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Communier est-il un péché ?

Reine

Père,

Comme vous nous le proposiez, j’ai pris connaissance de la « consultation paroissiale à l’occasion du synode sur la famille » et l’ai lue avec attention car je souhaite y donner mon sentiment. Notre famille est concernée par le problème des divorcés remariés et en souffre.

Dans ce document que j’ai trouvé assez difficile à lire, je n’ai pas trouvé les questions auxquelles j’aurai voulu répondre aussi je me permets de vous livrer ce qui me tient à cœur.

Notre fille ainée (43 ans) s’est mariée jeune avec un garçon victime d’un lymphome peu après leur rencontre et elle l’a soigné avec un particulier dévouement. Elle, qui ne pouvait mettre les pieds dans un hôpital où elle avait eu de sérieux problèmes de santé et qui aimait sortir, a passé des weekends entiers à prendre soin de lui à l’hôpital de la Salpêtrière. Elle avait 20 ans !

Et lorsqu’elle nous a annoncé leur désir de se marier en 97, peu de temps après sa plus jeune sœur, nous étions si émerveillés de son dévouement et de leur amour que nous n’avons même pas osé mettre de restrictions, alors que nous n’étions pas forcément emballés.

Ce garçon s’est rétabli et ils ont vécu heureux quelques temps. Déjà enclin à la boisson, il a perdu son travail. Travaillant dans l’intérim, elle lui en a retrouvé un au risque de perdre le sien et très vite il a été licencié à la suite d’un accident de voiture qui lui a fait perdre son permis.

Pour lutter contre l’ennui, il a ensuite commencé à fréquenter les cafés pendant qu’elle travaillait et n’est même pas venu lui rendre visite à l’hôpital où elle a failli perdre la vie à la suite d’une intervention médicale.

Je ne rentre pas plus dans les détails mais lorsqu’elle nous a parlé de divorce, nous n’avons rien fait pour la décourager. Elle venait d’avoir 30 ans et n’avait pas d’enfants.

Depuis, elle a refait sa vie et épousé un garçon bon et généreux et trouvé un heureux équilibre, mais ils ne parviennent pas à être parents à leur grand chagrin.

À Noël, au cours de notre réunion de famille (nous ne pouvons nous réunir tous ensemble qu’une fois par an), elle nous a dit qu’elle venait d’apprendre qu’elle « faisait un péché » lorsqu’elle allait communier et du coup qu’elle renonçait à demander une bénédiction de ce deuxième mariage. Ce qu’ils souhaitaient fortement. (Un prêtre m’avait déconseillé de lui dire moi-même les conséquences de son remariage sur les sacrements).

Que dire, que faire ? Pour moi, l’Église accueille ses enfants blessés et c’est toute notre famille qui se sent « en marge ». Les neveux et nièces ne comprennent pas que leur tante chérie soit rejetée.

Je suis en train de lire « La joie de l’Évangile » du Pape François et suis frappée de l’accueil réservé aux « pécheurs » à l’image du Christ venu pour ceux qui souffrent. Le pape parle du réconfort de l’eucharistie pour ceux qui souffrent… Je crois que ma fille et son mari souffrent tous les deux de cette situation même s’ils ne pratiquent pas régulièrement.

Autre détail, une de ses sœurs, traumatisée par ce divorce, ne veut pas s’engager dans le mariage et refuse pour l’instant de faire baptiser sa fille de 1 an et c’est pour nous un grand chagrin. (Nous avons 4 filles de 43 à 35 ans et 8 petits enfants de 13 à 1 an.)

J’espère de tout cœur que ce modeste message pourra être pris en compte par le synode et vous remercie de votre écoute.

 

Reine

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