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Introduction à la rubrique ‘Église liquide’

Michel BOUVARD
Assemblée dominicale. © Jacques JOSEPH

La situation actuelle de l’Eglise de France est préoccupante :

  • Entre 1961 et 2012, donc en 50 ans, le pourcentage des français qui vont à la messe tous les dimanches est tombé de 35% à 6% - il est entre 2 et 3% aujourd’hui, et moins de 1% pour les jeunes de moins de 30 ans,

  • Entre 1990 et 2015, le nombre de prêtres diocésains est tombé de 25 200 à 11 900, et il continue de chuter au rythme de 400 à 500 par an.

Nous sommes confrontés à un schisme silencieux. De fait de nombreux catholiques quittent leur paroisse et cessent toute pratique. Les raisons sont multiples : parce qu’ils se sont heurtés à l’institution sur les questions de gouvernance, de la place des femmes, parce qu’ils considèrent que l’institution s’est compromise avec la droite dure du pays et ne respecte pas la liberté de conscience, parce qu’ils estiment que l’institution a perdu sa crédibilité dans sa gestion des questions de pédocriminalité et de bien d’autres abus, parce qu’ils ne supportent plus les célébrations sans saveur, les sermons à l’eau tièdes, le retour des rites, des dentelles et du sacré...

Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils ne croient plus en la pertinence de l’Évangile.

Ensemble ces chrétiens forment ce qu’on appelle l’Eglise liquide, insaisissable, sans lien d’appartenance, sans visibilité. Comment tous ces gens-là peuvent-ils vivre leur foi, faire communauté, partager, célébrer ?

Nous sommes nombreux à penser que c’est la mission de la CCBF de maintenir ces baptisés-là ou ces communautés-là en lien ; c’est une des fonctions essentielles de notre réseau.

Cette rubrique a pour objectif de présenter cette église liquide et donner des pistes sur les façons dont elle pourrait s’organiser. Elle comprend :

  • Trois articles d’Arnaud Join Lambert, professeur de théologie pratique à l’université de Louvain, publiés dans la revue Études sur l’église liquide ; le premier est en accès libre, (cf. cette rubrique), les deux suivants en accès payant via les liens :

  • L’interview d’Arnaud Join Lambert par les dominicains belges, dans laquelle il nous explique l’évolution de l’Eglise autour de ses 3 pôles, 1) le paroissial, 2) le religieux et 3) un nouveau pôle à inventer et à mettre en route qui est sans doute le pôle d’avenir pour l’Eglise, dans un monde où elle sera, ne l’oublions pas, très minoritaire ;

  • La présentation qui a été faite lors des assises du réseau de la CCBF le samedi 5 octobre 2019 par Anne-Sophie Hourdeaux et Chris Delepierre et dans laquelle sont présentées les initiatives prises par des baptisés en église liquide, ce qui permet de prendre conscience que l’espace où les baptisés peuvent exercer leur liberté est sans limite.

En guise de conclusion (provisoire), rappelons nous deux préceptes cités dans cette présentation :

  • « Ne luttez pas pour essayer de changer le modèle qui pose problème. Créez un nouveau modèle et faites-en sorte que l'ancien devienne obsolète » (Buckminster Fuller)

  • « Mieux vaut demander pardon que demander l’autorisation… »

Michel Bouvard

Rubrique du site: 
L'Église liquide
jms

Bonjour,
Je découvre votre site et quelques rubriques, et d'emblée je perçois, lis, et constate des contre-vérités, que vous semblez non seulement distiller, mais aussi revendiquer, s'apparentant davantage à la démarche de luther que la démarche de Saint Pierre.

Quand on lit "ne luttez pas... pour rendre l'ancien obsolète" vous prétendez donc vouloir rendre l'Eglise Catholique actuelle obsolète, rien de moins que luther qui prétendait avoir tué l'Eglise Antique. Seulement en faisant cela, vous apportez une division supplémentaire et vous combattez même l'oeuvre du Christ, non pas en renforçant son Eglise, mais en souhaitant anéantir ce qui a été construit jusque là.

Certes, il y a des éléments qui troublent, discordent, mais l'Eglise demeure Sainte avec ses serviteurs imparfaits. Sainte car fondée par Jésus le Christ de Dieu, mais imparfaite par ses serviteurs et leurs limites.
L'Eglise n'a pas à "s'adapter" aux moeurs actuelles, mais à rester un phare malgré les ressacs des modes, mouvances, toutes instables et passagères.

Que le nombre de prêtres aie diminué vous pose un problème ? Mécaniquement il en pose, mais spirituellement, cette purification est un bien. Et donc un état passager. En rien marteler des oeuvres contraires en promotionnant à demi-mot des courants de pensées de la réforme ne changera les choses au contraire. Vous omettez de dire au passage que l'église protestante où les prêtres se marient, connaissent la même courbe descendante. C'est donc un récurrent faux problème que dont les esprits non avisés se délectent car leur pensée s'arrête sur le matérialisme et une voix de raison, qui pourtant se brise sur l'insubmersible parole de Jésus.

"Liquéfier" l'Eglise : voilà bien un concept qui est contraire à "Pierre, sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise, et les porte de l'hadès ne prévaudront point contre Elle".

Le fait même d'avoir un titre avec une écriture inclusive montre à quel point vous êtes totalement dans le monde et à côté des vrais problèmes que sont le manque de prière, de jeûne et surtout d'obéissance à l'Eglise Catholique, dans le fait même que, désolé pour les femmes, seulement les hommes peuvent être prêtre à l'instar des douze apôtres.

jemecabre

je suis heureux de trouver sur ce site un commentaire que je partage

Visiteur

Sans suprise, je ne partage pas les opinions exprimées par Jms.  Leur publication est une illustration de la conviction  que " le débat enrichit, il laisse libre, il met en lien. Il nous aide à devenir des chrétiens responsables."
Pour ma part, je ne peux m'accomoder de cette "hémorragie silencieuse" de celles et ceux qui  quittent l'Eglise sur la ponte des pieds. C'est une ardente nécessité , peu confortable il est vrai, de rester dans la fidélité au Christ ET de chercher comment transmettre aujourd'hui son message d'une façon audible par nos contemporains. J'apprécie de trouver ici matière à reflexion , appel à la liberté.
CT

jemecabre

qui parle de" s'accommoder de cette hémorragie silencieuse"? Nous en souffrons tous, en particulier ceux qui ont décidé de se battre de l'intérieur plutôt que de faire sécession…
Vous parlez comme si l'origine du départ de son Eglise de nos frères dans le Christ, n'était dû qu'à ceux qui fréquentaient les églises, à leurs pasteurs, et à leurs sermons mièvres,...
Vous ignorez d'une manière manifeste l'ambiance générale de cette fin XXème - début XXIème siècle, toute orientée vers le matérialisme, l'hédonisme, le goût de l'argent, la facilité, autant de "valeurs" qui ne sont pas prônées dans notre Eglise. Y entendant des propos qui ne leur conviennent pas car les mettant en face de leurs contradictions et leur demandant des efforts, ils préfèrent, mettons par honnêteté, partir. Ce n'est pas l'enseignement du Christ et de l'Eglise qu'il faut changer, c'est aux cœurs et aux oreilles de ceux auquel il s'adresse, de se mettre à l'écoute. "Nul ne va vers le Père sans passer par Moi".

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