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On nous a volé le narthex de Vézelay !

Alain & Aline WEIDERT
narthex de Vézelay
narthex de Vézelay © PMRMaeyaert @ Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)


C’est la Pentecôte 2020 ! Mais on nous a volé le narthex de Vézelay ! Alors nous avons mené l’enquête et remonté la filière. Si vous aimez les affaires, le suspens, vous apprendrez le mobile du rapt. Vous découvrirez ensuite les implications du retour du narthex dans le paysage d’un post-confinement de la Parole. Une simple affaire locale au départ qui a vite révélé des ramifications universelles. Voici douze pages d’énigmes. Nous vous souhaitons de suivre au plus près le fil des vingt rebondissements de cette affaire !

Extraits. Là-haut, sur la colline éternelle, après avoir gravi les marches du parvis, après avoir franchi les portes occidentales de la basilique, nous pénétrons dans un espace que nous avions l’habitude de nommer « narthex ». Mais voilà, depuis quelques temps ce mot paraît banni, rayé de nombreux documents. Comme si le mot « narthex » brûlait les lèvres de celui qui oserait le prononcer ou les doigts de celui qui oserait l’écrire. Maintenant il n’est presque plus question que d’« avant-nef ».

Pour nous en tout cas « avant-nef » résonne tristement comme hall d’entrée, vestibule, voire salle des pas-perdus. La fonction de cet espace à Vézelay n’aurait-elle jamais été celle d’un lieu d’accueil, d’attente, de préparation, de formation, de conversion, comme c’était l’usage pour des lieux semblables, dénommés « narthex » dans les basiliques chrétiennes des premiers siècles ?

La raison du choix de « narthex » pour désigner un lieu d’église se perd dans les premiers temps du christianisme, mais il est possible de discerner quelques motivations qui y ont sans doute conduit. De fait la partie avancée des basiliques chrétiennes, des premières églises, fut appelée (prenez votre souffle !) : plante-qui-a-servi-à-confectionner-le-bâton-grâce-auquel-Prométhée-a-volé-aux-dieux-le-feu-sacré,-la-lumière-divine-pour-en-faire-don-aux-Hommes. Ouf ! Demandons-nous si nous n’avions pas affaire, là, à une christianisation de la figure de Prométhée, à une christianisation de la plante qui en était devenu l’attribut emblématique. N’était-ce pas une façon d’exorciser, d’intégrer, de subvertir, de récupérer Prométhée et sa plante libératrice et bienfaitrice pour l’humanité ? En effet, pour les premiers chrétiens, le Christ ne pouvait être que le véritable Prométhée mais un Prométhée renversé.

En regardant l’envers (Prométhée) on comprend l’endroit (le Christ), un « narthex » retourné. Le vrai « narthex », c’est l’Homme Christ porteur de feu, non dans la division parce que l’ayant volé aux dieux (diabole) mais dans la communion puisque ce feu est don de Dieu à l’Homme, par Dieu lui-même, dans le Christ, Homme et Dieu (symbole). Non pas un Christ qui vole le feu sacré à Dieu pour rivaliser avec lui et pour que les Hommes deviennent des dieux contre Dieu mais un Christ qui partage aux Hommes le feu divin pour qu’ils deviennent dieux avec Dieu, pour partager ainsi la nature divine. Un feu qui n’attendait que cela. « C'est un feu que je suis venu apporter sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé ! » (Lc 12, 49)

Nous découvrons que le « narthex » (la plante) est un porte-feu. Grâce au feu qui y brûle, mais ne le consume pas, nous pouvons comprendre de quel ordre est le feu que nous trouverons dans le lieu qui, à Vézelay, porte le nom de narthex. Jean Baptiste nous y attend au pied du tympan. « Moi, je vous baptise dans l'eau en vue de la conversion, dit-il, mais celui qui vient après moi est plus fort que moi : je ne suis pas digne de lui ôter ses sandales ; lui, il vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu. » (Mt 3,11). Dans le feu de Pentecôte !

Ce ne sont là que quelques extraits du début de l’enquête. L’essentiel est loin d’être dit. Pour lire l’ensemble cliquer ici.

Bonne lecture et surtout bon souffle de Pentecôte 2020. À bientôt à Vézelay !


Alain et Aline Weidert

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