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Comment transmettre la foi à nos enfants ?

Frédérique GUYÉTAND

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Mon mari et moi sommes parents de 4 garçons de 7 ans à 14 mois. Cette année, pour le carême, nous avons essayé d’impliquer les trois aînés, et nous sommes contents, parce que cela a plutôt bien marché. L’idée était simple: à midi, au moment du café, ils prennent chacun deux carrés de chocolat. Pendant le carême, ils avaient le choix d’en prendre deux, ou bien un seul (et de mettre en échange un petit diamant en plastique dans une tirelire), ou encore zéro. Ces petits diamants seraient convertis en euros et envoyés à une association pour aider les enfants démunis. Ils ont joué le jeu, et à la fin du carême, la somme récoltée était même assez rondelette. 

Nous avons des valeurs qui nous tiennent à coeur et que nous souhaitons transmettre à nos enfants : le respect des personnes, de la terre, de la vie ; l’ouverture à la différence ; le goût du beau ; l’importance du partage … Au moment du carême, c’est cette expérience de partage que nous avons tenté de vivre en famille.

Nous avons aussi tous les deux un jour fait une rencontre, celle de Dieu, qui nous anime au jour le jour. Nous aimerions donc pouvoir transmettre cette flamme à nos enfants, car elle est pour nous vitale. Et pourtant ...parler de transmission de la foi de la même manière que nous parlons de transmission des valeurs n’a pas de sens. Dire les choses de cette manière, c’est comme dire: comment transmettre l’amitié, l’amour que j’éprouve pour une personne, à mes enfants. Il me semble assez aisé de tomber d’accord pour dire qu’une amitié ne se transmet pas. J’en parle, je peux dire ma joie de voir bientôt mon ami, de passer du temps avec lui. Je peux dire combien il est important pour moi, ce qu’il m’apporte, en quoi sa présence m’enrichit et même m’aide à vivre. Mais je ne peux transmettre la relation qui m’unit personnellement à mon ami. N’est-ce pas la même chose avec Jésus?

 Cette rencontre si personnelle que j’ai faite un jour très précis (pour certains), ou cette évidence qui s’est affirmée au long des jours (pour d’autres), je ne peux la vivre à la place de mes enfants. C’est dur et merveilleux à la fois. Dur, car nous aimerions leur faire ce cadeau, comme nous aimerions leur éviter de souffrir, ou encore leur donner les fruits de notre expérience. Merveilleux, car cette relation sera unique et libre, et nous enrichira nous aussi. Nos enfants porteront des fruits, et ce seront des fruits étonnants! Mais à nous parents incombe la tâche de préparer le terrain. Et il se travaille de multiples manières. Je me souviens d’un épisode avec notre aîné, Abel, lors d’une session famille avec Fondacio (1). Il avait 5 ans à l’époque. Un soir nous vivions un temps de louange tous ensemble. Les enfants avaient répété des chants, par tranche d’âges, et venaient les chanter sur la scène. Abel ne restait pas dans le groupe mais revenait avec obstination s’agenouiller devant une icône, et la regardait. Cela m’a beaucoup émue. Car vraiment il contemplait cette icône. Je me suis dit qu’il vivait quelque chose, et ce, en toute liberté...même si ce n’était pas, à ce moment, ce qu’on attendait de lui. Laissons-nous bousculer par nos enfants, ils nous empêchent de nous endormir !

Alors, concrètement, quelques pistes pour préparer le terrain. Il me semble primordial de vivre notre foi avec nos enfants, et pas seulement une heure le dimanche à la messe. Nous avons vécu une semaine de retraite en famille avec Fondacio. Ces séjours sont des bénédictions. Il y en a d’autres bien sûr, animés par les Franciscains, par les Sœurs du Cénacle à La Louvesc, par la communuauté de l’Emmanuel à Paray-le-Monial, dans les Foyers de Charité, etc. Les propositions de séjours spirituels en famille sont nombreuses et variées, chaque sensibilité peut, je pense, en trouver une qui lui corresponde. L’important étant de vivre ensemble un temps centré sur Dieu, en famille, et aussi avec d’autres familles.

D’autres manières de vivre notre relation à Dieu en famille peuvent s’imaginer et s’inventer de manière très quotidienne : saisir l’occasion d’une remarque d’enfants pour approfondir un questionnement : je pense notamment à la pauvreté, qui les choque souvent ; lire ensemble une vie de saint, ou le magazine Pomme d’Api Soleil, par exemple. Lire la Bible, ou une de ces bibles pour enfants qui sont très belles et parlent autant dans les dessins que dans les mots. Ce sont des moment de profondeur qui nourrissent nos enfants autant que nous-même.

 Et puis il y a la prière. Quelle est notre prière? Savons-nous nous arrêter et prier? Ne soyons pas timides, invitons nos petits à partager ces moments avec nous : «Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, Je suis au milieu d’eux.» Je crois que ces petits instants de paix et de transcendance, oui, coulent goutte à goutte dans les coeurs de nos enfants, et que l’Esprit Saint les travaille en profondeur.

  Frédérique Guyétand   (1) Fondacio :communauté de laïcs de 3000 membres, dont 700 en France, engagés dans des actions d’évangélisation et de solidarité.

 

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