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L’Église « sens dessus dessous »

Alain & Aline WEIDERT
Michael Seewald

Revue de presse sur les propos intempestifs de Michael Seewald

Connaissez-vous Michael Seewald, jeune professeur de théologie de grande pointure, talentueux, prometteur ? Il décoiffe les porteurs de barrettes et de mitres bien rivées sur les têtes. Né à Sarrebruck en 1987, il a été nommé à 29 ans professeur titulaire d’une chaire de dogmatique et d’histoire des dogmes à l’université de Münster. Il y succède entre autres à Joseph Ratzinger et à Karl Rahner. Docteur en théologie, il a étudié la théologie catholique, la philosophie, les sciences politiques et a été ordonné prêtre en 2013. Il est francophone par sa mère et a la double nationalité allemande et française. Il a publié chez Herder deux ouvrages aux titres significatifs : Dogma im Wandel. Wie Glaubenslehren sich entwickeln (2018) et Reform. Dieselbe Kirche anders denken (2019). Nous pourrions les traduire comme suit :
L‘évolution du dogme ou comment la doctrine de la foi se développe et Des réformes pour penser la même Église, mais autrement.


Rien, à ma connaissance, n’est encore paru en français sur son travail, sur ses recherches. Je me propose dans cet article de présenter quelques axes de sa pensée par le biais d’une synthèse de différents articles parus dans la presse allemande, essentiellement des interviews. Articles qui reprennent le contenu de ses livres mais sont d’un abord plus facile.

Par son âge, par sa capacité de travail, par sa liberté de parole et la pertinence de ses positionnements (impertinence ?) face à certaines décisions ou frilosités des évêques et du magistère, par son agilité intellectuelle astucieuse, ce jeune homme, qui pourrait être l’un de nos fils, travaille à une foi intelligente, réfléchie. Son souci est de vouloir combattre l’ignorance du passé dans laquelle se trouvent beaucoup de chrétiens. Il n’imagine pas que l’Église puisse se laisser enfermer dans le contexte des décisions des générations précédentes. Celles-ci ne peuvent avoir tout pensé et tout réglé par avance à notre place. Quand on lui dit qu’il serait un soixante-huitard cet anachronisme le fait rire.

Je perçois personnellement Michael Seewald comme un penseur chrétien providentiel. Il peut nous permettre de faire face, par une intelligence réfléchie de la foi, à toutes les marches arrière, à tous les contempteurs de progrès, de croissance et de développement que connaît tristement l’Église catholique aujourd’hui. Il peut nous rejoindre sur nos routes, où souvent nous nous sentons délaissés, ignorés, dédaignés par nos propres pasteurs, au profit d’une autre génération prometteuse en vocations qui se satisfait d’une spiritualité de l’encadrement, de certitudes prêtes à l’emploi et de fuite du monde dans la prière, les rituels et des états de vie traditionnels normés et contraignants.

Je retiens six grandes préoccupations dans les propos de Michael Seewald. Ils pourront peut-être donner l’impression, aux esprits blasés, que sont énoncées là des évidences, cependant leur intérêt est renforcé par leur convergence. Il est en tout cas remarquable que de tels propos émanent d’un très jeune professeur de théologie de 33 ans. À la place où il est et par la fonction qu’il occupe, ce sont des atouts remarquables pour une réforme de l’Église catholique en croissance. Ils sont d’une rare audace, y compris pour les autres Églises qui se réclament du Christ. …

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Alain Weidert, Chalvron près de Vézelay, le 14-1-2020

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MARTIN

Intéressant. L'anti-intellectualisme, ici dénoncé, est devenu une véritable malédiction... Mais la religion chrétienne peut-elle désormais vraiment être en capacité d' y résister ? Le peut-elle notamment au nom de "l'interprétation" nécessaire ? personne ne le sait vraiment. J'en doute fort à lire le fondamentalisme plein de sarcasme qui s'exprime ailleurs, comme le signe d'une profonde impuissance au raisonnement et à l'argumentation. Au reste, il faut aussi se demander quel éditeur serait prêt à publier ces ouvrages en traduction française pour que l'on puisse les lire crayon à la main ? (nous n'avons droit qu'à des travaux de journalistes et de commentateurs ; dans ce désastre intellectuel, l'un d'eux est même devenu "attestataire" bien sur ; jusqu'aux éditions du Cerf qui préfèrent camper sur la ligne éditoriale "identitaire", très à la mode, c'est dire où on en est désormais !). Le gallocentrisme en matière religieuse et théologique est très regrettable et le travail universitaire théologique outre-Rhin (peut-être plus sérieux, mieux approfondi et indépendant qu'ici) en effet beaucoup trop méconnu. En attendant, soyons réalistes : l'hérésie vaut mieux que la sottise.

Alain Weidert

Peut-être que les Editions du Cerf vont vous étonner ! Je n'en dis pas plus !
Alain Weidert

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