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« Bon Livre », octobre 2020, Mgr Pascal Wintzer, Essayer d’autres chemins ...

Monique HÉBRARD
Essayer d’autres chemins

 

Cette « Note de lecture » vous invite à vous procurer l’ouvrage, à le lire, afin de pouvoir voter pour le livre de votre choix, parmi les « bons livres » proposés par la Conférence.

Mgr Pascal Wintzer,
Essayer d’autres chemins – L’Église, la mission et les prêtres
en France
Éditions Salvator – février 2020 – 185 pages – 19,80€

Ce livre est attachant car le lecteur ressent bien que l’évêque de Poitiers, classique, a été très touché par le drame de la pédophilie, et s’est remis profondément en cause. Pascal Wintzer déplore que l’Église ait voulu protéger son image plutôt que les victimes… ce qui a abouti à « récolter un scandale encore plus grand ». Il avoue qu’il a voulu « comprendre dans la foi » la crise de la pédophilie, « à la manière du mercredi des cendres », comme un dépouillement, « une perte de puissance qui conduira à une parole plus humble ».

Mais l’évêque ne reste pas dans les cendres, il en tire des leçons : « ces cendres sont aussi cette poussière, de laquelle, avec son souffle Dieu crée, recrée une humanité restaurée et délivrée. »

Mais encore ?

Il réfléchit à la place de la sexualité dans l’Église : ne l’a-t-elle pas dévalorisée, alors qu’elle ne l’est pas dans la Bible ? Et le fait que la vocation de prêtre, que l’on a présentée comme « supérieure » soit exclue de la sexualité, a contribué à sacraliser encore plus son pouvoir, et en a fait trop souvent un « donneur de leçons » qui ne respecte pas assez la liberté des gens. 

Il serait donc souhaitable « d’agir sur la symbolique » en ordonnant prêtres des hommes mariés, conclut-il. Il y revient tout au long de l’ouvrage, invitant à y réfléchir sérieusement. La forme de vie des prêtres correspond à une chrétienté qui n’existe plus, donc il faut trouver d’autres formes qui n’excluent ni un métier ni le mariage. La figure de l’évêque est aussi trop majorée et il est isolé, déplore-t-il.

L’auteur n’oublie pas les laïcs. Il faudrait repenser la diversité des ministères et leur confier des célébrations de la Parole où l’on pourrait communier. On notera aussi une belle réflexion sur la paternité dépouillée d’un mauvais pouvoir, à la lumière du sacrifice d’Abraham.

Le dernier chapitre s’intitule « je ne sais pas »… Les solutions ne sont pas simples, reconnaît Monseigneur Wintzer, mais il accepte de poser les vraies questions et d’y réfléchir.
 

Monique Hébrard

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