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Aux captifs, la libération

Christiane de TALHOUËT
Sans abri, dans une rue de San Francsico
Sans abri dans une rue © Domaine public
Et vous qu'en pensez-vous ?

Elle est venue au micro ; une inconnue pour les habitués de notre messe matinale de semaine.

Les cheveux noués en arrière, une voix forte, un large sourire exalté, elle a lu la première lecture de ce vendredi ! Le texte d’Ezéchiel disait : « La brebis perdue, j’irai la chercher »

Je découvre ainsi que ce 28 juin est la fête du SACRÉ CŒUR !

Le jeune vicaire, dont j’avais déjà repéré les manies liturgiques, rayonnant de joie dans une belle chasuble dorée, nous avait entrainé devant un autel dédié à ce « Cœur » de Jésus.

En entrant dans l’église, le sanctus chanté en latin m’a conduit vers cette travée inusitée. L’assemblée avait perdu son aspect multiculturel habituel, remplacée par de nombreux visages assez jeunes ! le latin chanté avec un entrain démonstratif accompagnait une eucharistie à l’ancienne, tournée vers l’autel.

Je me suis installée sur le côté. Alertée, j’ai observé à distance cette jeune femme ; elle se courbait, se relevait, jouant avec un large foulard clair et souple noué sur son sein…

Au moment de communier, se baisser, s’incliner, tendre son large sourire vers l’hostie, se prosterner à nouveau ! Procession que ce jeune groupe a transformé en une sorte d’ondulation excessive.

Et alors j’ai songé au clan de jeunes qui avait pris d’assaut cette semaine une piscine à Grenoble pour venir nager et onduler sur l’eau en burka avec des cris de joie.

Au cœur de chaque religion, ses communautarismes bruyants !

J’ai filé, consternée…

« En sortant, j’ai croisé le curé de notre paroisse. Il est lui-même responsable du mouvement Aux captifs, la libératio. Là est le cœur de Jésus, cette brebis perdue.

Il a été surpris par mon salut si amical.

Je pensais que son métier de curé n’était pas facile, libérer intramuros ses propres captifs !

Christiane de Talhouët

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