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Bêche à saisir !

Sylvie TAMARELLE
Faut-il brûler un figuier stérile ?

Dimanche 24 mars 2019 – 3e dimanche du Carême – Lc 13, 1-9

L’évangile de ce jour commence par deux faits divers dramatiques : l’un lié à la violence humaine, le massacre des Galiléens organisé par Pilate, l’autre lié à un accident imprévisible, la chute de la tour de Siloé. L’appel à la conversion, qui conclut cette introduction, est musclé : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même » !
Mais quel lien avec la parabole qui suit ? Que se passe-t-il au pied de ce figuier stérile ?

Les enjeux foisonnent ! Il y est question de vie et de mort, de conversion, de la miséricorde de Dieu, d’espérance, de responsabilité et d’inéluctable. Qui est-il, ce figuier, pour que quelqu’un se préoccupe de bêcher autour de son pied et de lui apporter du fumier alors qu’il semble bien inutile voire nuisible à la vigne alentour en épuisant le sol ?


Cette parabole autour du figuier permet de parler du royaume de Dieu. Ainsi le maitre qui possède cette vigne où pousse ce figuier et qui fait preuve, trois ans durant, de patience, peut être associé à la figure de Dieu, qui a le droit de juger de la vie et de la mort : un moyen d’évoquer le jugement dernier. Et le vigneron qui intercède en faveur du figuier, en prend soin car il espère encore, c’est la figure du Christ venu annoncer au peuple d’Israël (symbolisé par le figuier) la clémence de Dieu face à ce peuple si vite oublieux des bienfaits qu’il a reçus de Dieu. Ce peuple ingrat, en épuisant le sol, épuise-t-il la miséricorde de Dieu ?

Non ! Dieu ne souhaite pas la mort du pécheur mais plutôt qu’il se convertisse. Ezéchiel (18, 23) déjà le proclamait : « Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant ? Et non pas, plutôt à ce qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive ! » Mais la possibilité du refus de l’homme, qui reste libre de ses choix, n’est pas exclue : « Alors, tu le couperas. »
En tout cas, le vigneron plaide pour une seconde chance : « Laisse-le encore cette année ! » C’est sa confiance en Dieu qui l’autorise à intercéder énergiquement et son espérance en l’homme : tout n’est pas encore perdu ! « Peut-être donnera-t-il du fruit ? » Alors il se met à la tâche. Il bêche, il répand du fumier, il se confronte au réel en agissant.

Dans cette parabole, trois vertus, la foi, l’espérance et la charité, nous sont offertes par le Christ comme chemin de conversion. Elles sont déclinées très concrètement. Et nous ne pourrons pas dire quand l’heure de notre mort viendra : « Je ne savais pas qu’il fallait me convertir, ni comment ! »
N’épuisons pas la miséricorde de Dieu. Travaillons à faire grandir la confiance que nous peinons parfois à accorder.


Osons croire que la conversion, la nôtre et celle des autres, est possible. C’est le temps de changer nos regards et nos comportements, de passer aux actes.
Alors, où est-elle, cette bêche ?

Sylvie Tamarelle
 
 

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