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Les catholiques de Vendée dénoncent une Église qui retourne en arrière

Anne ERBÉ

Une centaine de catholiques de Vendée en conférence de presse ! Un solide dossier de presse repris dans « Ouest France » du 25 novembre ! Pourquoi ? Après un long temps de réflexion, des chrétiens, venant de diverses paroisses et de mouvements, ont décidé de rendre publics les problèmes qu’ils rencontrent avec leur hiérarchie.

Les difficultés ont commencé depuis plusieurs années, notamment alors que les orientations fortes du Synode diocésain conduit par Mgr Santier n’étaient pas reprises par son successeur, Mgr Castet.

Puis deux affaires ont secoué le diocèse, l’ordination par Mgr Castet de 6 diacres de la Fraternité sacerdotale Saint Pierre, et un projet d’école « hors contrat » au Bourg-sous-la-Roche, lancé sans aucune concertation, dans un bâtiment utilisé par les catholiques locaux, projet maintenant abandonné.

Mais aujourd’hui, ce sont de nombreux témoignages qui sont apportés sur les pratiques de paroisses confiées par l’évêque à différents prêtres venus de l’extérieur, de profils homogènes entre eux et complètement dissonants par rapport au clergé local, qui poursuit par ailleurs son travail d’ouverture avec Vatican II.

Des prêtres qui n’accueillent pas

Une des premières difficultés est celle d’un manque d’accueil et d’écoute.

D’abord avec les enfants : auparavant, pendant les communions, le prêtre appelait chaque enfant et rassemblait les enfants autour de l’autel pour le Notre Père. Les enfants étalent accueillis et reconnus, ils ne le sont plus cette année.

Une anecdote : une enfant est rentrée en disant à sa maman : « maman, le prêtre a dit que pour se préparer à la communion et être une bonne chrétienne, il fallait réciter trois fois sa prière dans la journée : matin midi et soir ». La maman lui répond : "Écoute, tu vois, le matin, c’est difficile, il faut se presser pour partir à l’école. Á midi, tu manges à la cantine. Par contre, le soir on peut trouver un moment pour prier ensemble en famille ». Toute joyeuse, la gamine raconte au prêtre la discussion qu’elle a eue avec sa mère, et la décision qu’elles ont prise. Réponse du prêtre « Si tu ne récites pas ta prière le matin et à midi, tu pourris de l’intérieur ».

De même pour les sépultures : un curé – qui a supprimé les équipes de laïcs pour officier lui-même - a clairement dit qu’il ne souhaitait pas rencontrer les familles en deuil avant la sépulture !

Dans une paroisse, on supprime sans explication un moment traditionnel de grande communion le jeudi Saint entre prêtres, religieux, laïcs…

Les laïcs mis à l’écart

Une seconde difficulté : la négation de ce qui se passait avant, et la mise à l’écart des laïcs en responsabilité. Dans une paroisse, un an après son arrivée, le nouveau responsable n'a pas pris connaissance avec le milieu existant et ne cherche surtout pas à le connaître – il a balayé les structures existantes : préparation des mariages, préparation des communions, conduite des sépultures. Que souhaite-t-il mettre en place ? Une liturgie ritualiste, des homélies systématiquement orientée sur le péché, la mort, l'enfer, laissant entendre une domination du prêtre... En fait, gérer tout lui même sans déléguer.

Les dépenses importantes d’une paroisse depuis un an – qui ont largement grevé le budget – concernent les ornements sacerdotaux de toute beauté achetés en plusieurs exemplaires pour chaque église, encens utilisé à toutes les célébrations au point que quelques personnes se trouvent mal.

« Quand je quittais une célébration, j'étais joyeuse et apaisée. Aujourd'hui, je rentre dans cette église par obligation et tendue. Á la fin des célébrations, mon esprit est en ébullition, dans le doute, mais pas apaisée. »

En arrière plan, un rejet de « l’avant »…

Ce rejet ressort d’une conversation avec un prêtre, très représentative de la mentalité de ces clercs.

« Tout ce que vous avez fait n’a pas porté de fruits. », notamment car pas de vocation sacerdotale parmi les enfants. « Il ne s’est rien fait toutes ces dernières années… », phrase entendue dans des paroisses en Vendée quand des prêtres arrivent sans tenir compte des personnes, de l’histoire, des prêtres qui ont servi les communautés…

« Vivement que votre génération disparaisse pour que nous puissions faire tout ce que nous voulons… », remarque qui traduit bien le plan d’action de tous ceux qui arrivent, chargés de l’élimination de ce qui existe et des acteurs de cette pastorale. Á défaut, ils attendent le vieillissement de ces acteurs pour établir leur propre pouvoir.

Pour le site « Riposte catholique » ce mouvement vendéen est… « la rébellion de quelques personnes âgées, en mal d’esprit du Concile, acoquinées avec les medias locaux », aigries, voire bigotes, qui ont monopolisé les sacristies et manipulé les prêtres

Conclusion de ces chrétiens : « Il semble, nous en sommes conscients et nous résistons autant que faire se peut, qu’il y a un désir de détruire ce que les prêtres et les évêques précédents ont mis en place et dans lequel nous étions fortement engagés et qui fonctionnait. Á l’évidence, le berger a dispersé le troupeau et le troupeau ne fait plus confiance. »

Le nonce a été informé à diverses reprises, et a répondu son souci de la situation, mais sans changement sur le terrain.

Mais d’où viennent les prêtres  qui ont ces comportements ? Dans quels séminaires ont-ils été formés ? Pourquoi un évêque les met-il à la tête de paroisses avec une telle mission ?

Vatican II a proclamé une nouvelle dignité des laïcs. Tout récemment une réflexion sur le sensus fidei  a été publiée, qu’il faudrait travailler. Mais l’institution n’a pas changé : elle est restée cléricale et pyramidale. Les institutions actuelles permettent ces contradictions. Ainsi s’expliquent ces discordances.

Il n’y a pas que de la Vendée que remontent les doléances. La situation de Bayonne, par exemple, fait aussi parler. Peut-être vous-même avez été confronté à des pratiques qui rejettent ou excluent. La Conférence crée pour vous un service « Urgences Baptisés » (placé dans la barre noire du haut de la page d’accueil) chargé de répertorier et de traiter les cas de refus de sacrement, de discrimination, de rites imposés, de rigidités ou de ritualisme excessif. N’hésitez plus : envoyez vos messages à : urgences.baptises@gmail.com

 

Anne Erbé

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