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Voir le Fils de l’homme

Michel MENVIELLE
Figuier
© CC0 Domaine public

Dimanche 18 novembre 2018, Mc 13, 24-32

« En ces jours-là, le soleil se couvrira de ténèbres, et la lune ne donnera plus son éclat, et les étoiles seront tombant hors du ciel… Et alors, ils verront le Fils de l’homme1… » (Mc 13, 24-26) Réponse de Jésus à Pierre, Jacques, Jean et André qui lui demandent un signe concernant l’évènement qu’il vient de leur annoncer : il ne restera pas pierre sur pierre des constructions du Temple (Mc 13, 2-4).

En réponse, Jésus ne donne pas d’indication précise quant au jour et à l’heure. Seul le Père les connaît (Mc 13, 32). Il annonce seulement que ce sera en des jours marqués par les détresses, parfois extrêmes, éprouvées par chaque génération d’auditeurs ou de lecteurs des paroles de Jésus : guerre, famine, catastrophes naturelles, gourous, persécuteurs… (Mc 13, 6-21). Et que chacune de ces générations est concernée, car elle « ne passe sûrement pas avant que toutes ces choses-ci arrivent1 » (Mc 13, 30).

Le signe ? Le soleil, la lune et les étoiles ne donneront plus leur lumière. Un tel phénomène n’a bien évidemment jamais été constaté au cours de l’histoire de l’humanité ! Élohim a fait ces ‘luminaires’ (Jour 4, Gn 1, 16-19) avant les animaux et l’Adam (Jours 5 et 6, Gn 1, 20-31), comme signes pour des rencontres et pour les jours et les années : leur lumière rythme le temps des êtres vivants, et donc leur vie. Et, pour les hommes, les rassemblements cultuels. Je lis cette ‘éclipse’ des luminaires comme métaphore de la présence d’une autre lumière pour chacun de ceux qui verront le Fils de l’homme : ils verront la vie avec un regard nouveau, comme « éclairée par une autre lumière ».

Et alors, ils verront le Fils de l’homme… Vision eschatologique associée à la fin des temps, ou à des expériences hors du quotidien, telles que les extases vécues par certains mystiques, ou par Étienne durant sa comparution devant le sanhédrin (Ac 7, 55-60). Et nous, comment sommes-nous concernés, ici et maintenant ? Jésus nous propose la parabole du figuier : « dès que son rameau devient tendre et fait naître des feuilles, vous comprenez que l’été est proche. Ainsi vous aussi quand vous voyez ces évènements2, vous reconnaissez qu’il est proche, auprès des portes.1 » (Mc 13, 28-29). C’est sous le figuier que l’on étudie la torah. Ce qui invite à penser l’été comme métaphore de la vie et du regard auxquels ouvre la Loi quand, assimilée, elle porte du fruit ?

Avec cette parabole, Jésus nous enseigne qu’il y a dans la vie de chacun des moments qui manifestent que le Fils de l’homme est « à nos portes », et que travailler les écritures permet de les discerner. Invitation à méditer l’enseignement qu’il a donné à ses disciples, ceux qui croient, afin qu’ils pratiquent entre eux un amour à l’image de celui de Jésus pour eux (Jn 13, 34), et de celui que Jésus et le Père ont entre eux. Les moments fugaces où cet idéal advient ne sont-ils pas traces de ce dont nous parle ici Jésus et qui nous dépasse : la présence du divin au plus intime de chacun.
 

Michel Menvielle

 

1Traduction au plus près du grec

2C’est un neutre pluriel en grec.

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