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Bannières et processions

Jean CASANAVE
Procession
Lotivy pardon © Dominique Debos @ Creative Commons CC BY-NC 2.0


Des chrétiens s’étonnent, et parfois « râlent », de se voir imposer avec une plus ou moins souriante obstination une liturgie et une parole qui ne correspondent pas à l’expression de leur foi nourrie de leur expérience. Une génération de jeunes catholiques remplis d’un zèle qui est tout à leur honneur, constatant l’érosion des communautés vieillissantes, bouscule les habitudes acquises. Elle essaie de redonner aux rassemblements paroissiaux leur lustre d’antan. C’est ainsi que bannières, clochettes, dentelles et toute une pieuse brocante reprennent du service. Et les processions, pourquoi pas ! Notre Dieu n’a pas à se cacher. Depuis Abraham, Il « marche avec nous ». Mais Il ne confond pas marche en avant et déambulation publicitaire.

Que répondre à ceux qui redoutent une nouvelle mise au pas de la Foi ? Tout d’abord, que les actes et les enseignements de Jésus ne cadraient pas toujours avec les attentes de son auditoire. Il a même payé cher le prix de l’exaspération qu’il a provoquée. Comme ses contemporains, nous absolutisons et idolâtrons les images que nous nous faisons de Dieu et leur traduction dans nos gestes et nos paroles ! Anciens ou jeunes, personne n’est dispensé de la purification nécessaire apportée par l’Évangile du Christ. Au-delà de l’affrontement de nos courtes idées, ne sommes-nous pas amenés à nous recentrer sur l’essentiel ?

Cet essentiel réside pour tout être humain, dans la question : Dieu existe-t-il ? S’il existe, que savons-nous de Lui, de sa nature et son être propre ? Rien. Rien, si ce n’est qu’Il est Père. Et cela, nous n’aurions jamais pu l’imaginer. Seul Celui qui s’est présenté à nous comme son Fils était autorisé à le dire. Et saurons-nous jamais la portée exacte de ce mot prononcé par le Fils ? Tout le reste, tout ce que nous pensons, tout ce que nous disons et tout ce que nous faisons pour dire Dieu n’est que vague approximation d’un langage humain inadéquat au divin. Ceci ne nous empêche pas, toutefois, de rechercher les mots et les gestes les moins impropres à cette mission. Que la bannière de cet Essentiel prenne la tête de la procession et remette les autres signes à leur place… modeste, relative et donc respectueuse !


Jean Casanave, prêtre

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