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La Conférence des Évêques de France est tombée sur la tête !

Patrick ROYANNAIS
Évêques
Évêques @ Pxhere - CC0 Domaine public

 

Jacques Prévert avait écrit "La crosse à l'envers", fiction anticléricale au vitriol. Les évêques l'ont fait ! Les évêques invitent à ce que les cloches sonnent à la volée le 25 mars, jour de l'annonciation. Mais le 25 mars, on sera sans doute depuis plusieurs jours à plus de deux cents morts par jour, si ce n'est davantage. (Le pire n'est jamais sûr, certes, mais c'est ce que la courbe italienne semble indiquer.) C'est le glas qu'il faudra sonner !


Mais notre Église est davantage préoccupée par ses fêtes liturgiques, son calendrier, son petit système que par ce que vivent les gens. En pleine fête de l'incarnation (l'annonciation du Seigneur, le 25 mars), c'est un comble. Notre Église se moque de l'incarnation et fait du religieux. Ce ne sont pas les gens qui ne croient plus en Dieu, c'est l'Église. Et les gens la désertent parce que c'est sûr qu'à l'Église, on ne parle plus de Dieu, on ne prie plus Dieu. Le culte superstitieux prend sa revanche sur l'évangile de la charité... Regardez tous ces prêtres qui s'exhibent en ligne à célébrer la messe ou l'office. Il y a déjà de quoi faire avec les media habituels, RCF, KTO, Radio-Notre Dame, Le Jour du Seigneur, les émissions religieuses de France-Culture, etc. J'espère qu'ils passent autant de temps à secourir les détresses qu'à se mettre en scène.

Comme toujours, "la charité nous presse". Comme toujours, "c'est à l'amour que nous aurons les uns pour les autres que nous serons reconnus comme disciples." C'est écrit, comme disent les Musulmans.

Alors que ferons-nous pour la charité ? Voilà où la CEF doit se prononcer. Voilà le front où elle est attendue.

- D'abord respecter les règles qui permettent de se protéger les uns les autres. On n'y est pas encore. (Sans parler de ceux qui font leur beurre de la crise sanitaire, trafic de masques, OPA boursières, etc. L'ultra-libéralisme et la criminalité n'ont pas peur du virus ! Pas un mot de la CEF à ce propos.)

- Ensuite, faire tourner l'entreprise France. Si l'on veut que le confinement soit vivable pour tous, il faut que tous fassent leur boulot, certes en s'adaptant. Heureusement, les livreurs, les commerçants, les soignants, les caissières, etc. sont au poste. Mais les fuites d'eau vont continuer. On aura besoin des plombiers, etc.

- Voir comment venir en aide à ceux qui sont dans le besoin. Il y a les gens à la rue, il y a les migrants. Il y a les familles qui ne savent pas ou ne peuvent pas faire la classe à leurs enfants. De nombreux bénévoles du Secours Catholique, des Restos du cœur et autres associations humanitaires se sont retirés pour se protéger. Mais les besoins qui nécessitaient leur engagement n'ont pas disparu avec l'apparition du virus. Qui va prendre le relais ? Etc. etc.

- Partager. Pendant ces jours, nous allons dépenser moins que d'habitude puisque bien des commerces sont fermés, puisque nous n'irons pas au restau ou au bar, puisque nos déplacements et frais de carburant sont réduits. Les associations humanitaires ont besoin de notre soutien. La campagne du CCFD par exemple en faveur des pays du Sud, comme chaque année pendant le carême, va être grandement freinée. L'Afrique va avoir de grands besoins pour lutter elle aussi contre le virus qui arrive sur son territoire. Et nous savons que ses infrastructures sanitaires ne sont pas à la hauteur de celles de la Chine, de l'Europe ou de l'Amérique du Nord. Les bons hôpitaux existent, mais pour combien de personnes ? Qui pourra payer ? La Sécurité sociale n'existe pas.

 

PS : On me fait remarquer que ces cloches pourraient nous unir au mouvement populaire de soutien aux soignants. Chiche, mais alors, dès ce soir, à 20h, faisons sonner les cloches ! Et que ce ne soit pas seulement pour les soignants, mais pour tous ceux qui se démènent pour que le pays puisse continuer à vivre, livreurs, caissières et employés de supermarchés, commerçants de première nécessité, services publics, artisans qui continuent à venir vous dépanner (plombier, serrurier, etc.), bénévoles des associations qui prennent soin des plus fragiles, des oubliés, qui prennent soin du lien social, et j'en oublie. Je vais aller programmer les cloches de la collégiale en ce sens.


Patrick Royannais – jeudi 19 mars 2020
royannais.blogspot.com/2020/03/la-conference-des-eveques-de-france-est.html

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Dekoijmemele

Messe le jour du Seigneur sans apparat ...mais n'est-il pas indécent que les prêtres présents communient au corps et au sang du Christ devant les milliers de "spectateurs" à qui on recommande la communion spirituelle ? Pourquoi pas seulement une communion dans la Parole, accessible à tous? Mais il est vrai que nous,Européens nantis,n'avons aucune honte à nous gaver face aux pays démunis...
Quel sens a l'Eucharistie "privée " , messes "dites"par des prêtres seuls, sans rassemblement de chrétiens... sinon une sorte de rituel magique ? "Mangez et buvez en TOUS..."

Sébastien Monta...

Chère Madame, ou Cher Monsieur,
Permettez-moi de m’inscrire en faux contre vos propos. C’est à eux que je réagis et pas plus, ne vous connaissant pas.
Heureux êtes-vous si la seule indécence que vous pouvez repérer dans notre monde et celle que vous venez de citer. Depuis ma fenêtre, confinement oblige,
Je vois des choses qui me semblent un chouïa plus grave. C’est sûrement subjectifs de ma part subjectif de ma part. veuillez me pardonner.
Vous avez raison de parler de la communion avec la Parole de Dieu, le concile Vatican II nous en a rappelé toute l’importance.

Pour ce qui est de ce « gaver » de l’Eucharistie, Je vous signalerai juste que dans ma paroisse, je ne dois pas avoir tout l’équipement en dotation : je célèbre la messe sans entonnoir... un oubli sans doute!
Je vous invite aussi à élargir votre vision de l’Eglise : J’ai eu l’occasion de voyager en Afrique, en Asie et en Amérique latine, je peux vous certifier que leurs participations aux messes nous fait passer pour des petits rigolos européens!!!
Enfin, sur le côté supposé « magique » de la messe, il y a effectivement des attentes bizarres de la part de certains. Que voulez-vous, quand on prend Jésus pour modèle et ami, on essaye de ne pas les envoyer paître mais de les accompagner. Dès fois qu’ils nous précèdent dans le Royaume.
Vous souhaitant quand même un bon dimanche à vous et vos proches.
Un curé de campagne vauclusien.

NININ Geneviève

Bonjour Sébastien, sachez que je ne suis pas une "tradi", que je milite pour l'église incarnée que vous souhaitez aussi, et la disparitions de mitres et titres honorifiques d'un autre temps, etc .... Mais vos propos
concernant ces prêtres qui "se gavent "de l'eucharistie me paraissent tellement déplacés et excessifs qu'ils en deviennent insignifiants ! Ces initiatives de continuer à célébrer permettent de continuer à faire vivre une communauté, justement en "communion" les uns avec les autres, et vous n'avez pas le droit de fustiger et condamner ceux qui en vivent, et trouvent justement là la force d' être présents aux plus démunis.
Si ce n'est pas votre chemin, vous avez le droit, mais le droit que vous n'avez pas, c'est de juger les autres et de les condamner : ils peuvent avoir un chemin différent du vôtre sans vous être inférieurs !
Un peu d'humilité vous ferrait sans doute du bien !
C'est dit ! Maintenant, haut les coeurs, chacun à sa manière ! Geneviève Ninin

Christine MINE

Oui triste messe qui n a plu ni à ma mère 87 ans ni à mes petits enfants entre 9 ans et 16 ans !!!mêmes remarques «  une messe triste on ne connaissait pas les chants, on n a pas pu participer on était spectateur passif! Même pas un réjouis toi Marie à la fin!
L Église catho va encore rater le coche!
La messe des protestants juste avant, un vrai bonheur!

davicroquet

Bonjour,

Cette messe n'était même pas triste, c'était une liturgie affreuse! Comment voulez-vous élever spirituellement les âmes avec une telle horreur?
Sans faire de prosélytisme pour les "tradis", je vous conseille dimanche prochain de regarder la messe de la Fraternité St Pierre, elle avait plus de profondeur (serte, pas plus gaie je vous le "rassure", mais permettant beaucoup plus de s'élever spirituellement tant la qualité musicale et d'homélie étaient belles); vous devriez pouvoir la revoir sur leur site Internet.

Par contre, là aussi, j'ai envie d'ajouter un "coup de gueule". L'Eglise catholique doit effectivement penser à ses fêtes religieuses, c'est impératif, mais quid d'apporter les sacrements aux malades, la communion, la confession aux gens à domicile? Non, rien (j'ai eu le cas personnellement cette semaine, étant malade diabétique). Il en relève pourtant de la charge des prêtres!
C'est à croire vraiment que ces gens là n'ont pas la Foi : faites ce que je dis, pas ce que je fais!

Dans les temps pas si anciens que ça, lors des épidémies on célébrait des messes publiques et des processions afin que Dieu protège les malades et nous sauve.... aujourd'hui on se confine et on se contre-fout de son prochain (le tout drapé d'un discours policé de charité chrétienne évidemment, histoire de bien vous culpabiliser si vous sortez voir votre médecin, faire votre marche pour le diabète, ou vous occuper de votre voisine malade....)!
Bref, résultat : le nombre des paroissiens va encore diminuer, et grâce encore aux décisions de nos évêques en manque de Foi!
Bonne journée,

Un catholique français écœuré de nos évêques protecteurs de pédophiles, mais refusant de faire apporter les Sacrements à un mourant

Sébastien Monta...

Cher Monsieur, l’institution n’est pas parfaite (au passage si vous en connaissez une merci de me la signaler !), Mais elle propose un geste d’espérance dans ces temps difficiles. Dans mon village, à la demande de la mairie, les cloches sonnent tous les soirs à 20h pour nous associer au mouvement de soutien aux soignants. Je suis plus qu’étonné de voir les réactions positives, notamment de nombreuses personnes qui semblent éloignés de l’Eglise. Comme pour les soignants, les pompiers, les gendarmes les policiers, les agriculteurs, nous en prenons plein la tête à longueur d’année. Souvent, il y a des choses à corriger ; parfois, Il y a des horreurs et des silences à dénoncer (et pas que chez les clercs). J’aimerais pouvoir vous dire qu’il ne faut pas que l’arbre cache la forêt, Mais ces « arbres » sont nombreux dans une belle forêt qui est immense; Et quelque soit les chiffres, un arbre pourri est toujours un de trop. Que dire, quand ils sont plusieurs.
Cependant comme pour les catégories professionnelles citées ci-dessus, C’est en période de crise Que les gens voient que nous ne désertons pas. De toute façon, nous faisons ce que nous avons affaire et Dieu reconnaîtra les siens ! Assez curieusement, c’est souvent au contact des personnes qui ne sont pas « de ce bord-là » (comprenez « ne se reconnaissant pas d’Eglise », que nous sommes stimulés à être de meilleurs prêtres, et chrétiens engagés dans notre monde. Témoins d’une espérance qui nous dépasse largement. Celui-ci est toujours paradoxalement oscillant entre le denis des problèmes et la Terreur face à ceux-ci. Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas parfait que nous devons déserté notre monde ! Soyez assurés de ma prière (en ce moment j’ai beaucoup de temps pour ça) pour vous et vos proches. Cordialement.

Bruno Vuillaume

Au moins les éveques auraient dû associer les autres confessions chrétiennes et la autres religions a cette propositions , surtout que l'Annonciation est depuis qq temps une occasion de rencontre entre chrétiens et musulmans (cf. "Ensemble avec Marie") en plusieurs pays . là , les eveques jouent perso , ou ils n'ont m^me pas pensé à associer les autres (?)..., et le peuple ne les a pas attendu pour que les croyants prient davantage et que les autres imaginent des gestes de soutiens . oui un peu rabougrie cette proposition....

Citoyenne chret...

Mon Dieu ! Que c'est pitoyable vos règlements de compte à l'heure où la fraternité, la solidarité, le sens de l'autre, de l'écoute et de la bienveillance sont plus que jamais à mettre en application. C'est à ce que vous faites que vous serez reconnus disciples du Christ, pas à ce que vous dites. Vos propos (à tous) n'en sont pas signes (dignes) ! Bon Carême à tous dans la charité le partage et la douceur !

Visiteur

Je ne peux que dire ma tristesse et ma honte et rejoindre ceux qu'accable ce déferlement de rancoeurs... Et rappeler que nul n'est propriétaire de l'Eucharistie et ne peut imposer "sa" façon de la vivre. Qu'il s'agit d'une action de grâce, qui nous précède, nous dépasse et devrait nous unir.
Chacun peut préférer tel ou tel rite, il en a le droit, mais nous devons nous souvenir de la fermeté de Paul : "si vous ne vous accueillez pas les uns les autres, ce n'est pas le repas du Seigneur que vous célébrez".

Visiteur

En lisant ce fil de commentaires, je vois que cet article ne laisse pas indifférent. Fort bien ! Reste qu'il importe aussi de tenir la raison et donc de regarder les choses avec un peu de recul. L'article en question représente un courant, et ne prétend nullement à la vérité absolue et totale ; c’est heureux. Si d’autres apports pertinents sur le sujet se profilent ils seront publiés. Une des questions de fond, que d’ailleurs ce texte ne traite pas, concerne le rapport à « l’espace commun ». Faire sonner les cloches n’est pas un geste lambda ; il est à la fois culturel et cultuel. Si chacun s’imagine avoir le droit de faire ce qu’il veut -et alors d’envahir ce fameux espace commun, d’autres seraient tout à fait habilités à faire de même. Est-ce ce climat là que nous voulons instituer ?  Voulons-nous réduire l’espace commun à cela ? Cette question est indicielle du rapport que nous entretenons avec la démocratie et du respect du « commun » qu’elle exige. Faire sonner ces cloches à 20 h, en signe de reconnaissance vis-à-vis de tous ceux qui luttent contre le corona virus, qui soignent, qui font tout ce qu’ils peuvent pour que nous puissions rester confinés chez nous, aurait été bien plus fort ! Le tintement des cloches de France aurait alors signifié une communion profonde et largement partagée. En temps d’épidémie, quoi de plus … ou de moins à tenir ?
Et, enfin, pour information, ce n'est pas le prêtre qui sonne le tocsin, mais le maire.
 

Claude BESSON

Cher Patrick Je commence par vous dire merci d'avoir pris le soin de rappeler la solidarité avec le CCFD-Terre Solidiare car c'est le moment de la collecte et elle ne pourra probablement pas avoir lieu (en tous cas pas au 5ème dimanche de Carême comme c'est prévu), ce qui va être dramatique pour les 2 millions et demi de personnes qui bénéficient de l'aide des partenaires du CCFD-Terre Solidaire à travers le monde. Par contre, je trouve vos propos excessifs et surtout pas tout à fait juste par rapport à cette initiative de la CEF. En effet, tout d'abord parce qu'il y eu un autre communiqué aux diocèses où la CEF rappelait, comme vous le souhaitez, les consignes gouvernementales et demandaient d'être attentifs particulièrement aux plus fragiles et plus âgés. Ensuite, je ne vois pas dans le message des Evêques de France pour le 25 mars que, comme vous le dites, "notre Église est davantage préoccupée par ses fêtes liturgiques, son calendrier, son petit système que par ce que vivent les gens". J'y lit plutôt le fait d'être solidaire et de vivre la fraternité (c'est dans leur texte au début et à la fin) : " pour manifester notre fraternité et notre espoir commun". Je le lit comme rejoignant toutes celles et tous ceux qui soutiennent le personnel soignant en applaudissant chaque soir à 20h. Vous le lisez d'une autre manière, c'est votre droit, mais on peut le lire également en y voyant solidarité et fraternité avec celles et ceux qui nous entourent. Enfin, étant membre de la Conférence Catholique des Baptisés Francophones depuis l'origine, je regrette que votre article soit paru sur le site et suscite des polémiques que je trouve particulièrement stériles pour ma part en ce moment. Malheureusement, nous l'avons repris à la CCB44 dans notre lettre d'information par inadvertance et cela suscite de la part de nos adhérents des réactions négatives qui ne vont pas nous aider à avancer. Dommage !

Claude BESSON

Condillac

@ Claude Besson. Au nom de quel principe ce site ne pourrait-il pas publier une opinion à la quelle on adhère ou que l'on désapprouve ? D'autant plus que le texte de l'article conserve, malgré sa vivacité un ton raisonnable.
Patrick Royannais nous fait part de façon assez abrupte de la désapprobation que lui inspire l'initiative de la Conférence des Evêques de France (CEF) de faire carillonner toutes les cloches le jour où l'Eglise célèbre la fête de l'Annonciation, c.a.d 9 mois jour pour jour avant le 25 décembre... On peut en effet se poser la question tout à fait légitime d'une telle initiative alors que jamais à notre connaissance ce ne fut le cas depuis des lustres sauf coïncidence de cette fête avec un dimanche. On aurait pu comprendre une telle initiative le jour de Pâques, cela aurait eut une valeur plus symbolique et oecuménique comprise par un très grand nombre, chacun sait que les protestants n'adhérent pas à la croyance de l'Immaculée Conception. Et de plus dans ces temps troublés l'espoir de la Résurrection aurait pris tout son sens. Les initiatives de quelques paroisses (voir par ex. celle des paroisses de Vaise à Lyon de faire sonner les cloches le soir à 20 heures cf. page Facebook de la CCBF ) prennent tout leur sens, celui d'adhérer à l'initiative populaire, spontanée et réconfortante manifester à l'unisson son soutien et ses remerciements à tous ceux qui sont sur le front et dont certains en meurent. Mais voilà nos évêques une fois de plus loupent le coche en voulant faire voir que le cadavre bouge encore après la période de scandales à répétition et des églises de plus en plus vides. La CEF (ou du moins la majorité des évêques) montre une fois de plus qu'elle reste en décalage dans une circonstance dramatique avec la société et n'arrive pas à "s'extraire de son petit système."

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