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Une vie de prêtre aux multiples facettes

Jacques P.
Né en
1931
Diocèse/ordre :
Diocèse de Lyon
Date de l'interview :
Février 2017
N0_ordre: 
42

Parlez-nous de votre enfance et de votre vocation

J’ai vécu dans une famille très chrétienne et dans un village qui était très pratiquant. J’étais élève à l’école libre, à ce moment-là majoritaire. Elle était tenue, pour les garçons par les frères maristes, et pour les filles par les sœurs de Saint-Joseph de Lyon. À l’école des garçons, on était une soixantaine d’élèves, les filles devaient être un peu plus nombreuses. L’école laïque ne comptait que quelques élèves.
Je ne sais pas exactement comment est née ma vocation, j’ai décidé de me faire prêtre assez jeune, vers 11‑12 ans, c’est pourquoi j’ai été orienté vers l’un des petits séminaires du diocèse de Lyon qui en comptait cinq à l’époque. Il y avait aussi des écoles cléricales dans le diocèse (de la 6e à la 4e). Pour des raisons de communication, il était plus facile pour moi d’aller à Lyon. C’est là que j’ai fait ma scolarité secondaire.
Aussi bien dans le primaire que dans le secondaire, la discipline était relativement sévère et les études exigeantes. Je dois dire que j’en garde un excellent souvenir, alors que d’autres ont pu trouver que c’était peut-être trop dur. Dans le secondaire, on rentrait vers le 25 septembre ; on avait des vacances à Noël, avant le carême et à Pâques, soit tous les deux ou trois mois.

Quelques souvenirs ?

Je garde le souvenir des bombardements de la ville de Lyon en 1943-1944 : la nuit par les Anglais et le jour par les Américains. Pendant trois semaines, nous avons dû nous lever toutes les nuits : les Anglais bombardaient la périphérie en prenant beaucoup de risques, sélectionnant les cibles, descendant en piqué. Les Américains bombardaient le jour de beaucoup plus haut. Je me souviens du bombardement par les Américains, le 26 mai 1944. Nous étions dehors, on voyait tomber les bombes à côté de la ligne de chemin de fer et de la gare de Perrache. Ce jour-là il faisait très beau, mais en raison des incendies suscités, le ciel s’est complètement obscurci. Il y a eu des centaines de morts. Tous les établissements scolaires ont fermé ; les pensionnats ont été mis en demeure de quitter Lyon le plus tôt possible.
Dans le primaire libre, on nous parlait davantage de l’histoire sainte que de l’Écriture proprement dite. Je ne l’ai vraiment découverte qu’au petit séminaire. Progressivement, nous avons eu une certaine formation biblique, grâce surtout à la liturgie. À l’occasion des messes journalières, on entendait l’Écriture avec certes les lectures en latin, mais avec une traduction de l’Évangile et un court commentaire de deux minutes, pas plus. En catéchèse, on lisait l’Évangile en latin, dans la Vulgate et dans la traduction Buzi.
Quand je suis rentré au petit séminaire, ma mère a trouvé que c’était un peu spartiate et elle m’a dit : « Si tu veux rentrer avec nous, tu rentres. » J’ai dit : « Non je reste. » Pourquoi ? Parce que j’avais décidé un jour que je pourrais devenir prêtre. Il fallait tenter l’expérience. Je ne pouvais pas partir ce jour-là, n’est-ce pas ? Parfois j’ai pu avoir envie de m’orienter vers une profession civile. Ce n’était pas un long fleuve tranquille.

Quelle formation ?

Au petit séminaire, certains ne souhaitaient pas devenir prêtre, leur famille ou eux-mêmes cherchaient plutôt une formation sérieuse.
J’ai beaucoup apprécié le grand séminaire tant pour la formation spirituelle qu’intellectuelle ; c’est en partie pourquoi, je suis entré plus tard à Saint-Sulpice. J’ai eu des professeurs de valeur et un grand climat de liberté : la tradition de Saint-Sulpice est de laisser les gens très libres.
Des maîtres m’ont marqué : des supérieurs comme le père Lemoine, ensuite supérieur du séminaire de Nantes, qui a pris sa retraire comme aumônier de l’hôpital de Versailles. Le père Girard, qui a été élu supérieur général de Saint-Sulpice. Jusqu’à son élection, le supérieur général était aussi provincial de France. Or, pour une meilleure coordination des trois provinces : France, Canada, États-Unis, il était préférable que les deux fonctions fussent séparées. Le supérieur général devait être au-dessus des trois provinces. C’était une bonne intuition. J’ai connu le père Basseville qui arrivait de la Mission de France. Très profond, il a marqué toute une génération de prêtres du diocèse de Lyon et d’ailleurs. À mon sens, le scoutisme du diocèse de Lyon a été sauvé, au moins en partie, grâce au père Morel qui fut aumônier national de la Route. Il est devenu supérieur du séminaire de la Mission de France. J’ai eu comme professeurs le père Milhau, sulpicien, élève de Jean Trouillard, le père Jean Alberti, mort à 99 ans (en 2014), avec lequel je suis resté en contact jusqu’à la fin. D’origine juive et d’une famille de convertis, il a aussi beaucoup marqué.
À la faculté de théologie de Lyon, j’ai suivi les cours de patrologie de Mgr Jouassard, ceux du père de Lubac dont le cours annonçait ses livres sur l’Exégèse médiévale. Les exégètes de Lyon étaient très connus : Augustin Georges, Albert Gelin, Jean Duplacy qui arrivait à commenter dix versets dans l’année… Celui qui m’a orienté vers le Moyen Âge est Philippe Delhaye, belge, moraliste et médiéviste enseignant à Lyon, précurseur du renouveau de la théologie morale. Il m’a suggéré de faire l’édition critique du Liber poenitentialis d’Alain de Lille. Pour la méthode de travail en théologie, je dois beaucoup à Raymond Étaix. Je rends grâce à la faculté de théologie de Lyon, une grande école. Comme enseignants, il y avait des prêtres diocésains et des ordres religieux de la ville : jésuites, maristes, salésiens, assomptionnistes, sulpiciens.
En même temps, j’ai passé un doctorat de troisième cycle à Grenoble avec Bernard Bligny, historien spécialiste de la Chartreuse. Je suis très heureux d’avoir travaillé avec lui.

Quel ministère avez-vous exercé ?

Jeune prêtre, j’ai été nommé vicaire à Saint-Genis-Laval, près de Lyon. Paroisse qu’il m’a coûté de quitter au bout de deux ans. J’étais très attaché à ce ministère, car j’aimais la catéchèse et déjà je m’occupais du scoutisme.
Au départ, ma paroisse natale était très pratiquante ; les gens fréquentaient l’église massivement le dimanche.
Aujourd’hui, quand on prépare des baptêmes, des mariages, des enterrements, on se rend compte qu’il y a, non pas une majorité, mais une proportion non négligeable de gens pour qui l’Église est très lointaine. L’accueil est très important. On voit maintenant, plus qu’il y a quarante ans, que beaucoup ne savent rien ou presque ; on peut s’interroger sur le rapport aux sacrements de ceux qui les demandent. Il ne faut pas être « professoral », mais prendre les gens là où ils sont, essayer de cheminer avec eux, leur faire comprendre ce que sont le Christ, l’Église, un sacrement. J’ai une démarche très pragmatique, certes avec des principes, mais je comprends qu’il ne faut pas asséner des vérités toutes faites, il faut progresser avec les personnes, parfois bien lentement. La préparation et la célébration des sacrements est une façon de rencontrer et de toucher beaucoup de personnes. Il faut être très présent. À un baptême, à un enterrement, les assistants sont très réceptifs, peut-être plus que lors d’un mariage.
Je suis resté à la maison des prêtres étudiants de l’Institut catholique de Paris six ou sept ans. Il y avait des séminaristes à qui on demandait ou qui demandaient d’interrompre leurs études théologiques pour faire ou achever des études profanes. J’ai beaucoup insisté pour qu’ils ne restent pas avec une licence incomplète.
Étant dans un séminaire et au CNRS, j’ai estimé qu’il me fallait une vie aussi orientée vers la pastorale. C’est pourquoi j’ai demandé à aller, si c’était possible, à la paroisse Saint-Sulpice ; j’y suis resté une trentaine d’année. Dans cette paroisse, j’ai gardé une certaine activité : accueil le vendredi, visite à des malades, à des personnes âgées…

Une évolution sur ces trente ans ?

J’en parlais l’autre jour avec un prêtre de la paroisse, arrivé après moi, il était assez inquiet de la chute du nombre de pratiquants. Il n’y a jamais d’enquête approfondie à ce sujet, mais je pense que le quartier est devenu trop onéreux. Dès que les jeunes foyers ont des enfants, ils sont obligés de partir, sauf s’ils ont reçu un appartement en héritage. On a donc un public assez âgé.
À Saint-Sulpice, un certain nombre de célébrations sont liées au fait que c’est une grande église. Par exemple, après la conférence épiscopale de novembre, les évêques des Antilles y célèbrent le dimanche après-midi, et l’église est remplie grâce aux Antillais de toute l’Île-de-France ; jamais il n’y a autant de jeunes qu’à ce moment-là. Beaucoup d’entre eux reviennent. En temps normal, la proportion de pratiquants antillais ou africains n’est pas négligeable. Ainsi, je dis la messe le vendredi matin à 7 heures : la moitié des assistants sont des gens de couleur qui viennent parfois de banlieue avant leur travail. Le vendredi matin, quand je suis à l’accueil, leur proportion est importante. Trois fois par an, des grandes veillées de prières organisées par le « Mouvement pour l’Unité » remplissent l’église ; tous les premiers vendredis du mois, le soir, est célébrée la « Miséricorde divine ». Beaucoup d’aumôneries de grands lycées viennent pour des célébrations, comme la première communion, la profession de foi. Des obsèques de personnalités y rassemblent beaucoup de participants.
Ordonné en 1956, j’ai connu l’Église d’avant Vatican II. Je ne veux pas relativiser, mais comme historien, je ne fais pas non plus de ce concile un absolu, car il faut le situer dans l’ensemble de l’histoire.
J’étais à l’aise dans l’ancienne liturgie, mais je ne tiens pas à y revenir. Le latin ne m’a jamais posé un problème. On est progressivement passé à la langue vernaculaire : d’abord les lectures, puis les prières eucharistiques, enfin la célébration des autres sacrements. Pour dire l’office en français, au départ, les prêtres devaient demander l’autorisation à l’évêque. Le cardinal Villot, à qui je l’avais demandé, ne me l’a pas accordée : « Vous ? Pas question, restez au latin. » J’ai obéi… pour quelques mois. Mais, de temps en temps, je le dis en latin pour briser le rythme, parce qu’en français on connaît à peu près les textes et que le latin oblige à faire un effort de compréhension, utile du point de vue spirituel. Je lis l’office en latin, particulièrement en Avent et en Carême, car les hymnes sont très belles.
Pour les fidèles, la langue vernaculaire est un atout. Mais, si la langue est importante, il est encore plus nécessaire de connaître et d’approfondir les lectures bibliques proposées par la liturgie : sur trois années, une approche le dimanche de chacun des évangélistes ; sur deux années, la semaine, l’Ancien Testament, les quatre évangélistes, saint Paul... Dans ma région natale, les gens sont passés au français sans problème. Dans un chef-lieu de canton, un jeune prêtre, d’ailleurs de tendance Vatican II, célèbre de temps en temps la messe en latin. D’après ce qu’on m’a dit, le public est assez restreint et globalement étranger au secteur géographique. On ne m’a jamais demandé de célébrer en latin ; je ne le demande pas non plus. J’ai connu un prêtre qui célébrait parfois une messe en latin, parce qu’on le lui demandait. Il était heureux de le faire. Or, il a reçu une lettre où on lui reprochait trente-quatre « erreurs » dans la messe qu’il avait célébrée ! Venait-on à cette messe pour prier ?
J’ai vécu Vatican II, alors que j’étais professeur au séminaire. En quelque sorte, nous l’avons vécu en direct, mais, au moins au départ, ce qui a le plus frappé les esprits, c’est la réforme liturgique. Nous participions par La Croix, La Documentation catholique, les radios nationales et périphériques… On lisait dans Le Figaro les blocs-notes de René Laurentin qui était très informé et dont j’ai retrouvé les textes par les livres et la documentation qu’il a déposés à Lourdes dans le cadre des Archives des sanctuaires et de la Société française d’études mariales. Peut-être ai-je été moins sensibles sur le moment à des Constitutions ou des Déclarations comme celles sur la Révélation, l’Église, l’œcuménisme, les religions non chrétiennes…
On a dit que le concile s’était beaucoup intéressé aux évêques et peu aux prêtres. On avait voulu parler de la Vierge dans un document séparé ; mais finalement la réflexion doctrinale sur Marie a été intégrée dans Lumen gentium. Pour l’approfondir et le faire mieux connaître, la Société française d’études mariales a organisé plusieurs sessions sur le message marial de Vatican II.
Ce que l’on peut reprocher à des prêtres de ma génération, c’est peut-être d’avoir fait de Vatican II un absolu, sans l’enraciner dans le développement doctrinal et l’histoire de l’Église. On le sait bien pour les conciles médiévaux : il faut du temps au clergé et aux fidèles pour assimiler un concile et en vivre.

Quels autres aspects vous ont aussi frappé ?

L’œcuménisme : il y avait à Lyon une forte tradition grâce à l’abbé Couturier, à qui le père Michalon a succédé ; dans le même sens, le centre Saint-Irénée des Dominicains avec le père Beaupère.
Au début de mon séjour à Paris, j’ai beaucoup participé aux « Semaines de prière pour l’unité », mais j’ai l’impression, peut-être erronée, que cela ne mobilise plus les foules. Il semblerait que beaucoup considèrent la relation œcuménique comme acquise, bien que, pour en rester au plan éthique, dans des cas rares mais importants comme le mariage gay ou l’avortement, les divergences demeurent. Aujourd’hui, on s’intéresse davantage à l’interreligieux.
Actuellement, j’ai fort peu de contacts avec des protestants. Je me souviens, quand j’étais aumônier de guides de France à Saint-Genis-Laval, avant les années soixante, il y avait, dans une ville proche, une compagnie protestante sans pasteur accompagnateur : on a fait appel à moi. J’ai également fait des remplacements dans un sanatorium du plateau d’Assy où étaient soignés des malades dont quelques-uns étaient protestants : j’ai téléphoné au pasteur en lui expliquant qu’un malade n’allait pas bien. Il m’a répondu : « Occupez-vous en », me faisant totalement confiance. J’ai donc eu des contacts œcuméniques de base, cordiaux mais limités.

Le concile semble-t-il appliqué complètement ?

Beaucoup de points peuvent encore être approfondis au plan théologique ou pastoral. Un exemple : Gaudium et Spes apparaît daté pour quelques-uns, mais on a besoin de lectures optimistes !

Face à l’évolution actuelle de la société, que faire ?

On se rend compte que la vie sacramentaire n’a plus l’importance qu’elle avait : il y a de moins en moins d’enfants baptisés et parmi ceux-ci un certain nombre ne recevront aucune formation chrétienne. C’est très préoccupant. Les jeunes qui sont confirmés sont très impliqués dans leurs lettres de motivation. Mais les chiffres sont faibles, même dans l’enseignement libre et dans les familles chrétiennes. Points positifs : les préparations au baptême, au mariage, aux obsèques qui peuvent répondre à une attente et constituer à des plans divers de vraies catéchèses.
L’accompagnement personnel devient très important ; il demande beaucoup de temps, d’investissement et d’écoute pour faire comprendre l’existence du Christ, la foi, les possibilités et la joie de la vie chrétienne.
Une partie du jeune clergé est très différente et sévère pour la génération précédente. Les communautés traditionnelles comme celle de Saint-Martin ont le vent en poupe. La plupart sont dans la mouvance de Vatican II. Il peut y avoir des tensions entre elles ou avec des structures anciennes, mais beaucoup sont ouvertes et travaillent avec des communautés existantes depuis longtemps.
Au plan vestimentaire, il est certain que la tendance actuelle est plutôt au clergyman strict. Cependant, aujourd’hui, la soutane peut surprendre.

L’avenir des Églises chrétiennes ? Faut-il un nouveau concile ?

Je ne suis pas certain. Il faut continuer « l’assimilation » de Vatican II, ce qui demande du temps. Le plus inquiétant, aujourd’hui, est une espèce de torpeur spirituelle. En apparence, il n’y a pas beaucoup d’attente religieuse. Quoi qu’on fasse, on a l’impression que la vie chrétienne intéresse peu. Pourtant les groupes de prière fonctionnent.
On ne s’en rend pas compte dans les grandes villes mais la vitalité religieuse des campagnes françaises s’est beaucoup affaiblie. Vu, entre autres causes, le faible nombre de prêtres, elle repose en grande partie sur des femmes, heureusement encore !
Je regrette non pas qu’on ait regroupé les paroisses mais qu’on ait supprimé dans les villages ce qu’on appelait autrefois les ADAP. Cela permettait aux fidèles de se retrouver et de prier ensemble. On a dit que le père Congar y était hostile, car il entrevoyait un risque de « protestantiser » les catholiques. Mais plutôt que rien, il était important de maintenir une assemblée dominicale de prière. Dans beaucoup de diocèses ces assemblées n’existent plus. Les gens ont pris l’habitude d’aller à la messe une fois par mois quand ils y vont ; surtout ils n’entendent plus régulièrement la Parole et ne prient plus ensemble. Les baptêmes se font au chef-lieu de canton, mais les mariages et les enterrements sont célébrés dans les églises des villages.
À noter une réalité importante, le christianisme « exceptionnel » des pèlerinages et des grands rassemblements, comme Taizé. Lors d’un rassemblement, beaucoup de fidèles, surtout les jeunes, iront à la messe quatre jours de suite, mais on ne les verra plus pendant quelques mois. Ce sont des pratiques plus ponctuelles mais pas forcément superficielles. Il faudrait qu’ils comprennent l’importance de prier ensemble le dimanche. N’est-ce pas le jour du Seigneur ? D’ailleurs, certaines familles redécouvrent la valeur d’une pratique liturgique régulière.
On peut regretter la faiblesse actuelle de l’Action catholique dans laquelle beaucoup s’étaient investis. On a eu tort, un moment, de délaisser le scoutisme et les patronages, facteurs possibles d’intégration humaine et d’éveil à la foi. Aujourd’hui, le scoutisme attire, de même l’interreligieux, des nouvelles communautés naissent, charismatiques ou autres.
Je suis dans l’espérance parce que l’Église est fondée sur le Christ et que l’Esprit-Saint travaille toujours. Comme disait le professeur Cholvy, la vitalité ecclésiale n’est pas linéaire, mais soumise au flux et donc au reflux. N’est-ce pas une vue réaliste et finalement optimiste de l’histoire de l’Église ?