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Communique de presse du 4 octobre 2021

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Conférence Catholique des Baptisé-e-s Francophones

Communiqué de presse – 4 octobre 2021

 

La Conférence des baptisé.e.s[1] observe qu’à la veille de la sortie du rapport de la CIASE, les évêques ne disent rien des transformations indispensables en Église.

La CCBF forme le vœu qu’à la lecture du rapport de la CIASE, la CEF, dans l’esprit du synode à venir, engage les transformations dont l’Église a besoin et qu’elle fasse bon accueil aux recommandations de cette commission. La CCBF observe que nombreux sont les évêques et les clercs de l’Église qui se préoccupent d’abord de l’onde de choc que provoquera le 5 octobre le rapport de la CIASE chez les catholiques. Le choc devrait, en effet, être violent, mais d’abord pour les autorités, les clercs et laïcs qui ont fermé les yeux, voire crié au complot.

En tout premier lieu, la CCBF exprime son soutien aux milliers de victimes abusées par des clercs, encore en attente d’une réparation, qui souffrent toujours et qui ont été sacrifiées aux raisons de cette institution dont le silence aura été leur seul secours. La CCBF continuera à œuvrer pour que de justes réparations leur soient attribuées.

La CCBF observe que nombreux sont les évêques et les clercs de l’Église qui se préoccupent de l’onde de choc que provoquera ce rapport chez les catholiques et leur adressent des messages de « préparation » à sa réception. Agir de la sorte, c’est vouloir renverser la situation et risquer aussi d’emporter avec eux, dans l’opinion, les nombreux prêtres irréprochables. Est-ce acceptable ? Le principe de réalité voudrait que le choc atteigne en priorité et profondément ces responsables de l’Église qui ont usé d’artifices pour reporter voire rendre difficile le travail de vérité. Le choc sera violent pour les laïcs qui ont fermé les yeux, voire crié au complot. Les autres catholiques, les plus nombreux, sont des adultes capables d’affronter la vérité, aussi douloureuse soit-elle, et d’en tirer les conséquences qui s’imposent. Il n’est pas impossible qu’à la déception et à la honte succède la colère.

 

La cause principale des abus de toutes sortes, jusqu’au crime, est identifiée : le cléricalisme et plus précisément ses conséquences dans la gouvernance de l’Église. Le pape François le dénonce, lui qui en souffre. Au lieu de s’interroger sur ces comportements, la préoccupation principale de nombreux responsables semble être d’adresser des propos lénifiants aux 6% de catholiques pratiquants qui forment les Assemblées paroissiales ; les autres, soit la majorité de ceux qui se disent catholiques, seront moins déstabilisés, non pas parce qu’ils sont indifférents à la douleur des victimes, bien au contraire, mais parce qu’ils ne supportent plus le double langage, l’absence de changements significatifs dans la gouvernance de l’Église et ces appels à prendre sur soi des fautes qui ne sont qu’exceptionnellement les leurs.  

Les autorités de l’Église doivent s’attaquer au cléricalisme, poser des règles claires et opposables à tous, faire les deuils qui s’imposent pour transformer les modes de gouvernance. Il n’y a pas d’autre chemin que celui-là pour retrouver de la crédibilité. Réduire les laïcs au rôle de « supplétifs-payeurs » est de moins en moins opératoire.

La démarche synodale mondiale voulue par le pape François qui sera lancée à Rome les 9 et 10 octobre est l’opportunité à saisir. La CCBF y participera activement. Elle sera très attentive à la transformation des modes de gouvernance, intrinsèquement liée à la mise en place d’une synodalité authentique : implication de tous les baptisés, hommes et femmes, à tous les échelons de décision, recherche de la parité et de la diversité dans les différentes instances de gouvernement, mise en place de dispositions permettant la prise de parole, l’écoute. La restitution des travaux, les processus d’arbitrage et de décision doivent obéir à des principes éthiques et déontologiques clairs. Ces garde-fous sont les conditions élémentaires d’un retour à la confiance.

Le moment est venu de s’y atteler.
 

La Conférence des Baptisé-e-s
   La CCBF est un réseau de personnes et d’associations 1901 qui rassemble des chrétiens d’ouverture. Au centre de ce réseau, une association (la Diaconie des baptisé-e-s) gère les services communs et mutualise les expériences. Le réseau promeut une véritable opinion publique dans l’Église et contribue par des prises de positions et des services -célébrations, lectures suivies d’évangiles, formation, conférences, forum de discussions, etc.- à se mettre dans le sillage de l’Église synodale prônée par le pape François.

Email : contact@baptises.fr – Site web : www.baptises.fr


[1] CCBF

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LEAUTEY

Bonjour,
ne faut-il pas réagir après la phrase scandaleuse de M.Moulins Beaufort : "Le secret de la confession est au-dessus des lois de la République"! Phrase qu'il n'a ni démentie ni modifiée lui-même, toujours dans le déni ! C'est honteux....
Fraternellement
Brigitte Léautey

Henri TISSEYRE

Au sujet de la phrase de M. Moulin-Beaufort et sur bien d'autres positionnements de l'Eglise (avortement et autre PMA.....) c'est une véritable charia qui n'a rien à envier à celle qu'on reproche aux islamistes. Heureusement que la République a inventé la laïcité.
cordialement
Henri Tisseyre

rirititi

Dominique LUCAS

En persifflant j'ose espérer que l'on ne va pas sortir une "indulgence" pour financer des "dédommagements" aux victimes. Car là la boucle serait bouclé...Et le piège se refermerait sur l'Eglise. En effet, c'est d'un net abus d'indulgences qu'est né la réforme ...et la contre-réforme qui a suivi. C'est la contre-réforme qui gouverne encore la "structure" de notre église, en particulier la sacralisation du clergé.
Lire les signes des temps aujourd'hui, c'est sortir de l'impasse ou nous nous sommes mis au XVI° siècle avec le concile de Trente. Et donc, comme nous l'invite notre pape François, sortir du cléricalisme, qui n'est pas la tradition de l'Eglise, mais qui date de la contre-réforme tridentine.
Au vu de la hiérarchie actuelle (nos évêques actuels et leurs remarques scandalisant les plus petits etc.), cela parait impossible. Heureusement que Jésus lui-même dans l'évangile de dimanche prochain vient nous dire que ce qui est impossible aux hommes peut l'être à Dieu...
Gardons la foi en Dieu.
Dominique LUCAS.

Tasei Marie-Anne

Je vous livre ce message de mon évêque qui appelle les laïcs à s'engager pour aider et participer aux réformes indispensables de l'Eglise ;
Tout le clergé n'est pas muet et aveugle !!! Gardons notre Espérance et notre foi en Christ

MESSAGE DE MONSEIGNEUR PASCAL WINTZER
Evêque de Poitiers

Le pire serait de refermer le livre qui s’est ouvert

« C’était un mauvais moment à passer. »
« L’actualité va prendre le dessus et remplacer un sujet par un autre. »
« Passons à autre chose. »
De telles pensées, tentations possibles, sont à proscrire absolument.
Le rapport de la commission Sauvé (la CIASE) n’est pas venu clore un sujet, il ouvre un chantier dont on ne peut ni ne doit déterminer la fin.
Pour les victimes des crimes, la page n’est pas tournée ; la souffrance et le besoin de justice demeurent.
A destination de l’Eglise catholique, le rapport formule quarante-cinq recommandations, écrites noir sur blanc, objectables à toutes les tentations d’ankylose ou d’oubli.
Les faits criminels manifestés appellent des réparations au bénéfice des victimes et des réformes de l’institution qui n’a pas protégé ceux qui devaient l’être.
Il a fallu que d’autres qu’elle, disent à l’Eglise ce qu’elle avait fait et commis, la contraigne à ouvrir les yeux et les oreilles.
Alors, ne laissez pas les évêques et les prêtres seuls pour réformer ce qui doit l’être – « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ».
Laïcs, femmes et hommes de bonne volonté, vous devez pousser aux réformes indispensables.
L’Eglise n’a rien à craindre, sinon de mieux servir la société et d’être plus transparente à Dieu.
Le 8 octobre 2021

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