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« Ministères d’écoute, de bénédiction et d’espérance » : peur des grands mots ?

Anne CASTERAN

Une réflexion entrainante pour (re)lancer les baptisé-e-s que nous sommes tous dans la réflexion partagée et l'exercice des trois "ministères" rappelés par Anne Soupa le 11 octobre dernier.

Tibériade 2 Ils m’ont trop souvent évoqué, en église, des assertions dogmatiques, des sermons tombés de chaire , où je me suis ennuyée. Aussi, il me fallait m’interroger à propos des « ministères d’écoute, de bénédiction et d’espérance » qui, au premier abord m’ont un peu déconcertée. Certain(e)s d’entre vous ont une solide culture théologique. De tels concepts leur sont familiers. Mon bagage est plus léger. Pour ceux et celles qui sont dans mon cas j’ai eu envie de réfléchir tout haut ; D’abord, « ministère » : Je connais le ministère presbytéral grâce auquel le clergé est investi d’une autorité de pasteur pour guider son troupeau, nous, ses ouailles. . .ses administrés ! Ce qui est nouveau pour moi, c’est cette prise en main des ministères précités : Écoute, Espérance, Bénédiction . Nous ne sommes donc pas des petites filles chaussant les escarpins de Maman, des petits garçons enfilant le veston de Papa. Nous sommes l’ÉGLISE, peuple en marche. Nos flambeaux sont ces trois ministères. Pour qu’ils éclairent le chemin, chacun devrait les méditer au moins quelques instants. Espérance J’ai envie de remercier Xavier qui m’a fait comprendre le ministère d’espérance, en parlant d’« esperar », qui signifie en espagnol : attendre un enfant. Sans attendre la première échographie, ni même qu’il bouge, la femme sait qu’il est là. Chez nous, en France, on conjugue le  verbe « espérer » pour espoir et espérance. L’un n’est pas l’autre. L’espoir est personnel, à court terme ( par exemple, espérer la présence de ses enfants à Noël) L’espérance dilate l’avenir et nous transcende : nous avons l’espérance d’un monde  plus respectueux de la planète, plus juste et fraternel, avec moins de guerres et une meilleure répartition des richesses. Surtout, nous vivons dans l’espérance de la Vie Éternelle. Écoute À première vue, nous sommes dans une société de communication. Dans les médias, à longueur d’émissions, les gens se livrent et s’épanchent. On se doit de parler de tout sans se choquer de rien. Mais en réalité, qui écoute, sinon pour juger, ou se comparer avec soulagement ? Et dans la vie de tous les jours, avec nos proches, nos amis, nos voisins, nos collègues, laissons nous à l’autre le temps de s’expliquer, d’ouvrir le fond de son cœur, pressés que nous sommes de l’abreuver de nos conseils au lieu de l’aider à trouver son propre chemin ? Bénédiction J’ai gardé pour la fin le concept  qui, pensais-je, me donnerait le plus de mal. Je n’étais pas allée plus loin que le bout de mon nez- disons la bénédiction de fin de messe, l’« ite missa est- Que pouvait-être un ministère de bénédiction ? J’ai eu un déclic en pensant à son contraire : les  malédictions. Qui n’a pas entendu, subi, ou peut-être dit des paroles du genre : «  Je te déteste ! je ne te pardonnerai jamais ! je souhaite que tu connaisses à ton tour le mal que tu m’as fait, etc. . .etc . . ». Un monde se détruit entre  l’offenseur et l’offensé. Dès lors, le ministère de bénédiction m’est apparu dans toute la lumière du commandement du Christ : « Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Paroles d’encouragement, d’affection, de pardon , de reconnaissance. Il suffit parfois d’un grand merci sincère  pour illuminer une journée. Je serai heureuse que d’autres personnes complètent ces quelques réflexions qui m’ont juste permis de faire un premier tour de la question. Anne Castéran