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Préparons le chemin du Seigneur

Christine TASSET
aplanissement de route
CC0 Creative Commons


Dimanche 9 décembre 2017 – 2e dimanche de l’Avent – Ba 5, 1-9 ; Lc 3, 1-6

Comme le disait joliment un enfant au cours d’une rencontre de catéchisme « l’Avent, ça s’écrit avec un e et pas un a. C’est normal, c’est le début d’une grande aventure ! »

Décourageant pourtant, le commencement du passage de Luc proposé ce 2e dimanche de l’Avent, factuel, comme on dirait aujourd’hui, vérifiable. Accablant de précision, la date, le lieu, le nom des gouverneurs, des grands prêtres.

Clairement c’est une histoire ancienne. À moins que tant de détails ne viennent attester du moment où le temps de Dieu s’est incarné dans le temps de l’humain ?

Comme si c’était sur le même plan que ce qui précède, une phrase, ni factuelle, ni vérifiable, fait basculer l’histoire : « La Parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean. » Cette fois ça manque de précision. Était-ce vraiment la Parole de Dieu ? Comment s’est-elle manifestée ? Qu’est ce qui a été dit ?

On entre dans le mystère de la rencontre bouleversante entre un homme et Dieu. Jean le premier est converti par la Parole : il vivait au désert, le voici parcourant toute la région du Jourdain. Partout où il passe il appelle ceux qu’il rencontre à un baptême de conversion pour le pardon des péchés.

« Une voix qui crie dans le désert » : triste sort des prophètes ! De quel désert s’agit-t-il alors que Jean traverse les villages habités de la région du Jourdain ? Un désert plus terrifiant que celui des pierres, le désert des oreilles et des cœurs fermés, qui ne veulent pas entendre, pas croire, l’inouï de l’annonce, la nécessité de préparer le chemin de son cœur pour enfin « voir le salut de Dieu », celui que le peuple d’Israël attend depuis des siècles.

Reconnaissons que les travaux de préparation évoqués ont quelque chose de titanesque qui peut effrayer.

Dans le livre de Baruc aussi il est question de grands travaux, comme d’abaisser les montagnes ou de combler les vallées, mais il est rappelé que c’est « Dieu lui-même qui conduira Israël dans la sécurité et la joie ».

Aujourd’hui, pas plus qu’hier, on n’écoute les prophètes, par exemple ceux qui essayent de nous éveiller à la nécessité de prendre soin de la maison commune dans une écologie tous azimuts plus généreuse, respectueuse, humaine, solidaire, juste, pacifiée. La conversion de nos modes de vie vers davantage de sobriété semble insurmontable. Et pourtant…
Sortons de nos routines, de nos ornières, de nos égoïsmes, l’AVENT-ure de la vie est devant nous, le Christ nous précède. Déblayons ce qui encombre le chemin de nos cœurs. Préparons-nous à accueillir le Sauveur du monde dans l’émerveillement et la joie. Il vient vers nous dans ce tout petit enfant vulnérable.

Une vraie rencontre peut tout changer : Jean nous montre le chemin.


Christine Tasset

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