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Les confessions de Mgr X, un évêque à table

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Les confessions de Mgr X


Les confessions de Mgr X, un évêque à table, Éditions Golias, octobre 2018

Quelques bonnes feuilles

Mgr X est un évêque français qui, sous cet anonymat, a commis un long entretien avec des journalistes de Golias. Qui est-il ? Il promet qu’il ne le dira jamais. Mais il a un irrépressible besoin de parler. D’ailleurs, il se dit prêt à partir, si la situation se durcit. Dans cet ouvrage, il se confie sur tous les sujets chauds de l’Église. Pour nous, catholiques loin du sérail, son témoignage est important : il prouve que tous les évêques ne sont pas « tradis », ni prêts à suivre les « tradis ». Il existe au moins un évêque qui, sur des sujets centraux, le célibat, les femmes, la responsabilité des laïcs, le cléricalisme, pense à l’unisson du commun des catholiques, c’est-à-dire avec à l’esprit une bonne dose de bon sens et surtout, une vraie référence évangélique. Lisez, c’est un moment de réconfort. 

 

  1. Sur le célibat des prêtres

Nous ne pouvons plus mettre cette promesse dans la corbeille du presbytérat. Nous devons être capables d’appeler des gens mariés et célibataires. Nous ne sommes pas plus grands que Paul et Paul n’a jamais empêché une communauté de se choisir un homme marié pour présider une eucharistie. (p. 89)

  1. Sur l’avortement

Ce drame ne peut être résolu par un oui ou par un non. Personne ne nie dans l’Église que cet acte est douloureux. Mais il faut prendre en compte toutes les écoles de théologie. Il ne manque pas de prêtres, de confesseurs (je pense à Alphonse de Liguori mais aussi à Thomas d’Aquin) qui avaient compris des choses que nous ne semblons plus vouloir comprendre. Un embryon est-il une personne ? Officiellement, je dis oui. Mais là, je vais être honnête avec vous : c’est non. Il n’y a pas de conscience dans un embryon. Un homme ou une femme n’est pas qu’un être naturel. Entre aussi en lui de la culture. (p. 96)

  1. Sur le plaisir et la procréation

Je crois qu’il faut ne jamais avoir eu d’expériences sexuelles dans sa vie pour continuer de croire que le rapport sexuel entre un homme et une femme n’est utile que pour procréer, qu’en tirer du plaisir est un péché. (p. 103)

  1. Sur le cléricalisme

Vous ne verrez jamais un évêque soutenir un laïc ou un diacre contre un prêtre. Même si ce dernier a tort. Dès lors, le laïc est de bonne volonté, mais ne peut rien, le diacre est désormais un sous curé et a donc cessé d’être les yeux et les oreilles de l’évêque, selon la Tradition, et le curé peut dormir sur ses deux oreilles : quoi qu’il arrive, il sera soutenu. Du coup, on pleure car les scandales se multiplient, on ne discerne pas et on maintient le discours officiel qui fait du curé l’essence d’une paroisse. Mais c’est un tort : l’essence d’une paroisse, c’est la communauté réunie dans sa diversité. Le curé ne peut être à la tête d’une communauté, quand bien même il préside. (p. 170)

Nous avons cru que nos structures étaient pérennes, mais elles s’autodétruisent car elles ne parviennent plus à aider à la fécondité de nos communautés. (p. 171)

  1. Sur les femmes et les ministères

Le système théologique que nous avons construit pour sauver le pouvoir masculin dans l’Église ne tient plus debout, si tant est qu’il ait un jour tenu. Le prêtre est un autre Christ qui s’est fait homme – mâle – et l’Église est son épouse, donc une femme… Non, mais attendez. Quand vous dites cela, les gens vous regardent de travers et, on peut le dire, ils n’ont pas tort ! En quoi le service presbytéral est-il sexué ? Cela ne tient pas debout. C’est renier une part du Christ. (p. 174)

Tous les ministères pourraient être exercés par des femmes car les ministères ne sont pas fondés sur le sexe. (p. 176)

  1. Sur les ADAP

L’abandon des ADAP restera comme l’une de nos erreurs pastorales majeures de ces vingt dernières années. (p. 181)

 

Avec l’aimable autorisation des Éditions Golias

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