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Osez le Hors-Piste !

Jacques CUCHE
Né en
1922
Diocèse/ordre :
Paris
Date de l'interview :
Janvier 2017
N0_ordre: 
49
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Je suis presque à la retraite à présent, l'année dernière mon évêque m'a autorisé à me reposer. J'ai encore des liens très forts avec l'association « Foi et Lumière », et puis je vais écrire un cinquième livre. Le quatrième était intitulé « Rendez-vous à l'auberge d’Emmaüs » ; le prochain va s'appeler « De A à Z, 75 ans de Mutation de la Vie Ecclésiale. »

Justement père Cuche, quel regard portez-vous sur l'Église d'aujourd'hui ?
Elle se replie sur elle-même. J'observe une crise d'identité chez mes frères prêtres. Oui, on privilégie l'identité au détriment de la mission.
Je souffre beaucoup quand les jeunes prêtres nous critiquent, nous, les vieux. La question qui me taraude c’est : « Comment aujourd'hui ne pas être mangé par les pratiquants et garder le souci de la mission ? »
Voyez-vous, un jour quand j'étais jeune, le père Jean Hua m’a entraîné vers Saint Lazare, il m'a montré la queue devant les cinémas et il a fait la comparaison avec nos églises… « Vous serez content, me dit-il, quand les gens se presseront pour rentrer dans votre église comme cette foule devant ces cinémas ! »
Alors dans l'Église, on se sent minoritaire, on affiche son identitaire, on remet la forteresse. On abaissera peut-être le pont-levis, mais ce n'est pas sûr. Humainement je souffre de voir l'Église vivre comme elle vit à Paris.
Et puis l'œcuménisme… Qu'en est-il devenu ?
Je me souviens avoir été invité par le pasteur Noël Pérès à l'ordination presbytérale d'un pasteur. C'est inédit quand même ! Au temple protestant, il y avait ce jour-là trente pasteurs et moi. La liturgie était relativement proche de la nôtre avant le concile. J'ai chanté avec eux, mais j'ai ressenti la blessure de la division quand je suis resté à ma place sans pouvoir aller communier. Mais après le concile, on se mettait à s'oxygéner et nous allions vers nos frères protestants avec un tel enthousiasme ! Actuellement, c'est retombé.
La semaine de l'œcuménisme est une semaine parmi d'autres… C’est comme ça. Alors qu’après le concile c’était extraordinaire. Si l’on savait tout le travail qui a été fait !

Vous avez un grand sens de la mission, cher père. Comment tout cela a-t-il commencé ?
Je suis né dans une famille très chrétienne. Mais à l'origine de ma vocation il y a trois événements. D'abord l'ouverture de la chapelle Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ; j’avais 10 ans, alors que je venais de subir une grave opération, ma mère me conseilla d'offrir mes souffrances comme sainte Thérèse offrait ses souffrances pour les missions. Ensuite, pendant les vacances de Pâques en 1932 dans un petit village sans prêtres de l'Orléanais, la prise de conscience que c’était là que commençait la mission. Enfin un peu plus tard, un jour, j'étais en seconde, dans le métro bondé, au milieu de tous ces hommes qui travaillaient chez Renault et je me suis demandé : « Mais en fait, qui leur dira pourquoi ? Quelle est leur raison de vivre ? »
Je crois que ce sont les trois grandes raisons du germe de ma vocation.
Enfin, j’étais alors en terminale, au patronage à Elbeuf, le mouvement « Cœurs Vaillants » commençait à naître, la découverte du monde populaire des ouvriers d’Elbeuf, une certaine richesse matérielle, mais une grande pauvreté spirituelle.
Voilà à peu près tout ce qui m'a amené à rentrer au séminaire en octobre 1940.
           
Des temps forts, à l'aube de votre vie de prêtre ?
Oui, se produisit alors un événement extrêmement important pour ma vie de prêtre : la parution du livre France Pays de Mission. Je m'en suis nourri durant mon séminaire et il est toujours là, relié. Et puis un autre événement : le décret-loi du travail obligatoire, du STO… Cas de conscience pour nous séminaristes. À Noël 1942, ma sœur de 17 ans, dont j'étais très proche, est morte dans mes bras, très grandes épreuve pour moi…
« Qu'est-ce que la mort ? La mort de ma sœur ?... »
Ce fut pour moi un dilemme crucial : « Est-ce que je rejoins de Gaulle comme mon frère ou je prends le maquis ? Ou bien est-ce que je suis solidaire et je vis avec les jeunes ouvriers astreints au STO. » Ce fut bien compliqué pour moi. Je choisis de rester ; je me posais déjà ces questions :
« Comment transformer notre Église ? Comment aller à la périphérie ? Comment rejoindre les autres ? »

J'ai eu la très grande grâce de vivre ma cinquième année de séminaire avec le retour de tous ceux qui étaient partis. Sur 70 séminaristes, 55 revenaient soit de captivité, soit du STO, soit de la deuxième DB, soit du maquis. Nous avions donc là un brassage de séminaristes assez extraordinaire, avec des expériences passionnantes. Nous avons beaucoup réfléchi. Nous avons découvert le dialogue avec ceux qui ne parlent pas notre langage. Nous avons pris conscience des obstacles qui se dressent entre certains et notre Église, notamment la question de l'argent !
Comment leur annoncer que Dieu les aime ? Comment ne pas être mangé par ceux qui sont là ? Mais il y a les autres...

Vous me dites que vous avez été ordonné prêtre à Pâques 1946. Et après ?
Après, j'ai été de paroisse en paroisse avec toujours cette hantise des autres. Monseigneur Rodhain disait : « Si les mages étaient rentrés les premiers à la crèche, est-ce que les bergers seraient rentrés ? »
Pâques 1946, me voilà prêtre et pour mon malheur je fus nommé au collège Albert de Mun où j'ai été très malheureux.
Une maison de la sauvegarde avait été créée à une quarantaine de kilomètres pour les enfants retirés à leurs familles. Je m’y suis investi. J’ai pris conscience de toute cette misère à côté de mes petits-bourgeois d'Albert de Mun... Comment annoncer à ces enfants qui n’avaient jamais été aimés que Dieu est un Père plein d’amour ? En même temps en 1954, je participais à un camp scout à Lourdes. Et surtout ce fut pour moi la découverte du monde des enfants handicapés dont personne ne voulait. C'est alors que, en septembre 61, j'ai été amené à faire faire sa première communion à un petit garçon de 13 ans très handicapé. Ce fut un scandale parmi les brancardiers qui ne supportaient plus ces enfants qui dérangeaient tout le monde. Alors je me suis vraiment investi dans « Foi et Lumière » et dans la préparation à la première communion et la confirmation des enfants handicapés...
J'ai ensuite été nommé aumônier dans un grand lycée de Paris, le lycée Racine, 1200 filles... Nous étions deux hommes : le concierge et moi !
Des filles intelligentes et généreuses. Je rencontrais 60% des élèves de terminale. Nous avons beaucoup travaillé ensemble sur les textes du concile. Ce fut une période très heureuse.

Une période qui se termina comment ?
Très brutalement. Chaque changement de poste se fit du jour au lendemain sans aucun dialogue… J’ai quitté Albert de Mun sur un coup de fil du vicaire général et j’ai quitté Racine en 1967 de la même manière ! Heureusement que le concile a changé ça.
J'arrivais donc à Sainte-Marie des Batignolles, dans la joie du concile qui venait d'arriver.

Concile que vous avez vécu comment ?
Je l'ai vécu comme une libération. Il était impossible de continuer comme on avait vécu. J'étais tellement heureux de mettre en pratique tout ce concile qui venait d'arriver !
Pour les préparations au baptême, au mariage, on nous a demandé d'aller dans les familles. Je me disais que dans mon bureau, j’étais le fonctionnaire, mais qu’en allant dans les familles, je découvrais ce qu’ils vivent et ce que représente pour eux l’accueil de l’enfant. Auparavant, le premier vicaire inscrivait les demandes. Ils remplissaient les 14 questions administratives comme un contrat d'assurance. Il y avait le système des classes. On choisissait une classe ou une autre en fonction de ses moyens : tapis rouge ou pas, chœurs ou pas, prêtre au maître autel ou aux autels latéraux… Les mariages se faisaient à la chaîne. Les baptêmes c’était pareil, le sacrement était donné machinalement.
Les fiancés, on ne les avait jamais rencontrés avant la cérémonie du mariage. Le jour du mariage, on était devant des inconnus. Et puis on leur lisait les textes en latin. « Femmes, obéissez à votre mari ! » Aucun dialogue. Ce n'était pas possible !
Après le concile, nous avons commencé à avoir des entretiens pastoraux, à rencontrer les parents avant le baptême. Ce furent de vraies rencontres, surtout avec les parents dans le square devant l’église des Batignolles. Ça donnait du sens !

Avez-vous ressenti autour de vous des refus à ce moment-là ?
Et comment ! En février 1968, le Père Poignavent, un curé à l'avant-garde en paroles, plus timoré en actes, avait demandé à un groupe de Gospels d'animer une soirée avec la chanteuse Manique. À peine Manique qui était aveugle avait-elle chanté, que nous avons été bousculés par un commando intégriste. « Pas de femmes dans le sanctuaire ! » La police refusait d'intervenir. En fait il y avait des enjeux politiques derrière le refus du concile.
Et puis il y eut la crèche !

La crèche ?
À Sainte-Marie des Batignolles nous avions réfléchi. La crèche est bien gentille, mais si Jésus revenait aujourd'hui, qui trouverait-il devant la crèche ? Alors nous avons rajouté des personnages représentant les gens du quartier, les commerçants, les cheminots, le balayeur noir. Scandale ! Même les cheminots qui ont fait la grève sont à la crèche !
Certaines personnes âgées étaient désarçonnées par cette crèche, mais les jeunes étaient heureux de ce changement, il les faisait réfléchir...
En septembre 1972, je suis nommé curé de Notre-Dame de Lorette. En pleine crise du logement. Nouvelle épisode de la crèche : comment l’actualiser ? Nous avions mis devant la crèche un panneau portant ces mots « À louer, il n’y a pas de place pour eux aujourd'hui. » Un autre crèche a fait beaucoup de bruit : un père, une mère, un bébé cherchant à s’abriter dans l’escalier du métro… Bonne-Nouvelle ! (rires…). Nous avions reproduit la problématique du quartier. J'avais autour de moi une équipe de prêtres ardents qui bousculaient.

Cela vous convenait-t-il ?
Oh oui ! En ce temps-là j'ai été un prêtre très heureux grâce à son équipe sacerdotale. On était bien loin de l'époque où Monsieur le Curé recevait ses vicaires sur rendez-vous !
Ce quartier était passionnant, mais la population était hétérogène. D'un côté les beaux immeubles haussmanniens, de l'autre la rue Rochechouart, le monde du travail, la très grande misère… un quartier éclaté, les commerçants de la rue des Martyrs, des banquiers et le spectacle, les grands hôtels et les bars de Pigalle.

Toujours la même question, lancinante : « Qu’est-ce que je peux faire ? Comment les rejoindre ? » Je n'avais pas été préparé à fréquenter le petit monde de Pigalle, les travailleuses du sexe et à me retrouver dans mon bureau, avec trois prostituées pour les aider à préparer l'enterrement de Carole, leur amie, assassinée par un client… Je n’avais pas été préparé à ça au séminaire, le mouvement « Le Nid » m’a beaucoup aidé.
C'est là aussi, à la demande de Monseigneur Marty, que j'ai découvert les autres, ceux qui viennent d'ailleurs : la communauté cap-verdienne si fervente, essentiellement des hommes célibataires dont le responsable est devenu diacre, la communauté chinoise, et la communauté portugaise qui fuyait « la sale guerre »…, le problème du mariage alors qu’ils n’ont pas leurs papiers, des méthodes d’alphabétisation révolutionnaires ! Nous avons eu une fête de la Pentecôte très colorée ! (Rires…)

Toujours soucieux, hanté par les autres : nous avions acheté une petite boutique et fondé « LOASIS » : « Lorette – Accueil – Sourire – Information – Service. » La secte Moon était voisine. On était présent et à l’écoute, on aidait, on dépannait, on avait un conseiller juridique. On était connus dans le quartier ! Cette présence au quartier était formidable.
Je le dis avec d’autant plus de conviction que mes successeurs ont jugé bon de fermer « LOASIS »… « Pas rentable », ont-ils dit. Est-ce que la pastorale est rentable ?...
Comment être attentif ? En 1980-87, me voici à l'Immaculée Conception, dans le douzième. Une paroisse bizarre, très étendue et une église excentrique. On avait présenté cette paroisse à deux prêtres qui l’avaient refusée à cause de nombreux problèmes. J’ai accepté. C’était difficile.
Mais j’ai été très marqué par cette phrase du Père Marty : « Ta première mission, c'est l'équipe des prêtres. » J’étais entouré de deux prêtres, Paul et Rémi. Nous avons vraiment tissé des liens et ressoudé la paroisse.

C'était important pour vous d'être en équipe ?
Oui très. Nous vivions dans un lieu où nous avions nos chambres et notre bureau mais un lieu de vie fraternel.
On ne dira jamais assez la solitude du prêtre… Combien certains prêtres risquent l'isolement. Quelques échecs dans une journée, retour au presbytère tout seul, cafardeux, la télé… et on prend une bouteille de whisky.
On ne dira jamais assez l'importance de la vie fraternelle.
En mars 1985-86 je deviens aumônier de la Foire du Trône. Ce fut passionnant. Les forains me disaient : « Nous, on n’est pas des chiens, on veut un prêtre. » J'ai accepté d'être leur aumônier. Je suis resté dix ans en pays de mission dans ce méli-mélo de la Foire du Trône, au sein de ce peuple profondément attachant. Ce fut pour moi la révélation de ce monde. J’ai eu parmi les 350 familles de ces forains dix ans de ministère hors-piste.
Mais il y avait des milliers de jeunes qui venaient à la Foire du Trône… Alors toujours la même question : « Qu'est-ce qu'on peut faire ? »
J'ai 65 ans et je propose au cardinal Lustiger de prendre ma retraite.

Et bien sûr il refuse ?
La retraite ? Hors de question. Il me nomme curé de Notre-Dame de l'Assomption. Me voici au sein d'un autre peuple, des polytechniciens, des énarques, des Sciences-po, des chrétiens engagés. Il y avait là un laïcat en responsabilité, soutenu par le Père Rouet. Là, avait été créée en mai 1975 la première équipe pastorale : quatre prêtres et six laïcs. Admirable. C’étaient des paroissiens engagés, généreux, au service de l’Évangélisation. Il a fallu qu’ils apprennent... Nous avons ouvert la paroisse aux prêtres africains. Nous avons créé des équipes d'approfondissements de la foi. Neuf ans sans un seul accrochage. Et nous avions des liens très forts avec nos voisins protestants de la paroisse de l’Annonciation. Je me retrouvais au temple un ou deux fois par trimestre pour prêcher.
Cela nous posait de grandes questions, sur les foyers mixtes, les choix pour les enfants.
Un service caritatif vraiment extraordinaire grâce à des paroissiens vraiment engagés. On y apprenait aux clochards à retrouver leur dignité.
Après ces neufs ans à l’Assomption, le cardinal me nomme aumônier au centre Tibériade.
Là j'ai été confronté à une pauvre humanité, une grande misère, presque tous des homosexuels, des drogués, quelques lesbiennes. Mais aussi, des cheminements magnifiques. Il fallait les accompagner vers une mort rapide et inéluctable. Il fallait qu’ils apprennent à faire le deuil de leur deuil, c’était une autre pastorale. Hélas, toujours le même refrain : « Je n'ai jamais été aimé, personne ne m'a désiré »…On me le dit et redit. Comment, là, dans ce monde révolté être témoin de Jésus-Christ, du Dieu d'amour ?
Et en même temps, et cela rejoint le monde actuel, des couples homosexuels magnifiques, des témoignages bouleversants.
Je suis resté là cinq ans. Puis j’ai eu des problèmes de santé pendant un an.
Et alors, je me suis pleinement investi dans « Foi et Lumière » et j’ai été amené à fonder trois communautés.
C’était un ministère merveilleux. Mais en juillet dernier j’ai quitté ma dernière communauté, celle de Vernon, c’était loin et trop fatigant pour mes 95 ans.
J’ai eu beaucoup de grâce, j’ai eu un parcours merveilleux. Il m’a beaucoup bousculé mais bon… (rires). J’ai eu beaucoup de chance, même d’être accueilli comme je le suis ici. Je remercie le Seigneur tous les jours. Voilà mon parcours de prêtre.

Il est riche…
Il m'a comblé !
Mais j’ai oublié de vous parler de quelque chose de fondamental pour moi, il s’agit d’une prise de conscience lorsque on a découvert l’horreur des camps de concentration : pour retrouver sa dignité, l’Homme doit se savoir Fils de Dieu, sinon il devient une chose, un numéro que l’on peut exploiter. Comment toutes les philosophies du dix-neuvième siècle ont fait de l’Homme un orphelin ? Le livre du père de Lubac m’a nourri de cette réflexion fondamentale. L’Homme doit absolument se savoir Fils de Dieu.

Je voudrais maintenant vous poser deux questions : quels conseils donneriez-vous aux jeunes prêtres ? Comment voyez-vous l’avenir de l’Église ?
« Osez le Hors-Piste ! » Tel est le titre d'un livre que j'ai écrit pour les prêtres qui restent frileusement dans leur paroisse. J'ai été presque révolté, il y a quelques années, par le témoignage dans Paris-Notre-Dame de certains prêtres qui expliquaient qu’ils ne voyaient que leur paroisse. Vous comprenez, ce qui est vraiment important pour moi, c'est le dialogue avec l'Autre, savoir écouter l'Autre. J’ai été très frappé par le discours clôture de Paul VI au Concile, la rencontre de la religion de Dieu et de la religion de l’Homme, ce ne fut pas un choc, une lutte, un anathème : ce fut un dialogue.
Dans Laetitia Amoris, chapitre 4, François revient sur ce point comme essentiel :
Apprendre à écouter, écouter vraiment sans penser tout de suite à ma réponse. Écouter l’Autre, qu’est-ce qu’il a à me dire ?
« De quoi parliez-vous en chemin ? » C'est Emmaüs, qui a été au cœur de ma vie de prêtre.
Ce qui est le plus important pour moi, c’est l’Écoute et le Dialogue.
Ce que je dirai aux jeunes prêtres tentés de rester au calme (car on était tranquille à Capharnaüm) :
Va au large ! Va sur l'autre rive ! Et n'ai pas peur d'être bousculé !
Alors ayez de l'audace ! Sortez de votre cocon ! Allez dans les foyers !
Et ne restez pas seuls ! Vivez en équipe avec d'autres prêtres !
Le Pape pense comme moi n’est-ce pas ?