais la signification de ce terme a profondément changé en s’éloignant de plus en plus de son sens biblique. Son utilisation intéressée a fait de la paix un terme ambigu et problématique. Aujourd’hui, en général, les messages de paix sont très suspects et ne suscitent pas beaucoup de crédibilité.

Quand on parle de paix dans les premières communautés chrétiennes, on ne pense pas d’abord à une vie plus calme et moins problématique, qui se déroulerait dans un certain ordre sur des chemins d’un progrès et d’un bien-être plus grands. Avant cela, et à l’origine de toute paix individuelle ou sociale, il y a la conviction que nous sommes tous acceptés par Dieu malgré nos erreurs et nos contradictions, que nous pouvons tous vivre réconciliés et en amitié avec lui. C’est la chose première et décisive : «Nous sommes en paix avec Dieu» (Romains 5,1).

Cette paix n’est pas seulement l’absence de conflits, mais une vie en plénitude qui naît de la confiance totale en Dieu et qui touche le coeur même de la personne. Cette paix ne dépend pas seulement des circonstances extérieures. C’est une paix qui jaillit du coeur, qui s’empare progressivement de toute la personne et qui, à partir d’elle, s’étend aux autres.

Cette paix est un don de Dieu, mais c’est aussi le résultat d’un travail important qui peut durer toute une vie. Accueillir la paix de Dieu, la garder fidèlement dans son coeur, la préserver au milieu des conflits et la transmettre aux autres exige l’effort passionnant mais difficile d’unifier et d’ancrer sa vie en Dieu.

Cette paix n’est pas une compensation psychologique face à l’absence de paix dans la société; ce n’est pas une évasion pragmatique qui nous éloigne des problèmes et des conflits; ce n’est pas un refuge confortable pour les personnes déçues ou sceptiques face à une paix sociale presque «impossible». Si c’est la vraie paix de Dieu, elle devient le meilleur stimulant pour vivre en travaillant à une coexistence pacifique bâtie par tous et pour le bien de tous.

Jésus demande à ses disciples qu’au moment d’annoncer le Royaume de Dieu, leur premier message soit d’offrir la paix à tous : «Dites d’abord: paix à cette maison». Si la paix est accueillie, elle se répandra dans les villages de Galilée. Sinon, elle leur «reviendra» à nouveau, mais elle ne doit jamais être détruite dans leur coeur, car la paix est un don de Dieu.

José Antonio Pagola Traducteur: Carlos Orduna

Rubrique du site: 
Les actualitésCommentaires des lectures dominicales
Ajouter un commentaire