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L’Église devrait se pencher sur le pouvoir épiscopal.

Christa Pongratz-Lippitt
Peter Kohlgraf
Peter Kohlgraf @ Olaf Kosinsky Creative Commons (CC BY 3.0)


L’évêque de Mayence, Peter Kohlgraf, reconnaît que la crise des abus sexuels, la face sombre de l’Église, a ébranlé sa foi.

Un des plus jeunes évêques allemands, récemment nommé, a demandé un examen approfondi de la manière dont les chefs de l’Église exercent leur autorité, disant que trop souvent elle ne correspond pas avec le modèle exigé par saint Paul pour les premiers responsables chrétiens.
« Nous avons un besoin urgent d’examiner la question du pouvoir et de la responsabilité épiscopaux », a dit l’évêque de Mayence, dans un article publié le 31 décembre dans le quotidien Kölner Stadt Anzeiger (Le moniteur de Cologne). « Et nous ne devons, en aucun cas, laisser l’importance de cette question être minimisée car elle préoccupait déjà les premières communautés chrétiennes. »
Peter Kohlgraf, âgé de 51 ans, qui a succédé au défunt cardinal Karl Lehmann comme évêque de Mayence en 2017, a dit que le pouvoir est une grande tentation pour les évêques et qu’une bonne illustration en est leur choix entre le respect de la liberté de conscience des personnes et l’affirmation de leur pouvoir suprême d’interprétation.
Il reconnaît également que la question de la violence sexuelle dans l’Église a ébranlé sa foi : « Je n’ai jamais fait l’expérience du côté humain et sombre de l’Église si fortement que dans les 16 derniers mois depuis que je suis évêque. Il y a quelques jours je revenais sur cette pensée du Cardinal Christoph Schönborn : ‘Peut-être sommes-nous trop Église et pas assez Christ.’ Depuis ces mots m’ont beaucoup fait réfléchir. Le Christ et son Église ont rarement été assimilés. J’entends encore les mots d’un sermon entendu dans ma jeunesse : ‘l’Église, c’est le Christ qui continue à vivre’. »

L’Amour du Christ pour l’humanité
Mais, dit-il, si l’Église est identique au Christ, alors elle est intouchable, ses traditions sont immuables et ses ministres, comme ils représentent le Christ lui-même, sont déchargés de toute responsabilité. Et donc d’en conclure, citant saint Paul: « Je pense clairement que nous ne pouvons plus déclarer que l’Église, c’est le Christ aussi simplement. Le Christ ne nous appartient pas. Il n’est pas à notre disposition. Il est venu dans notre monde de sa propre et libre volonté, par amour. Il ne se cramponne pas à son pouvoir mais est devenu esclave, devenant homme parmi les hommes. » Il fait ainsi référence au second chapitre de la lettre aux Philippiens (2, 1-4) qui dit que la communauté chrétienne est appelée à imiter le Christ dans la façon dont ses membres vivent ensemble et se comportent les uns envers les autres.
La communauté peut seulement irradier l’Amour du Christ pour l’humanité si ses membres vivent et se comportent harmonieusement ensemble. La communauté et l’Église doivent travailler pour gagner en crédibilité, et naturellement cela s’applique d’abord et surtout à ceux qui dans l’Église portent une responsabilité.
Peter Kohlgraf explique que saint Paul nous met clairement en garde contre le carriérisme et la vanité, soulignant clairement que nous sommes appelés aux attitudes chrétiennes de base que sont la pitié, la compassion, l’unité, l’empathie et la sensibilité aux besoins de chacun. On ne doit pas toucher aux tabous de l’arrogance, du carriérisme et des divisions, note-t-il.
L’évêque regrette que malheureusement beaucoup de chrétiens, incluant de nombreux évêques, ne soient pas à la hauteur des espoirs de saint Paul. Il admet s’être senti plusieurs fois impuissant et démuni depuis qu’il est évêque. Mais il reste convaincu que le message de l’Évangile veut le salut de l’humanité et il espère que le Christ nous permettra de prendre de nouveaux départs « si nous devenons et demeurons plus comme lui ».


La Croix Internationale
Christa Pongratz-Lippitt, Vienne, Autriche
7 janvier 2019
(article traduit de l’anglais)

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Commentaires
dominique bargi...

Sauf que philippiens 2 1-4 ne dit strictement rien de tout cela

Marie-Françoise

"S'il y a un appel en Christ, un encouragement dans l'amour, une communion dans l'Esprit, un élan d'affection et de compassion, alors comblez ma joie en vivant en plein accord. Ayez un même amour, un même cœur ; recherchez l'unité ; ne faites rien par rivalité, rien par gloriole, mais, avec humilité, considérez les autres comme supérieurs à vous. Que chacun ne regarde pas à soi seulement, mais aussi aux autres…"
(Ph. 2, 1-4, traduction de la TOB).
J'imagine que ça vaut aussi pour les évêques et les cardinaux ?…

dominique bargi...

Oui , Marie Françoise, cela vaut AUSSI pour les évêques et les prêtres mais pas uniquement pour eux, cela nous vise tous sans exception

Marie-Françoise

Bonjour !
Pourquoi, si vous pensez que les évêques et les cardinaux sont des chrétiens comme les autres, les faites vous apparaître en photo sur votre site parés de leur vêtement "clérical" (calotte sur la tête et soutane aux parements violets…) ?…

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