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4e dimanche de l’Avent : L’ange parle à Marie

Monique HÉBRARD

Luc 1, 26-38 La naissance de Jésus aura lieu la semaine prochaine, mais le temps liturgique réduit les délais de grossesse, puisqu’en ce 4e dimanche de l’Avent, on nous annonce tout juste que Marie va être enceinte. En ces temps là, tout le peuple juif était en attente de ce Messie qui apporterait un salut, spirituel sans doute mais aussi une libération du joug des Romains. Et voilà que c’est à une faible jeune femme qu’incomberait la charge de mettre au monde le Messie attendu depuis des siècles par son peuple ! Qu’allait-elle répondre à cette annonce pour le moins ahurissante, et qui la touchait au plus intime d’elle-même ? Il ne s’agissait pas de « rendre un service » ou de « donner un coup de main » pour qu’advienne le Messie, il s’agissait d’accepter qu’il prenne chair en elle. Rien moins que cela. Mais n’en est-il pas ainsi de tous les engendrements actuels de Dieu ? Ils prennent corps au plus intime de nos vies, au prix d’un engagement total de notre volonté dans un projet d’amour. Bref, voilà cette jeune fille de Galilée, attendant sagement le mariage envisagé, qui se trouve face à un ange qui lui annonce qu’elle est comblée de grâces et que le Seigneur est avec elle. Déjà cela est bouleversant comme toute annonce d’une présence de Dieu. Mais ce n’est rien à côté de ce qui va suivre : elle va enfanter un fils, oui elle est enceinte sans avoir connu d’homme ! Et elle va risquer, selon la coutume, d’être lapidée. Et puis l’inconcevable : cet enfant sera Fils du Très-Haut. On serait abasourdi à moins. Marie pourrait protester, s’écrier qu’elle n’est pas digne. Elle demande tout simplement : « comment cela se fera t-il puisque je suis vierge ? ». Et la troisième annonce, non moins stupéfiante : « L’Esprit-Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ». Que faut-il comprendre ? Et qu’est-ce que Marie a pu comprendre ? Et puis, comme pour la rassurer : elle n’est pas seule dans cette aventure : sa cousine Elisabeth est également enceinte dans son grand âge. Quelle contraste entre les annonces extraordinaires de l’Ange et la simplicité… biblique de la réponse de Marie : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole ». On ne sait pas ce qu’elle a compris, elle n’exprime pas ses craintes, elle se remet toute entière à Dieu : le plus intime de son corps, la direction de toute sa vie, tout cela est chamboulé de fond en comble et remis à Dieu. La sainteté est toujours simplicité et ses « oui » sont inconditionnels. Et la chute : « Alors l’Ange la quitta ». L’illumination est finie, c’est à Marie maintenant d’assumer dans son humanité, au jour le jour, ce qui va suivre, ce ventre qui va grossir, l’angoisse de ce qu’elle va dire à Joseph et de son destin. Marie a-t-elle vraiment engendré « par l’opération du saint Esprit », ou bien est-ce une histoire « aménagée » pour émerveiller et parce que dans les mythologies de l’époque dans le bassin méditerranéen les dieux naissaient de vierges ? Je ne sais, et au fond cela m’importe peu de le savoir. Ce dont je suis sûre par contre c’est que la Parole de Dieu est agissante. Et j’imagine que Marie était habitée par cette Parole qu’elle méditait en permanence. Tellement habitée que « le Verbe s’est fait chair ». La Parole est vie, est performante, est agissante, est transformante. Elle opère dans nos vies et nous change de fond en comble, parfois à notre insu. Pourquoi ne l’aurait-elle pas été, avec une force inimaginable, en Marie qui était, comme me le disait une amie pasteure de l’Eglise Réformée, « la première vraie chrétienne ». Monique Hébrard

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