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La main si large du Seigneur

Anne-Joëlle PHILIPPART
Main
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Dimanche 28 octobre 2018 – 30e dimanche du temps – Jr 31, 7-9 ; He 5, 1-6 ; Mc 10, 46b-52

Les lectures de ce dimanche nous parlent de l’Espoir, de cette force qui permet de tenir bon dans les difficultés, même dans la nuit, quand Dieu semble se faire absent.

L’exil et le retour d’exil vont marquer durablement la foi juive. Si le silence de Dieu et l’éloignement du temple ont été des épreuves, le retour au pays a été interprété comme un signe qui permet de continuer à croire en ce Dieu-Père, ce Dieu-bon qui écoute, soutient et pardonne comme une mère. L’Exil et le retour pourraient alors devenir comme les symboles de la persévérance dans l’épreuve parce que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est fidèle à sa promesse même lorsque son silence est assourdissant et même lorsque des hommes nous ont fait oublier que Yahvé était aussi le Dieu de Sara, Rebecca et Rachel.
Et c’est au cœur de l’exil que Jérémie parle d’Espoir. Oui, il arrivera le jour d’apaisement. La nuit fera place à la Lumière, le chemin sera dégagé et le peuple sera conduit vers les cours d’eau. On entend comme la promesse de Dieu d’un pays où coule le lait et le miel (Ex 33). Ou encore, l’annonce de la fin de l’exil avec l’appel à tous ceux qui ont soif : « Venez aux eaux, même celui qui n'a pas d'argent ! Venez, achetez et mangez, venez, achetez du vin et du lait, sans argent, sans rien payer. » (Is 55)

Dans le passage de l’évangile, Bartimée est la figure du pauvre dans la nuit, du mendiant, refoulé et regardé de haut… mais qui garde espoir. Il crie, il appelle à l’aide. Comme si souvent, Jésus entend et agit. Il fait advenir le Royaume par petites étincelles « miraculeuses ». Il sauve, il guérit, il rend la vue, il restaure l’exclut dans sa dignité, il remet debout. Jésus s’affirme dans ce qu’il est, le fils du Dieu unique, attentif à son peuple. En creux, il montre alors qu’il n’est pas comme ces dieux païens fait de mains d’hommes, insensible, muets et immobiles. Aussitôt, Bartimée comprend le message. Il se fait disciple et symbolise alors le peuple qui se met en marche pour suivre son nouveau Roi, un Roi qui n’est cependant pas comme les autres, assoiffés de gloire, de pouvoir et de biens. Il est pauvre et n’a même pas un lieu pour poser sa tête (Mt 8). Plein de compassion, ce nouveau grand-prêtre de la Lettre aux Hébreux intervient en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu. Rôle exigeant, rôle d’écoute, rôle de dispensateur de dons, vie donnée. Par son Fils, Dieu, fidèle à sa création, partage ainsi largement ces charismes avec ceux qu’il a chargés d’être des aides au service des autres pour les soutenir et faire croître leur foi. Cette harmonieuse répartition, cette main de Dieu, juste et équilibrée, indique et impulse une tout autre largeur et une belle modernité à ce que l’on rangerait sous la seule bannière du sacerdoce ordonné.


Anne-Joëlle Philippart

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