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Connaître Dieu

Christiane ROBERT
Wikimedia Commons. Sebastien Bourdon. Le buisson ardent.

Dimanche 28 mai 2017 – 7e dimanche de Pâques – Jn 17,1-11

« La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé. » Chaque fois que je lis ce passage de Jean, prière de Jésus juste avant la Passion, cette phrase retient mon attention. Sans doute parce qu'elle parle de la vie éternelle, et que c'est une vraie question pour moi, comme pour beaucoup. Car il est presque inévitable de penser que l'on « entre » dans la vie éternelle au moment de mourir, et qu'ensuite elle n'en finit pas.

Un extrait de ce passage fait partie des textes d'Évangile proposés pour les funérailles, et il m'arrive de devoir le commenter, quand je les préside. Or je ne suis ni théologienne, ni mystique, et j'essaie de partir de mon expérience, de rejoindre celle de chacun, « croyant » ou non.

Cette phrase me touche et m'échappe en même temps.

Dans les chapitres précédents, Jésus s'adresse à ses disciples ; il les fait entrer dans ce mystère de la Vie qu'il a essayé de partager avec eux, de l'unité vécue avec son père, de ce qu'il adviendra, pressent-il, après son départ. Et maintenant c'est à son Père qu'il adresse comme une dernière requête. Là s'exprime tout son amour, toute sa volonté, son désir de transmettre ce qu'il a compris de la Vie qui lui a été donnée par l'union vécue avec Dieu, son père. Un amour fou, osons le dire, pour tous « ceux qui lui ont été donnés ».

Que de fois Jésus prononce le mot « donner » dans ce passage (10 fois au moins !). Le Père donne au Fils, le Fils donne au Père et aux hommes, devenus ses frères. C'est Jean qui le dit ; sans doute y met-il, lui qui se révèle comme un grand mystique, une part de lui-même, comme chacun de nous interprétons des paroles ou des expériences avec ce que nous sommes.

Il a tout reçu, il veut tout donner. Non pas donner ce qu'il a, puisqu'il n'a rien, mais tout ce qu'il est : sa vie, sa parole, sa mort, son être-même.

Et c'est ce don-là, dont je suis quelquefois le témoin autour de moi, à défaut de le vivre moi-même, dont je peux voir quelle paix profonde, quelle joie en découle – paix et joie qui demeurent –, qui me permet de « comprendre » ce qu'est la vie éternelle, celle qui ne peut nous être retirée.

Dieu ne s'est-il pas révélé à Moïse, comme étant « je suis celui qui est » (Ex 3, 14) ? Le seul vrai Dieu se révèle ainsi dans la plénitude de vie qui est en moi, ici et maintenant. Et avec cette force que cela me donne, je n’ai plus rien à craindre, et comme le dit le psaume 26 (27) que nous lisons aujourd’hui :

« Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? »

Christiane Robert

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