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Mercredi des Cendres

THÉOPHILE

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Aujourd’hui, mercredi des Cendres, commence le Carême. Ne confondons-pas ! Le mercredi des Cendres n’est pas le jour des incinérations, pas plus qu’une démarche de pénitence n’est une entrée dans un pénitencier. C’est dire la difficulté des mots de la tradition quand ils ne répondent plus à l’usage du temps. Les élèves des classes de bac ne peuvent plus lire Rabelais ni Montaigne sans le secours d’un traducteur. Pour venir jusqu’à nous, prendre chair en nos vies aujourd’hui, la Parole de Dieu doit recourir aussi aux gestes des passeurs : ce sont les rites. Laissons peut-être les plus archaïques retourner à la poussière, mais gardons les trois que Jésus propose à ses disciples : l’aumône, le jeûne et la prière. Cette aumône n’a rien à voir avec la piécette que l’on dépose d’un air plus ou moins détaché dans le gobelet plastifié du mendiant ; c’est ici de l’obligation morale d’un partage avec les plus nécessiteux qu’il s’agit. Le jeûne n’est pas davantage cette privation minimale si nécessaire à l’estime de soi, mais un réel et rigoureux exercice de maîtrise des petites passions ou lâchetés secrètes qualifiées de « péchés mignons », vrai combat. La prière enfin, qui n’exigera pas des récitations prolongées, mais la distance silencieuse propice à une rencontre, l’écoute attentive qui conduit à plus de confiance. Quarante jours de route qui commencent, que l’on appelle « montée vers Pâque ». Au loin et si proche, le portique de la Résurrection s’ouvre pour accueillir le croyant. La foi est un chemin : une traversée de désert souvent, mais qui débouche sur une terre où l’amour est plus fort que la mort.THEOPHILE

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Philippe Baud
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