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Celui qui a reconnu Jésus

Daniel MULARD

En ce deuxième Dimanche de l’Avent, c’est le tout début de l’évangile de saint Marc qui est proclamé. Il s’ouvre sur une annonce tonitruante : celle du « commencement de l’Evangile de Jésus Christ », la Bonne Nouvelle de sa venue. Il se passe quelque chose de neuf ! Ce Jésus est Christ, c’est-à-dire « oint » du Seigneur, il est son envoyé et il est le fils de Dieu. Voilà que des choses nouvelles adviennent. Marc espère que son lecteur en sera saisi. Tout de suite après, il s’en réfère à l’Ancien Testament, au prophète Isaïe, nous confirmant ainsi la continuité de l’enseignement de la Parole. Isaïe invite à accueillir la naissance de Jésus, à préparer dès maintenant « le chemin du Seigneur. Rendez droits ses sentiers ». N’y a-t-il pas là déjà les orientations de la mission d’un baptisé ? Rendre droits les sentiers du Seigneur : quel beau témoignage ! Soyons des témoins clairs et simples auprès des baptisé-e-s pour conforter leurs engagements aux côtés de Jésus et aussi auprès des non baptisé-e-s pour leur donner le goût de rejoindre la communauté des chrétiens. « Jean parut dans le désert, baptisant ». Jean le Baptiste précède Jésus dans l’ordre de présentation du texte. Le désert… lieu du dénuement absolu… un homme… Jean Baptiste, à peine vêtu, se nourrissant de peu (sauterelles et miel sauvage), investi, sans que nous sachions expressément comment ni par qui, de ce « baptême de repentir », immersion de tous ceux et de toutes celles qui sont prêts à faire « l’aveu de leurs fautes ». Voilà à quoi Jésus lui-même a consenti à se soumettre, lui que l’on ne saurait traiter de « pécheur » ! Notre baptême chrétien a un autre sens que celui de Jean. Il n’est pas centré sur l’aveu de nos fautes. Remarquons cependant combien celui de Jean est simple, sans aucune interrogation administrative sur le contrôle des données individuelles qui identifient désormais chacun de nous : origine, statut, formation, opinion… Ne pourrait-on se souvenir, dans le choix des procédures d’admission au baptême (pour le candidat et pour sa famille), que cet acte, majeur dans notre vie, peut aussi être très simple ? Il me semble que nous sommes invités à nous souvenir de cette simplicité. Que serions-nous en mesure de répondre à ces candidats et à ces candidates sur le décalage éventuellement éprouvé par eux entre leur volonté de rejoindre Jésus et ce qui leur est demandé pour l’atteindre ? Si Jean le Baptiste détient l’autorité pour baptiser, il repère vite dans la file des nombreux candidats quelqu’un de « plus puissant » que lui, et il affirme « ne pas être digne de se courber pour délier la courroie de ses sandales ». Jean le Baptiste était certainement en état de veille, sachant que le Seigneur se présenterait à lui un jour sans qu’il s’y attende. Son talent a été de le reconnaître à ce moment là. Ce n’est pas un hasard si saint Marc place cette reconnaissance au début de son évangile. Jean le Baptiste, figure de prophète issu des Ecritures, a su reconnaître Jésus, alors qu’Hérode, qui a pourtant rassemblé les grands prêtres et les scribes, ne le reconnaîtra pas. Ce dimanche est vraiment consacré au « Précurseur », Jean Baptiste, qui a eu ainsi une attitude décisive pour la suite. Quel bel exemple ! Avec humilité, et une grande confiance en la capacité du Seigneur de « baptiser dans l’Esprit », Jean-le Baptiste a su voir Celui qui arrive, Jésus, qui fera toutes choses nouvelles. Son exemple est une invitation pour que nous sachions discerner, sur tous ceux et toutes celles que nous rencontrons chaque jour, le visage du Christ, sa présence mystérieuse en chacun. Le texte se termine par un programme de bonheur de vie : Marc fait dire à Jean Baptiste que Jésus « nous immergera dans le Souffle saint ». Dimanche après dimanche de l’Avent, nous préparons Noël. Chaque année, j’accueille la naissance de Jésus comme une extraordinaire offre de renaissance. Je pense qu’il en est ainsi pour beaucoup d’entre nous. N’est-il pas opportun, alors, de rappeler la place du baptême ? Ne marque-t-il pas notre engagement ? Nous le ferons encore en fêtant le Baptême de Jésus, le 15 janvier prochain, mais déjà, Noël invite à « faire du neuf en nous ». Deux modèles nous sont proposés : celui de Jean Baptiste le clairvoyant et la simplicité et la sérénité des scènes rapportées aujourd’hui par Marc. Tous deux peuvent-ils nous mettre en marche ?

Daniel Mulard

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