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La Conférence des évêques de France (CEF) fait un pas en avant

CCBF

Pour la Conférence des baptisé.e.s (CCBF), la Conférence des évêques de France (CEF) fait un pas en avant bienvenu qui permettra enfin, avec l’ensemble des baptisé-e-s, d’engager les transformations nécessaires de l’Église de France.

Dans leur lettre aux catholiques du 25/3/21 sur la lutte contre la pédophilie, les évêques de France se reconnaissent des responsabilités. La CCBF salue cette avancée quasi historique de la CEF, attendue depuis si longtemps. C’est un premier pas qui permet d’engager les transformations nécessaires de l’Église de France, notamment la lutte contre le cléricalisme voulue par le pape François : la CCBF exprime le souhait que tous les baptisés y participent.

Après 20 ans d’atermoiements depuis la condamnation pénale de Mgr Pican en 2001, le président de la CEF vient de le reconnaître, au-delà des responsabilités individuelles de prêtres et de certains évêques : « Nous, évêques, reconnaissons que nos prédécesseurs n’ont pas toujours été assez attentifs au sort des enfants agressés. » Cette reconnaissance si attendue, et depuis si longtemps, est le fruit du travail inlassable des victimes, de leurs associations, de leurs avocats, des médias et notamment de Témoignage Chrétien, de l’opinion publique, de très nombreux baptisés et de la CCBF.

Certes, il y aurait à redire sur certains points, encore à l’état d’esquisse, du dispositif proposé par la CEF, mais la CCBF veut d’abord saluer ce geste quasi historique. Il reviendra dès demain aux victimes et à leurs avocats d’ouvrir les dossiers et d’engager les négociations. Il reviendra ensuite à la CEF d’entendre et de tenir compte des conclusions de la CIASE, comme elle vient de s’y engager. L’État français aura son mot à dire puisque les évêques ne renoncent pas à la défiscalisation des dons qu’ils espèrent. La CCBF sera attentive aux orientations précises qui seront proposées.

Après qu’elle a fait un pas décisif sur ce dossier douloureux, nous attendons de la CEF qu’elle s’implique dans les nombreux sujets de transformation qui s’imposent à son agenda. Nous pensons particulièrement au dossier du cléricalisme, identifié par le pape François dans sa lettre au peuple de Dieu d’août 2018 : « Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme. »

Il est remarquable que le cléricalisme ne soit jamais mentionné dans cette lettre des évêques qui, au contraire, met l’accent sur leur « pouvoir sacré ». Cette omission et cette affirmation pourraient jeter le doute sur la volonté des évêques de s’engager dans des transformations touchant à l’organisation ecclésiale, à la mise à l’honneur d’ecclésiologies, de sacramentaires et de théologies renouvelées.

Car si cet appel des évêques aux catholiques est un pas en avant indéniable, l’usage du « nous », tout au long de cette lettre, est source d’ambiguïtés, ce pronom désignant tantôt les évêques, tantôt les catholiques : si les évêques souhaitent opérer ainsi une dissolution des responsabilités dans le « peuple de Dieu », de très nombreux catholiques ne l’accepteront pas. La CCBF souhaite que ce « nous » soit débarrassé de toute ambiguïté et qu’il inaugure l’instauration d’une véritable coresponsabilité fondée sur le baptême, qui devra se manifester dans des pratiques collégiales transformées, à la hauteur des défis de l’Église du XXIsiècle.

La route est désormais ouverte au changement et la CCBF souhaite que les baptisés soient nombreux à y participer.

Conférence des baptisé.e.s

 

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Henri GUIBERT

Enfin apparait effectivement dans ce texte la notion de "responsabilité" de la part de "certains" évêques. OUI, il convient de saluer positivement ce qui est un grand pas en avant. Mais, à quand celle de "culpabilité" de l'Eglise entière ? Le "NOUS" employé tout au long du texte laisse à craindre une fois de plus la dérive, déjà bien entamée, d'une Eglise des clercs et celle des baptisés. L'absence quasi totale de laïcs dans les différentes et nombreuses instances que la CEF souhaite mettre en place pour l'avenir n'est pas de nature à nous rassurer sur ce point. Le chemin de la remise en cause profonde risque d'être long, très long ! Henri GUIBERT

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