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Les Conférences de Carême et Vatican II

Xavier

 

Cette année, les Conférences de Carême de Notre Dame de Paris sont sur le thème de "Vatican II, une boussole pour notre temps, plus de quarante ans après, qu'est devenu le Concile ?"
La première conférence eu lieu le 21 février sur "Vatican II, ancien ou moderne ?" par Mgr Eric de Moulins Beaufort, évêque auxiliaire de Paris.

Alors que vous pouvez réécouter l'ensemble de sa conférence, claire et précise, introduite par le cardinal Vingt-Trois, sur KTOTV , je ne peux m'empêcher de vous partager un moment dans les questions  qui furent posées directement à l'issue de la conférence... A chacun-e d'en tirer les conséquences qui conviennent...

Question : « Le cardinal Vingt-Trois a dit en préambule que « le Concile Vatican II avait grandir et développer l’Eglise » Pouvez-vous préciser ce qui a grandi dans l’Eglise si ce n’est la crise des vocations ? »

Réponse de Mgr Eric de Moulins Beaufort : Il y a au moins trois choses qui ont grandi dans l’Eglise.

La première, certainement c’est la compréhension de ce qu’est le Baptême, et de ce que le baptême fait de nous. Ce que le Concile a exprimé avec la formule du sacerdoce commun, en reprenant une formule qui est de saint Pierre l’apôtre lui-même. Donc le Concile a mieux compris que jamais, ou a aidé l’Eglise à mieux comprendre que jamais, que le baptême fait de tous ceux qui le reçoivent un prêtre, un prophète et un roi. Et que le baptisé est donc armé en quelque sorte, équipé, pourvu, pour vivre dans ce monde et pour y déployer son énergie, pour y agir en agissant en vue de l’œuvre de Dieu, pour l’œuvre de Dieu. Donc nous avons grandi en ce que le Concile a mis en lumière la responsabilité de chaque chrétien, de chaque baptisé. Et cette responsabilité qui est magnifiquement décrite dans le chapitre 2 de Lumen Gentium, sur le Peuple de Dieu, elle consiste précisément à servir avec tout ce que j’ai comme énergie, comme faculté, comme capacité, l’œuvre de Dieu. Chacun de nous sur cette Terre est préoccupé de survivre, nous essayons de nous faire un petit espace de bonheur, le moins menacé possible par tout ce qu’il peut y avoir de menaçant dans l’histoire humaine, mais ce que nous comprenons beaucoup mieux, ce que nous pouvons dire beaucoup mieux, c’est que surtout nous sommes équipés pour travailler à l’œuvre de Dieu. Alors ce n’est pas que l’on ne l’ait jamais su, on l’a toujours su, mais on a toujours plus ou moins su le dire. Parce que dans cette dignité du baptisé qui est revêtu du sacerdoce commun, qui est prêtre prophète et roi, et bien vous voyez bien que l’on sort de l’idée que les baptisés seraient comme des brebis bêlantes qui doivent suivre leurs pasteurs parce qu’elles ne sont pas capables de se diriger par elles-mêmes… Les baptisés sont des êtres libres et plus libres que les autres, habités des sept dons du Saint Esprit et capable de les déployer dans ce monde. Le critère que nous agissons vraiment pour l’œuvre de Dieu, c’est que nous grandissons dans l’unité de l’Eglise.

La deuxième chose qui a grandi certainement, c’est la compréhension de ce que sont les évêques, de ce qu’est l’épiscopat, donc de ce qu’est la structure de l’Eglise. L’Enjeu de cette affaire c’est de comprendre comment les évêques succèdent aux Apôtres pour porter justement la mission que le Christ a donnée à son Eglise, ce qui a été rappelé au point de départ : il faut aller vers tous les hommes, vers toute la Création, « enseigner-leur à devenir disciples » dit Jésus […] Il est donc très important de comprendre et on l’a mieux compris que jamais, au Concile, que les évêques en Collège et dans leur unité succèdent au Collège des Apôtres, aux 12 qui avaient à leur tête Pierre, comme le Collège des évêques a le Pape le successeur de Pierre, pour porter, pour encourager, pour stimuler toujours l’Eglise dans cette mission. Ce qui veut dire que nous avons mieux compris aussi grâce au Concile que nous sommes dans ce monde comme des envoyés. Parce que c’est cela que veut dire la mission. On parle toujours de mission ; Ça veut dire une chose très simple : tous tant que nous sommes, nous sommes dans le monde comme des envoyés. Et donc nous avons une tâche à y remplir.

Et puis, peut-être, la troisième chose que le Concile a mieux comprise et par laquelle l’Eglise a grandi, c’est sa compréhension de son rapport avec l’extérieur : avec les autres religions, avec ceux qui n’ont pas de religion, sa compréhension de son rapport avec les Etats, avec les cultures etc. Le Concile a certainement permis de mieux exprimer ces rapports, mieux que jamais on n’avait fait ce qui est normal car l’Eglise profite de l’expérience qu’elle acquiert à travers l’Histoire. S’il y a du temps qui s’écoule entre l’Ascension et le retour du Christ glorieux, ce n’est pas simplement parce que Dieu nous a oubliés sur cette Terre. Ce n’est pas non plus parce que les hommes ont une liberté récalcitrante, ce qui est vrai tout de même. Mais c’est aussi parce qu’à travers l’Histoire nous comprenons des choses. L’Eglise se comprend mieux elle-même. Elle comprend mieux sa mission. Et l’Eglise, qui veut dire chacun de ses membres, est mieux à même de la vivre et de la remplir.

Merci, Mgr de Moulins Beaufort, pour cette belle conférence d'ouverture sur l'héritage du Concile et sur la responsabilité des baptisé-e-s que vous nous avez rappelée à cette occasion !

Xavier

PS : la deuxième conférence porte la Constitution dogmatique Dei Verbum avec Denis Dupont-Fauville et Enzo Bianchi. Vous pouvez aussi l'écouter sur KTOTV

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