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« Que devons-nous faire ? » Jouer à la marelle...

Sylvie TAMARELLE
Marelle
Sylvie TAMARELLE


Dimanche 16 décembre 2017 – 3e dimanche de l’Avent – Lc 3, 10-18

Enfant, j’aimais jouer à la marelle. Avec d’autres, j’éprouvais le plaisir de passer de la TERRE au CIEL !

Nous n’imaginions pas en sautillant maladroitement d’une case à l’autre pour progresser vers les hauteurs que nous inaugurions le chemin tâtonnant de tout chercheur de Dieu : comment atteindre le royaume de Dieu ?

« Que devons-nous faire ? » Cette question résonne par trois fois dans l’évangile de Luc. Elle s’adresse à Jean le baptiste, homme de foi hors de toute norme, qui vit comme un ascète dans le désert de Judée.

Les hommes et les femmes qui l’approchent devinent la profondeur de l’homme. Les puissants ne l’intimident pas. Il interpelle, menace, accuse et ouvre aussi un avenir. Les foules qui viennent à lui sentent l’homme de conviction, le prophète vers qui l’on peut se tourner, pourquoi pas le Messie libérateur annoncé par les écritures juives…

Cette démarche de baptême dans les eaux du Jourdain révèle déjà leur quête. C’est un premier pas, un premier saut, mais après ? Découragés peut être par les préceptes ritualistes multiples imposés par les scribes, rejetés par les instances juives du fait de leur travail comme collecteur d’impôts ou soldat par exemple, ces hommes et ces femmes se questionnent cependant et se tournent vers Jean-Baptiste.

Sa réponse est étonnante. Il n’impose pas des mesures supplémentaires de pénitence, de rituel ou de dépouillement. Il renvoie juste les uns et les autres à leur quotidien et surtout à la façon dont ils le vivent.

  • Partage : « Celui qui a deux vêtements qu’il partage avec celui qui n’en n’a pas. »
  • Droiture : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé, contentez-vous de votre solde. »
  • Et justice : « N’accusez pas à tort. »

Rien de plus finalement que ce que les prophètes de tout temps ont annoncé ! « On t’a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Yahvé réclame de toi : rien d’autre que d’accomplir la justice, d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu. » (Mi 6,8)

Jean pressent qu’après lui un autre viendra, bien plus grand, mais il n’a pas une claire vision de qui il sera. Il utilise des images aptes à frapper les consciences : être plongé dans le souffle et dans le feu évoque des images de jugement dernier tout comme celle de l’homme qui nettoie son aire de blé et sépare le bon grain de la paille qu’il jette au feu éternel, mais ces images ne sont pas encore ajustées à ce que le Christ lui-même annoncera : « Je suis venu pour que les hommes aient la vie en abondance. » (Jn 10,10)

Sur la voie du Royaume Jean-Baptiste écrit les trois premières cases du chemin de conversion : partage, droiture et justice. Commençons par cela ! Osons jeter le palet encore et encore ! Le Seigneur préside à nos tâtonnements. Il nous espère, nous attend, nous encourage. Voilà la bonne nouvelle !
 

Sylvie Tamarelle

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