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Des catholiques « non pratiquants » ?

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Nicolas de BREMOND D'ARS
Rassemblement catholique
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La période du confinement a ouvert un débat que l’on tient d’habitude de façon plus feutrée et moins urgente dans l’Église, en tout cas pour ce qui concerne la France. On peut le résumer ainsi : beaucoup de Français se déclarent catholiques, mais un petit nombre (« seulement » !?) se rend à la messe le dimanche. On se dispute facilement sur le fait de considérer ou non la pratique occasionnelle – grandes fêtes, sacrements – comme un signe extérieur d’adhésion, mais les chiffres, comme pour la messe régulière, sont en baisse importante[1]. Le résultat n’en demeure pas moins que l’Église catholique en France pourrait s’interroger enfin sérieusement sur ce qui est en train de se passer depuis plus de cinquante ans que cette tendance se poursuit.

Non pas pour savoir comment remplir à nouveau les églises, comme on l’a vu avec les impatiences de certains catholiques au cours du confinement. Ces impatiences ne sont pas une interrogation, mais une volonté de refermer la parenthèse.

Car cela fait tellement longtemps que l’on assimile pratique religieuse et adhésion qu’il est peut-être temps de remettre ce quasi-dogme en cause. Cette vision a été profondément ancrée par le travail du chanoine Boulard, en lien avec Gabriel Le Braz, qui, dès les années 30, cherchait le moyen de jauger le catholicisme en France. La considérable enquête publiée par le CNRS à la suite de ses travaux a édifié, par son ampleur, un paysage concentrique : les « meilleurs » catholiques sont ceux qui vont à la messe tous les dimanches, les « moins bons » n’y viennent que sur la pointe des pieds, ne serait-ce qu’aux obsèques[2].

Or, tous se disent catholiques. Pratiquer le dimanche peut être vu comme le « centre-sommet » de l’adhésion. Pourtant, bien des Français ne le considèrent pas ainsi.

Je préfère donc partir d’un autre point de vue.

Suite...


Nicolas de Bremond d'Ars

[1]On pourrait souhaiter que la CEF accepte de rendre publics les chiffres qu’elle collecte chaque année pour alimenter les statistiques du Vatican.

[2]Nombreux ouvrages en collaboration. On peut consulter : Matériaux pour l'histoire religieuse du peuple français, XIX-XXe siècles, 3 volumes, 1982, 1987, 1993, Presses de Sciences Po, EHESS.

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PhiCas

Merci Nicolas.
Etre chrétien pratiquant c'est pratiquer l'amour du Christ au quotidien. L'assemblée, l'eucharistie, "l'éclairage" de la tradition de l'église, sont des moyens pour mieux pratiquer, pas des fins.
Fraternel bien qu'ancien souvenir de St Lambert de Vaugirard.

Jacqueline MELON

Faire Eglise autrement...Un groupe de protestants et catholiques romains se réunit régulièrement pour une étude biblique; les conditions sanitaires ont empêché les dernières réunions; alors j'ai invité 6 amis ( grande salle à manger et masque) pour un partage d'Evangile: la tempête apaisée et un temps de prière alimenté par les textes apportés par les amis ; belle communion entre nous tous, quelques chants, le Notre Père et l'envoi de cartes aux absents ;nous n'avons pas partagé le pain, pourquoi pas une autre fois? avec l'accord de tous, en relisant, redisant ensemble sans présidence les paroles de Jésus ( synoptiques ou St Paul)

De petites communautés qui seraient signe??

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