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J’y étais

MARYVONNE
Paris Saint-Germain-l'Auxerrois
Reinhardhauke © Wikimedia Commons [CC BY-SA 3.0 ]


Alors qu’elle méditait sur les textes de la passion, Maryvonne a écrit pour sa petite-fille de 18 ans qui chemine un peu seule sur les chemins de la foi. Elle a pensé, par ces écrits, rendre plus vivante la compréhension de l'évangile. Sa petite-fille a apprécié, vous aussi peut-être.

Le premier jour de la fête des pains sans levain, je vis arriver chez moi, à mon auberge, quelques disciples de Jésus que je connaissais bien déjà un peu. Ils souhaitaient ma plus belle salle pour la Pâques. Je n’imaginais pas combien ce repas allait être si déterminant…
Tout d’abord ce Jésus, dont tout le monde parlait et que tous acclamaient, me demanda un bassin, un tablier, du linge. Puis il se mit à genoux devant chacun, tel un serviteur, afin de laver les pieds de ses disciples ! Quel ne fut pas mon étonnement !
Tous se sont mis ensuite à boire et à manger tout en échangeant des paroles sur les évènements à Jérusalem. Puis Jésus a pris le pain azyme que j’avais moi-même préparé, il l’a rompu comme on le fait chez nous, et il a dit en montrant ce pain : « ceci est mon corps », et il a fait de même avec le vin : « ceci est mon sang, le sang de l’alliance qui sera livré pour vous et pour la multitude » ! J’étais sonné, que voulait-il dire ? 
Après la crucifixion de Jésus, les disciples sont revenus chez moi, affligés, terrorisés comme je l’étais moi-même… Mon auberge est devenue comme leur refuge. Et c’est comme cela qu’un jour, soudainement, Jésus est venu, oui, il est venu au milieu d’eux, et il les a rassurés, et il les a envoyés en mission. Moi, j’avais ce grand bonheur d’assister à cette scène et je ne peux m’empêcher de dire à tous : « Jésus, je l’ai vu à nouveau chez moi et je veux le dire : Il est vivant ! »

  • Nous étions, cette nuit là, au jardin des Oliviers. Moi, Marcus, sous les ordres du Grand Prêtre, je faisais partie de la garde venue arrêter Jésus. Nous avions des torches, des armes. Tout à coup, l’un des fidèles de Jésus, un dénommé Pierre, sortit son épée du fourreau et me coupa l’oreille droite. Jésus me regarda gravement, toucha alors ma blessure et me guérit. C’était incroyable, j’étais sonné. J’étais là pour l’arrêter ! Alors pourquoi a-t-il fait cela pour moi ? Je l’ai suivi toute la nuit, chez le Grand Prêtre, chez Pilate, jusqu’au Golgotha. Oui je l’ai entendu dire, et ce de mes deux oreilles : « j’ai soif ! » et mes collègues lui ont donné du vinaigre ! J’avais mal pour lui ! Comment faire autrement que de suivre ses amis et, quelques semaines plus tard, oui je peux en témoigner, avec eux, je l’ai revu vivant, rayonnant ! Et je crois même qu’il m’a reconnu et qu’il m’a souri !
  • Simon de Cyrène, c’est mon nom. Vous savez, je ne suis qu’un humble paysan. En ce jour précédant la Pâque à Jérusalem, je revenais des champs quand je fus réquisitionné par les gardes de Pilate pour aider un certain Jésus à porter sa croix. Le pauvre homme ! Dans quel état ils l’avaient mis ! Son regard d’une douceur infinie me bouleversa et j’ai mis toutes mes forces à le secourir. On m’a dit qu’il était ressuscité le jour de la Pâque, et que certains de ses proches l’avaient vu. Moi, cela ne m’étonne pas et je veux y croire aussi, tellement son regard a creusé un profond sillon en moi.
  • Nous, les femmes de Jérusalem, bien sûr que nous y étions. Depuis un moment déjà les paroles étonnantes et pleines d’amour du Galiléen, ses miracles, son enseignement avaient séduit un certain nombre d’entre nous. Donc ce vendredi avant la Pâque, alors que notre Jésus montait au Golgotha, nous étions là, effondrées, anéanties. Nous ne pouvions retenir nos larmes devant son beau visage tout ensanglanté, devant son corps meurtri. Tu nous as vues, Jésus, tu t’es arrêté quelques secondes et, posant ton regard dans le nôtre, tu as voulu nous réconforter, nous demandant de ne pas pleurer sur toi mais nous renvoyant à nous-mêmes et à notre monde. Comment ne pas monter avec toi, Jésus, jusqu’au sommet du Golgotha ? Nous étions là, impuissantes mais espérantes aussi. Nous serons là définitivement, car tu es notre Seigneur et tu ne nous as jamais déçues.
  • Je suis Barrabas, vous savez, le bandit que la foule a demandé à Pilate de libérer à la place de Jésus. Oh, comment ont-ils pu faire cela, c’est dingue ! En tout cas, j’ai eu une de ces chances ! Quand je me suis trouvé libre, je suis d’abord aller boire un coup avec mes potes. Même si cela semble bizarre, nous, les mauvais garçons, nous étions tous attendris devant ce mec-là. Même que certains ont dit plus tard : « Touche pas à mon pote » et quelques uns ont rejoint le groupe de ses disciples.
  • Soldat romain, j’étais de service ce vendredi-là au Golgotha, un peu indifférent au drame qui se déroulait, mais impressionné tout de même. Qui donc était cet homme si digne, si grand dans sa souffrance et sa nudité ? Les vêtements de Jésus étaient là, en tas, au pied de la croix et en blaguant, nous nous les sommes partagés. Quant à sa tunique, sans couture et tissée d’une seule pièce, nous décidâmes de ne pas la déchirer mais de la tirer au sort. Et c’est moi qui l’ai eue. Ce vêtement, taché du sang de ce juste, a bouleversé ma vie, a bousculé mes certitudes de soldat romain. Plus tard, je suis devenu un des disciples de ce Jésus et cette relique, sous mon toit, a souvent été source de ralliement pour les amis.
  • Je suis sa mère. Mon fils a été crucifié devant moi comme un malfaiteur. Ne me dites rien, ne me demandez rien, ma douleur est trop forte. Je suis là près de lui, bien impuissante, bien incapable de le protéger, mon Jésus. Mais je crois en lui. Il a rempli la mission que son Père lui a confiée, ça, je le sais. Oh, mon enfant, de toutes les fibres de mon être, je t’attends, et je pressens que je te reverrai très bientôt.
  • Il est 15 heures ce vendredi, le condamné Jésus, dans un grand cri, vient d’expirer sur la croix. Le ciel s’est obscurci. Tout est fini ! Vraiment ? Moi, le centurion de la garde romaine, j’étais là, abasourdi… complètement bouleversé ! Une grande lumière s’est faite en moi et je me suis entendu dire : « Assurément cet homme était le fils de Dieu. » Depuis je l’ai cherché partout sur les routes de Palestine et, à Jérusalem, quelques 50 jours plus tard, j’ai eu le bonheur de le rencontrer avec ses disciples rassemblés. Comment aurais-je pu ne pas devenir un de ses disciples ?
  • Je suis celui qu’on appelle le bon larron, celui qui a été crucifié à la droite de Jésus. Peu après lui, j’ai moi aussi rendu mon dernier souffle. Mais j’étais déjà tout envahi d’une grande paix. Jésus m’avait promis d’être avec lui dans son paradis, vous vous rendez compte ? Rien que cela ! Eh bien, c’est vrai, on m’attendait là-haut et quand Jésus est arrivé suivi d’une multitude d’âmes rachetées, quelle fête mes amis !
  • Moi, je suis l’autre larron, crucifié à la gauche de Jésus. Le mauvais larron, ont-ils dit. C’est vrai qu’en moi, il y avait « la haine » et les paroles de Jésus, je n’ai pas voulu les entendre. « Qu’il aille au diable ! » J’ai même pensé « et moi aussi ». Mon désespoir m’a perdu ! Mais qui sait, ce Jésus est capable d’avoir lu au plus profond de moi mon immense détresse.
  • Je suis Joseph d’Arimathie et j’ai eu l’immense honneur de me voir remettre, à ma demande et avec l’accord de Ponce Pilate, le corps de Jésus après sa crucifixion. Nicodème, un autre disciple, est venu avec moi. Avec quel respect, avec quel amour, nous l’avons parfumé de myrrhe et d’aloès, avec quelle douceur nous l’avons enveloppé d’un linceul et déposé dans ce tombeau tout neuf. Le matin de Pâques, le tombeau était vide ! Il n’était plus là. Quel choc j’ai ressenti ! C’est par Marie de Magdala qui est allée l’annoncer aux disciples que j’ai su qu’il était ressuscité. Oui, je le crois : il est vivant !
  • Bouleversée entre toutes, ce matin de Pâques, moi, Marie de Magdala, j’ai couru au tombeau ! Il faisait encore sombre, mais très vite j’ai vu que la pierre avait été roulée sur le côté et que le tombeau était vide. Je me suis alors précipitée vers Pierre et les disciples pour leur dire qu’on avait enlevé le Seigneur ! Pierre et un jeune disciple ont alors couru pour aller voir et ils ont constaté comme moi que le tombeau était vide. Je restais là pleurant de tout mon cœur. Deux anges ont bien tenté de me réconforter, mais ma tristesse m’aveuglait ? C’est à peine si je prêtais attention au jardinier qui était là. Il me dit : « femme pourquoi pleures-tu ? » Oh cette voix, non ce n’est pas possible ! Il me regarda et me dit : « Marie. » C’était Jésus, mon Jésus, « Rabbouni ! » J’aurais voulu lui baiser les pieds, mais il me dit : « Marie, ne me touche pas, je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Dieu et votre Dieu. » Comment dire mon émotion, mon amour fou. Oh, merci Jésus, tu es vivant !
  • Moi, Maryvonne, je n’y étais pas, il y 2000 ans, mais… Il l’a promis, « je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin des siècles ». Comment ne pas croire, comment ne pas voir notre Jésus vivant en ses multiples disciples. Qu’ils soient blancs, noirs, métis…, qu’ils soient chrétiens, juifs, musulmans, qu’ils soient même athées ou agnostiques, Jésus est venu pour tous et nous pouvons le reconnaître dans le cœur de tous ceux qui soulagent ceux qui ont faim, soif, ceux qui sont nus ou malades, prisonniers, parce que c’est souvent dans nos frères blessés qu’il se donne à aimer. Je le crois, je le vois, je l’espère… Jésus est vivant ! Oui... et il m’aime !


Maryvonne, une disciple du 21e siècle

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Commentaires
Michel Jaumotte

Quel beau texte que j'aurais voulu entendre le Vendredi Saint. Merci . Je le méditerai toute la journée

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