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Conférence des baptisé-e-s : synthèse des réponses en vue du Synode sur la famille

Claudine ONFRAY

Nous remercions le pape François d’avoir demandé à tout chrétien de répondre au questionnaire sur le synode. Á cette fin, nous avons sollicité les commentaires libres de nos sympathisants. Voici la synthèse de près de quatre cents contributions écrites reçues à ce jour, en attendant les suivantes...

C’est d’abord un cri qu’exprime cette synthèse : il y a urgence à entendre le peuple de Dieu, car sa  pratique dans le domaine sexuel est en désaccord complet avec l’enseignement du magistère. Depuis 50 ans, le peuple le refuse, l’ignore, ou s’en va. Une parole audible est une parole de son temps, quelle qu’elle soit. La famille reste le lieu privilégié des apprentissages, de l’éducation, de la vie en commun, de l’acceptation des différences, de l’exercice de la liberté et de l’initiation à la foi. C’est un malheur pour notre Église de ne plus y être aussi présente qu’elle le pourrait.

Les baptisés attendent une parole qui ne juge ni ne condamne, mais qui, dans la complexité des vies, des choix, des ambivalences, aide à vivre. Il ne s’agit pas d’édulcorer l’Évangile mais de le vivre.

C’est donc un vrai défi pour l’Église que d’abandonner son rôle de douanier et de notaire du sexe, de ne plus se dire experte en humanité mais de le devenir. Sans oublier que le Christ n’est pas venu pour les bien-portants mais pour les malades. Notre Église doit se convertir à cette parole miséricordieuse.

Il est urgent de poser des actes concrets :

1.De bienveillance envers notre monde. Que le synode tienne compte des progrès médicaux, de l’allongement de l’espérance de vie, d’une démographie mondiale qui explose. Le concubinage « expérimental » est  devenu la règle, les unions libres sont de plus en plus fréquentes, les divorces de plus en plus nombreux. La loi naturelle (notion incomprise et incompréhensible) ne peut plus et ne doit plus être une référence.

2. D’humilité envers les couples. Qu’il se laisse enseigner par eux, qu’il s’arrête au seuil du lit conjugal, leur laissant les choix d’une parentalité responsable et heureuse qui permette l’épanouissement du couple et des enfants sans en fixer les modalités, ni en contraception ni en infertilité. Qu’il jette un regard positif sur toute famille car c’est sur ce terreau que la Parole de Dieu pourra s’enraciner.

3.D’accueil envers les « sans papiers » de l’Église, en commençant par bannir l’expression « situations irrégulières ».

Il s’agit :

  • -Des divorcés remariés. Que toute l’Église se réjouisse, tout simplement, quand un homme ou une femme se remet debout après un échec, fut-il celui du mariage. Que le magistère n’envisage pas de le faire au prix d’une demande en nullité qui serait inhumaine et injurieuse, autant pour le premier conjoint que pour les enfants. Qu’il les accueille sans restriction au sacrement de réconciliation et à la Table Eucharistique. Ce refus actuel est un scandale, car le Pardon est un don de Dieu pour tous.
  • -Des personnes homosexuelles, qui sont des baptisés à part entière.
  • -Des candidats sincères, au baptême ou à d’autres sacrements, quel que soit leur état de vie.

4.De bénédiction envers tout ce qui met l’être humain debout, en lien avec l’autre, aussi différent soit-il, qu’il bénisse tout amour sincère.

5.De justice, en instaurant la parité hommes-femmes dans toutes les instances décisionnaires de l’Église.

Pour la CCBF, ClaudineOnfray, le 28 décembre 2013 – synodefamille@baptises.fr

Si vous approuvez le texte ci-dessus, la CCBF vous invite à le lui faire savoir en indiquant votre adresse mail et en cliquant sur le bouton d’approbation ci-dessous  

Ce texte, avec l’indication du nombre d’approbations qui auront été reçues, sera envoyé le 14 janvier aux organisateurs du synode sur la famille qui se tiendra à Rome à l’automne 2014. Les indications recueillies das ce formulaire sont confidentielles et ne peuvent servir à aucun usage à caractère commercial.

Commentaires
Christine PEDOTTI

On va faire en sorte que les réponses arrivent, c’est-à-dire qu’elle soient portées ou envoyées aussi bien à la Conférence des évêques qu’à Rome. Ensuite, savoir si elles seront prises en considération, c’est la grande inconnue. Mais d’habitude, on ne songe même pas que le peuple catholique peut-être consulté et d’exprimer, c’est donc déjà un grand progrès.

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