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Espérer

DÉSIDÉRIUS

Ce vendredi 4 décembre, depuis Facebook,

Désidérius Erasme

erasme nous offre à nouveau sa réflexion à partir de la liturgie de ce jour qui nous proposait à notre méditation le Psaume 26 (27) :

il faut saluer la traduction du dernier verset par les liturges:

"Espère le Seigneur, sois fort et prends courage; espère le Seigneur." C'est ici que l'Espagne pousse un peu sa corne, comme le chantait Nougaro. En espagnol, en effet, pour dire qu'une femme est enceinte, qu'elle attend un enfant, on emploie le verbe esperar Et tout d'un coup ce verset prend une autre allure. Il ne s'agit plus d'attendre le Seigneur comme on attendait naguère un rendez-vous au coin du monument aux morts de la gare Saint Lazare... Il ne s'agit plus d'attendre Godot qui ne vient jamais... Merci Samuel Beckett! Il s'agit d'espérer comme une femme porte en elle l'enfant à naître. Elle sait bien qu'il est là... Elle le sait très vite, le plus souvent. Et en même temps, elle ne le voit pas... Elle le sent, et bientôt il bouge. Mais il n'est pas encore au monde. Il ne sera au monde que parce qu'elle consent à le porter, que parce qu'elle le laisse se former en elle, et qu'il se forme de son sang, dans sa chair... En elle, se forme celui qu'elle espère. "Soit fort et prends courage..." Il en faut bien sûr du courage, pour ce passage de la mise au monde de celui qu'elle espère. Il en faut de la force pour l'expulser d'elle-même et lui donner la vie. C'est un combat, non pas avec le monde, encore moins contre lui, mais un combat avec soi-même. Nous naissons de ce combat et grâce soit rendue aux femmes pour leur espérance. Mais alors, quel est donc ce Dieu qui se laisse ainsi espérer? Ce Dieu qui n'existe , d'une certaine façon, qu'à la mesure de notre espérance? Ce Dieu qui ne naît que parce que nous consentons à le porter, à le laisser se former en nous, et à lui donner forme en y engageant notre propre vie? Il est fort surprenant, ce Dieu de l'Espérance!

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