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Comment préparer les chemins du Seigneur ?

Cécile VUILLAUME
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Dimanche 7 mai 2017 – 4e dimanche de Pâques – 1 P 2, 20b-25 – Jn 10,1-10

Jésus vient de guérir l’aveugle-né qui retrouve la vue et a les yeux suffisamment « ouverts » pour reconnaître en Jésus le Seigneur. Il ira même jusqu’à faire la leçon aux pharisiens qui peu avant l’interrogeaient avec sévérité. Ils ne peuvent reconnaître la messianité de Jésus, eux, car ils savent ce qu’il faut croire. Pourtant l’un d’entre eux doutera et posera cette question à Jésus : « Est-ce que nous aussi, nous sommes aveugles ? »

Notre parabole commence alors : voici un enclos où les brebis sont regroupées par le pasteur. Il les fait entrer par la porte. Puis il les mène dehors vers un pâturage bien vert où la vie est surabondante. Il les appelle chacune par leur nom, et comme chaque brebis connaît sa voix, elles l’écoutent. Écouter sa voix, connaître sa voix, être appelée par son nom, tout ce vocabulaire rend compte de la familiarité, de la tendresse, de la protection données par le pasteur à ses brebis. Chacune est précieuse à ses yeux et il veille sur chacune. Quelle description apaisante et ordonnée !

Pas autant qu’il n’y paraît : dès le premier verset les voleurs et les brigands viennent escalader le muret de l’enclos pour s’infiltrer parmi les brebis. Que veulent-ils ? Mais les brebis ne connaissent pas la voix de l’étranger, elles ne le suivront pas et le fuiront. Au dernier verset nous savons : les brigands cherchent à voler et à détruire. Ils donnent la mort, ils font régner la terreur. Au vu du chapitre précédent, il est légitime de voir en ceux-ci les pharisiens qui croient savoir et font régner la loi par la peur. Une loi qui ne nourrit plus et ne donne pas la vie. Une loi recouverte par les règles et les observances strictes coupées de la source de vie qui les a fait naître. Qui est pharisien aujourd’hui ? Quand sommes-nous pharisiens ?

Seul, Jésus est la porte des brebis, la porte qui donne accès au salut et à la vie en abondance. Qui entre par cette porte est accueilli. Jésus, par 2 fois (Mt 9, 36 et Mc 6, 34) ressent de la pitié devant une foule ressemblant à des brebis perdues sans berger. Il se met à les enseigner.

En cette journée des vocations, nous sommes tous et toutes appelés à nous familiariser avec sa voix, à le suivre avec confiance dans les pâturages où celle-ci nous guidera. La lettre de Pierre nous le redit : « vous étiez égarés comme des brebis, mais maintenant vous vous êtes tournés vers le berger et le gardien de vos âmes. » À nous de faire porter sa voix et d’en faire sentir la douceur et la tendresse. À nous de la discerner parmi les grands et les petits événements. Nous connaissons des personnes, des amis, qui cherchent, parfois désespérément, un sens et un goût à la vie.

En ce dimanche si important politiquement, nous avons tenté de choisir qui nous pouvions suivre, qui avait le souci des brebis de l’enclos et se allait se mettre à leur service. Mais aussi qui cherchait à profiter des verts pâturages, à voler, à faire des profits personnels, à perdre et à éparpiller les brebis. Gardons les yeux grand ouverts. « Que ferons-nous donc pour préparer le chemin du Seigneur ? » demandent les foules à Jean le Baptiste. La réponse est claire : partager avec celui qui n’a rien, ne rien percevoir de plus que ce qui nous est dû, ne molester personne, ne rien extorquer, se contenter de sa solde. (Luc 3, 10-14)

Cécile Vuillaume

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