Vous êtes ici

Initiative des chrétiens du Béarn : « De la parole à l’action »

Françoise LACHAISE et Bernard CONTRAIRES
Colloque Pau


Ils en rêvaient, ils l’ont fait ! Une belle initiative des chrétiens du Béarn : « De la parole à l’action »

Que peuvent faire les chrétiens qui veulent se retrouver en dehors des propositions d’abord religieuses ? Qui veulent aller au monde comme l’évangile le leur propose ? Eh bien organiser des rencontres, des groupes de discussion, de lectures, des aumôneries d’adultes indépendantes, des forums, des marches à thèmes, des invitations au plus loin de leurs habitudes, des actions de solidarités et d’accueil, des fêtes pour la terre et les terriens. En somme inventer, avec d’autres, les nouveaux espaces de fraternité qui répondent aux besoins des hommes et des femmes !

En Béarn, un petit groupe issu de la Conférence des baptisé-e-s (CCBF) s’est lancé dans une proposition de rencontre hors des sentiers battus et rebattus de son Église. Il fallait créer un support pour cela : l’association « les Cailloux des Gaves de l’Adour » est née, portée sur les fonds baptismaux républicains en quatrième vitesse. Elle veut « organiser des rencontres sur les enjeux contemporains de nos existences ». Ambitieux, n’est-ce pas ?

Les trois premiers mois ont été rudes et un peu stressants. Notre volonté : être tout à fait ouverts, dans le respect des diversités, non-violents bien sûr, indépendants des courants de pensée religieux ou laïques, tout nous affichant laïcs chrétiens et à l’origine de l’entreprise. Ce chemin de crête n’a pas fait peur à ceux qui, tels des montagnards, se sont proposés pour avancer « de cairn en cairn », guettant ces petits tas de cailloux qui permettent de progresser dans le brouillard. L’énergie de l’équipe s’est cristallisée sur un projet de colloque, intitulé : « De la parole à l’action ».

Quatre thèmes/cairns et quatre intervenants pour les traiter le matin et l’après-midi, avec reprises en ateliers de ces thématiques :
- Marc Perez a traité de la réinsertion au travail par le soutien associatif. Cet ingénieur est engagé dans « AGIR ABCD » dont l’action repose sur un partenariat et une mise en réseau, en appui des dispositifs officiels – sans les contourner ni les détourner. Les accompagnements sont individualisés et visent à déployer des talents parfois encore trop peu exploités ;
- Thérèse Le Toquin, enseignante en classes préparatoires, a mis en exergue les nouvelles formes pédagogiques propres à l’accompagnement des jeunes et le fait qu’ils s’appuient aussi sur des mouvements d’éducation populaire – comme, par ex. les Scouts et Guides de France. Elle a aussi traité d’une réalité locale et universelle à la fois : l’impossibilité d’ignorer les jeunes mineurs migrants qui frappent à la porte des écoles et des familles ;
- Jean Casanave, a traité de nouvelles voies possibles en Église, fort de son expérience de prêtre, responsable de la formation permanente des laïcs en Béarn et de son implication associative, née dans les crises de la ruralité en mal de formation et de solidarités de terrain ;
- Éric Piolle, jeune maire écologique de Grenoble, a fait « le buzz ». En débatteur politique passionné, il a donné des pistes pour faire vivre la cité, champ d’intérêts contradictoires, et qui ne peut plus faire l’impasse sur les arbitrages propices à une vie meilleure et pour tous.
En filigrane de cette journée : la claire perception d’une nouvelle société qui prend corps avec les solidarités qu’elle instaure. Passionnante, la journée a semblé brève à chacun, menée il faut le dire par une modératrice reconnue, venue de la capitale, Paule Zellitch, présidente de la DCBF en personne !

Sans que nous ayons eu le temps de faire une large publicité, sans que la presse ait relayé nos informations, plus de cent personnes ont participé à l’ensemble des débats dans l’amphi du Collège Sciences Sociales et Humanités de l’Université de Pau. Le bouche à oreille, la mobilisation des uns et des autres ont fonctionné. Le choix d’organiser cette première rencontre dans un lieu laïc, dispensateur de connaissances, ouvert à la société et non discriminant, s’est imposé à nous comme signe de notre désir fondateur et sincère d’ouverture intergénérationnelle, sans exclusion aucune.

Nous croyons que les chrétiens doivent partager le langage et les soucis du monde, tisser des réseaux d’amitiés qui ne passent pas d’abord par la « chose religieuse » : en certains lieux, elle n’est plus immédiatement perçue comme un espace de fraternité et de communion. Ce qui nous sépare de notre évêque, c’est précisément ce qui nous rapproche de nos frères… d’où qu’ils viennent !
L’aventure continue et de cairn en cairn…
 

Françoise Lachaise et Bernard Contraires

Version téléchargeable
Liste des documentsTaille
Icône PDF Affiche du colloque210.7 Ko
Rubrique du site: 
Les actualités
Ajouter un commentaire