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Mes trois voeux pour le prochain Pape

Bernard DELEBECQUE

Quel pape voulons-nous ? Ou plutôt : quel pape souhaitons-nous pour le bien de l’Église, de sa mission, de notre point de vue de fidèle français ? Le souhait fondamental est celui d’un pape qui poursuive – oserais-je écrire : initie réellement ? - la mise en oeuvre de la collégialité telle que Vatican II l’avait décidée, aux différents niveaux de la gouvernance, de l’animation de la communauté chrétienne ; du Vatican aux communautés chrétiennes de base en passant par les diocèses, c’est-à-dire une rupture franche avec la gouvernance centralisée autour du pape par le biais des dicastères, trop autonomes par ailleurs. De cette rupture radicale bien des améliorations peuvent être attendues : notamment une meilleure reconnaissance des réalités nationales ou culturelles, et une adaptation des modalités de la vie de la communauté chrétienne comme des expressions de sa foi ; de surcroît, il en résulterait une plus grande proximité avec les autres Églises chrétiennes. Le second souhait est celui d’un pape qui reconnaisse, au moins « in petto », la lenteur de l’Église à saluer les progrès sociaux de l’humanité accomplis notamment ces deux derniers siècles : abolition de la peine capitale, condamnation de l’esclavage, développement de la démocratie, émancipation des femmes… Un pape qui, en conséquence, loin d’ignorer les progrès en cours, les reconnaisse et les bénisse, tout en appelant les chrétiens à y participer en y exerçant leur discernement. Bref que l’Eglise convertisse son regard officiel et public sur l’humanité, et enrichisse son anthropologie grâce aux progrès des sciences sociales et humaines. Le troisième souhait est celui d’un pape qui, de fait, abolisse cette dualité des « ordres »au sein de la communauté des croyants, d’un côté des clercs, de l’autre les laïcs, et considère également femmes et hommes dans la communauté des croyants. Là encore il faut revenir au souffle de Vatican II. Ainsi cette conversion spirituelle et intellectuelle ouvre la voie à un gouvernement de l’Église plus transparent, plus démocratique, libéré des « opacités » de la Curie, y compris dans le domaine financier : l’argent de l’Église est notre argent public ; il n’est pas sain que son utilisation soit si discrète. Cette décentralisation, cette ouverture plus généreuse à l’évolution du monde, ce respect des hommes dans leurs diversités permettront à l’Église de se libérer de ce qu’elle a de trop occidental comme de ses comportements archaïques ; ils lui permettront aussi de porter plus facilement l’Évangile dans les autres continents, les autres cultures dont elle s’enrichira pour le Bien de tous, y compris le nôtre, celui des Occidentaux. Un pape y suffira-t-il, même avec l’aide de l’Esprit ? Bien des réformes pourraient en tout cas être engagées. Il faut aider le Pape : nous y sommes invités par le droit canon (art.212 § 3). Nombre de fidèles en sont désireux. Bernard Delebecque

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